tissus
La Chambre de Commerce de Reims voit parfaitement le mal et reconnaît que la concurrence étrangère, en particulier celle de l'Allemagne et de la Belgique, est très redoutable pour nous, sur les marchés étrangers. « Certains débouchés se ferment de plus en plus à notre industrie ; les Etats-Unis notamment.
(( Malgré les droits de douane, les industriels allemands viennent nous concurrencer sur le marché intérieur; ils nous enlèvent parfois d'importantes commissions.
« Notre industrie est tributaire de Verviers et de l'Alsace pour certains fils de laine, que les filatures de notre région, travaillant à façon, ne peuvent produire, et qui constituent d'ailleurs une spécialité de fabrication ».
La diminution des exportations, en ce qui concerne spécialement Reims, est difficile à établir, mais cette ville n'échappe pas au mal que signale la statistique.
L'étranger nous fait une guerre de tarifs, mais il se crée, au delà des frontières et dans d'autres continents, des industries importantes.
La République Argentine, en s'assurant par la loi du 7 novembre 1903, la franchise des droits à l'importation des machines et accessoires nécessaires à l'installation d'usines et îine exemption de tout impôt national pendant dix ans, à tout créateur d'un peignage, d'une filature ou d'un tissage, montre combien elle sent la nécessité de tirer parti, elle-même, de sa richesse lainière.
Il y a lieu de réagir contre les dangers divers qui menacent l'existence d'une industrie longtemps fiorissante.
La fraction travailleuse de la nation semble ne pas comprendre cette nécessité et" cependant, il est acquis à l'histoire, que certaines grèves, occasionnant des chômages plus ou moins longs, ont poussé à l'étranger des commandes d'abord données à Reims, mais qu'il •devenait impossible d'exécuter.
Le Bureau central de mesnrage des Tissus de Relms^ établissement officiel municipal, comme l'est la Condition des laines, nous fait assister à une leçon de choses qui laissent dans Tesprit une véritable tristesse :