‹ Histoire économique de la laineChapitre 47 sur 151 · NOUVELLE-ZÉLANDE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-ZÉLANDE

La province de Nouvelle-Zélande est formée de plusieurs îles : Iles du Nord, Ile du Sud. Au midi : la petite île SteuYirt. Autour, de nombreux îlots : îles de Chatham,. îles Aukland.

Le gouvernement central a son siège à Wellington, au milieu de l'Ile du nord, dans le détroit de Cook. C'est une des contrées les plus cultivées du globe.

Elle avait, en 1898 18.570.000 moutons » 1900 19.360.000 »

La Colonie fut fondée, en 1840, par des missionnaires australiens, les chefs Maoris acceptant le protectorat anglais.

La population blanche était, en 1864, de 172.158

» 1896, » 703.360, chiffre auquel il faut ajouter : 10 Maoris 39.854

2« Chinois 3.711

Les Maoris possèdent, dans le centre de l'Ile du Nord, un territoire de plus de 2 millions 12 d'hectares dont une partie est de terres pauvres.

Si les premiers progrès parurent lents, il faut se rappeler que, d'abord on supposa que l'Australie resterait inculte, que le blé n'y pourrait croître pas plus que la pomme de terre. Pounjuoi le mouton y réussirait-il ? On hésita d'autant plus qu'on éprouvait des craintes inspirées par des sauvages nombreux, cruels, guerriers, cannibales.

Malgré tout, l'œuvre pastorale commença. Plus d'un Européen fut tué et mangé, mais les missionnaires réussirent à faire régner une espèce d'ordre dans les îles formant une colonie anglaise. Nous avons le récit de ces premières luttes pacifiques, mais aussi l'histoire des résistances des indigènes.

La Nerv-Zealaml Colonisation Company de 1838 dura quelques mois.

La Neic-Zealand Company débuta, en 1839, au capital de C 200.000.

Les agents de la Compagnie furent massacrés en 1842. La Société particulière devint Colonie de la Couronne.

W. Gordon Bell fut le premier à amener du bétail à Wanganui, J)^ Imlay de Twofold Bay en fit autant en 18405 à Wellington. Bell avait un troupeau de mouton en 1840.

En 1844, Wellington possédait 4823 moutons; Nelson, 1.130; New-Plymouth, 849 ; Auckland, rien.

Tel fut le commencement de la production lainière.

On contesta les droit des Anglais, mais les hommes d'Etat trouvent toujours des raisons qui leur semblent indiscutables. En fin de compte, les acquéreurs de terres achetèrent, aux indigènes, le droit de revendre à d'autres. La loi anglaise consacra cette théorie. Ainsi la Neiv Zealand Land Company acquit, moyennant £ 1.000, d'immenses surfaces qu'elle aliéna ensuite à raison de £ 1 par arpent. D'où, un énorme bénéfice.

La première acquisition fut celle de l'extrémité méridionale de North-Island, par le colonel Wakefield. Le contrat fut signé sur parchemin, par les chefs et leurs fils, au nombre de quinze, moyennant G 320, l'arpent revint à une fraction de penny.

Contrairement à ce qui se produisit à Port-Philippe, la culture de la laine fut lente en Nouvelle-Zélande. Le vrai départ de l'industrie ovine lainière n'eut lieu que quand les vastes plaines d'Hawke's Bay, Otago etCanterbury furent achetées et occupées.

La province de Wellington, belle, découverte, fertile, eut successivement ses divers troupeaux. Auckland, avec ses brouillards, ses marais, ses buissons, son sable, n'eut pas la même vogue. Taranaki avait trop de forêts et des pluies trop fréquentes, mais un sol magnifique. Les pâturages de Nelson étaient beaux, mais avec trop de neige et de pluie. Otago et Southland trop froids et trop durs pour le mouton délicat. Ganterbury prétendit empêcher le squating en disant qu'il ne devait exister aucune agglomération d'individus sans église et sans école. On fut un certain temps sans connaître Hawke's BayetMarlborough.

Les premiers, les Australiens engagèrent leurs capitaux dans la belle œuvre en vue. Les settlers anglais se firent industriels et fermiers; les Australiens, marchands et squatters. Melbourne et Sydney furent les principales agences.

En 1848, on n'avait pas encore reçu de laine de la Nouvelle-Zélande;

en 1860 le nombre des moutons était de 2.400.000

L'année 1858 donna 3.810.372 livres de laine

20 ans après, la récolte fut de. . .59.270.266 —

Le climat de la Nouvelle-Zélande est fort variable. On y trouve des neiges éternelles et des glaciers, des portions ensoleillées ne connaissant pas la gelée. Certaines régions sont si humides que le blé n'y fleurit pas et que le bétail y est misérable. Ailleurs des pluies abondantes.

Ces conditions climatériques ne sont pas favorables au mouton mérinos, aussi jamais la laine new-zélandaise n'a-t-elle été recherchée à ce point de vue. D'un autre côté, elle avait des qualités qui la faisaient demander : hauteur de mèche, solidité, régularité, propreté, douceur et blancheur.

