décès poltrons, etqu'ils étaient prêts
au contraire, à répandre leur sang et à ex-
‘poser leur vie pour venir à bout de leur
grand dessein ; qu'il pouvait donc les conduire où il voudrait, qu'ils étaient bien résolus de supporter avec lui toutes sortes de fatigues , et de le suivre jusqu'à la mort à travers les plus grands dangers.
Cortès à l'instant, d’un air qui exprimait la joie, la confiance et le courage, loua leur constance, et promit d'agir conformément à leurs désirs , qui étaiententièrement conformes aux siens : il ajouta qu'il allait faire tous les préparatifs pour former un établissement dans l'endroit où ils étaient, et pour pénétrer ensuite avec la plus grande partie de son armée dans le centre du pays.
306 VOYAGES ET CONQUÈTES Un cri de joie universel exprima la safl€ faction des soldats sur cette résolution. \® Le dernier acte de cette comédie restait encore à jouer. Depuis que Velasquez avait révoqué les pouvoirs qu’il lui avait donnés, Cortès n’était plus commandant légitir-d Pour obvier à cet inconvénient, voici!” ruse qu'il imagina : il créa une cour + justice pour la colonie qu'il allait fon à et la composa d'hommes entière RENE. ‘J dévotion. À peine fut-elle établie , à peine les nouveaux magistrats se jurent-ils assemblés, que Cortès parut devant cux de Ja manière la plus respectueuse , son bâton
de commandant à la main, et leur parla
à peu prés en ces termes : E
« Dès aujourd'hui, Messieurs , je vous Le considère comme représentant notre grand +.
monarque. Vos arrêts par conséquent se- Lu roht toujours pour moi des lois sacrées. L Vous sentez sans doute combien il est com nécessaire que notre armée soit comman- miss dée par un général dont l'autorité ne dé- délit pende pas de la volonté inconstante du élect soldat; or la mienne en dépend absolu- fois,
ment. Depuis que le gouverneur a révoqué On:
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estait avait nés, irŸ
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at fus Commission dont il m'avait chargé, la
, alidité de mes prétentions au commandement peut devenir douteuse; c’est pour- “quel je me crois obligé de remettre entre .vos mains mon commandement, qui n’est |somdé que sur un droit équivoque, et vous oier de rom'-er commandant, au nom
jt roi, & sel. le pouvoir que vous en
x, celui qui vous en paraîtra le plus
rs “Quant à moi, je suis prêt de donner à mes compagnons, comme simple ‘soldat, la lance à la main, l'exemple de l’'obéissance due à celui que vous aurez légitimement élu pour leur général. »
En disant ces derniers mots, il baissa son bâton de commandant, le présenta respectueusement au président, et se retira.
Les juges continuèrent cette espèce de comédie. Ils reçurent en apparence la démission de Cortès, feignirent une longue délibération , et procédèrent enfin à une élection nouvelle, Cortès, pour la seconde fois, fut élu général d’une voix unanime.
On assembla les troupes ; la cour de justice
VOYAGES ET CONQUÈTES
leur annonça le choix qu'elle avait fait, FE il fut ratifié par l’approbation générale.
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