On se fait généralement une très fausse idée de la Nouvelle-Zélande, c'est pourquoi nous avons plaisir à descendre dans ces menus détails.

La longueur de l'archipel, du Nord au Sud, est de 1.600 kil. Sa plus grande largeur est de 320 kil. Ses côtes ont 48.000 kil. Superficie totale : 269.957 kil. carrés, dont 115.175 pour l'Ile Nord, 151.570 pour l'Ile Sud, 1.725 pour l'Ile Stewart.

Le sud de la Nouvelle-Zélande est à la même latitude que la Bretagne ; le Nord, à celle de la Sicile. L'archipel est dans la zone tempérée avec un climat maritime.

Juillet est le mois le plus froid. Température de + 6° dans le sud de Tlle méridionale^ + 8° dans le Nord, + 19° dans File septentrionale.

En janvier l'archipel est compris entre les isothermes de 14° et de 20*^. L'inconstance des vents est fort grande. Souvent ils sont très forts avec sautes brusques, surtout dans le détroit de Gook. Rarement l'atmosphère est calme.

On a comparé la Nouvelle-Zélande à l'Angleterre, mais chez elle, absence complète . de brouillards.

M. Griffm, consul des États-Unis, a envoyé, en 1885, un substantiel rapport, sur la Nouvelle-Zélande, où la question pastorale est parfaitement traitée.

(( Les éleveurs de la Nouvelle-Galles du Sud,de Victoria, de Tasmanie, dit-il, importent fréquemment des béliers de la Nouvelle-Zélande pour l'amélioration de leurs races, surtout quand il s'agit de laines convenant à l'industrie du peigne. » On paya 800 guinées pour un bélier.

Afin de diminuer les frais de surveillance, on clôt les pâturages au moyen de barrières formées de piquets portant 5 ou 6 fils de fer. Presque tous les sheep-runs (parcs à moutonsy de grande étendue sont loués par le gouvernement à raison de 7 d. par tète.

(( Il y a peu de races de moutons qui ne réussissent pas ici : Mérinos, Lincolns, Leicesters, Romney-Marsh, Gotswold, Southdow^n, Gross-breds et Half-breds ».

Ces races parfaitement acclimatées sont acquises au sol, suivant les districts, car, là comme ailleurs^ la qualité du pâturage, le climat, l'altitude ont des influences indéniables. Il en sera toujours ainsi car le mouton est réellement ce qu'on veut qu'il soit quand, connaissant parfaitement ses aptitudes, on les développe selon des règles absolument fixes. M. Griffm loue avec enthousiasme le district de Hawke's Bay, situé sur le côté sec de l'Ile du Nord et particulièrement les plaines d'Ahuriri si bien arrosées et abritées, u Le terrain est si fertile qu'on peut y nourrir, toute l'année, de 5 à 7 moutons de longue laine et de grande taille, par arpent ». Cette richesse prime celle de l'Australie.

Dans les trop bons pâturages, le mérinos gagne, par suite de la chaleur et de l'humidité une maladie appelée foot-rot (fourchet).

Les plus grosses races (Lincoln et Leicester à grande laine) se plaisent très bien dans le Nord de la Nouvelle-Zélande. On a obtenu d'excellents croisements et des moutons donnant de 19 à 24 livres de laine en suint.

L'homogénéité des troupeaux n'est pas parfaite. La laine présente quelquefois des irrégularités de finesse et de hauteur assez sensibles.

Il est un mot de M. Griffin que tous les éleveurs de moutons devraient retenir, car faute d'en pénétrer le sens, ils s'exposent à des essais infructueux et à des résultats décourageants : « Le Sire (le bélier) ou lâDmne (la brebis) doivent être de pur sang, pour produire une belle qualité de laine ».

Sur ce point, nous déplorons l'ignorance pratique et scientifique de nos éleveurs. Les Comices agricoles ne descendent pas non plus dans les détails techniques. On croit avoir beaucoup fait, lorsqu'on s'est procuré ou qu'on a primé un beau bélier ; on ne se donne pas le mal d'en surveiller les croisements réguliers et raisonnes. En ce cas, rien n'est fait ; tout reste à faire.

L'Australie est loin d'être arrivée à. son apogée; sa superficie est de 7.929.009 kil. carrés; sa population s'élève à 4.3G4.000 habitants; sa population par kil. carré est de 0.5 habitant.

Comparons : Superficie : Population : Par k. c.

France 536.464 k. c. 88.961 945 74

Grande-Bretagne et Irlande. 314.339 » 41.609.091 132

Emp. d'AUem 540.743 » 56.367.178 104

Espagne 504.552 » 18.618.086 36

[talie 286.682 » 32.961.247 115

Autriche-Hongrie 625 518 » 46.405.267 72

Belgique....: 29.456 » 6.693.548 234

Pour la Nouvelle-Zélande, voici les chiffres principaux.

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