‹ Histoire et description de l'église cathédrale de Chartres dédiée par les Druides à une vierge qui devait enfanterChapitre 47 sur 48 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Fête du Couronnement de la Vierge de Ciiartres,

le 31 mai m5.

Le 8 décembre 1864 avait été proclamé k Rome le dogme de Tlmmacolé^ Conception de la sainte Vierge : Ut^ Regnauit, alors présent à Rome, obtint de Sa Sainteté à cette occnsion deux brefs particuliers, l'un pour le Jubilé diocésam au mois de uni IS^r». l'autre l'autorisant à couronner solennellement, au nom ilu chef de FËglise, l'image véaérée de la Vierge de Chartres, la Vierge^ Noire dont nous vous avons déjà longuement entretenus. C^est le récit de ce Jubilé et de la cérémonie auguste (lui le termina que nous voulons vous faire en ce moment, désireux lie conserver le souvenir d'une des plus belles fêtes dont la ville ait gardé la mémoire.

Le mercredi, 1(> mai, s'Ouvrit le Jubilé de Notre-Dame de Chartres. Le son des cloches de toutes les paroisses et des communautés religieuses qui réfiond à la magnifique sonnerie de notre cathédrale, annonce aux fidèles ces jours de grâces et de salut. Le zMe redouble de toutes parts, les populations tout enti('res s'ébranlent; les paroisses, bannières eu léie, vienuent en procession payer à la Madone de Chartres le tribut de leurs pieux hommages, se placer sous sa protection, implorer son glorieux patronage. De zélés missionnaires, les Jésuites, les Maristes, les PP. de la Miséricorde, prêchent, de différents côtés, des retraites qui préparent les cœuis à profiter des jours de bénédiction.

Le 27 mai, jour de la Pentecôte, avait lieu la commu-

nion générale à Notre-Dame. Inutile de dire qu'elle fut nombreuse^ édiûame^ conduite avec ordre.

Nous approchons du grand jour^ du jour de la clôturé^ où doivent se célébrer les glorieuses fêtes solermellemem

annoncées et si impatiemment attendues. Il n'est plus question dans la cité de la Vierge Marie, qui' d'arcs de triomphe à élever, do guirlandes à tresser, d'illuminations à préparer^ d^emblémes, d'oriflammes aux couleurs de Marie.

lie mercredi' 30 mai^ à sept heures du matin^ ainsi qn^i avait été annoncé^ se fit la consécration du nouvel

autel de l'église souterraine de Notre-Dame.

INous avons déjà parlé de cet autel; nous n'y reviendrons pas.

Dans l'après-midi arrivent à l'évêché, par ies divers convois du chemin de fer, S. Ëm. le cardinal Donnet; archevêque de Bordeaux; Sibonr^ archevêque de Paris; Mf^ Gignoux, évéque de Beauvais; M«» AUou^ évêque de Meaiix; Mpi* Palu du Parc, évéque de Blois, et Mp^ évéque de Poitiers.

Le soir, à sept heures et demie, le bourdon et les cloches de la cathédrale donnent de nouveau le signal auquel répondent toutes ies cloches des paroisses et des communautés de la ville, et annoncent la glorieuse fête du couronnement de Notre-Dame dé Chartres. De toui côtés chacun se préiKac.

Le grand jour est donc arrivé; mais le ciel s'est assombri, les nuées s'accumuleut, une pluie fine et glaciale jette la tristesse dans les cœurs et fait craindre que la procession extérieure ne puisse avoir lieu. Néanmoins les cérémonies annoncées commencent.

Lé matin, à sept heures, Mk^ Regnault célèbre à la chapelle de la crypte une messe basse, la preiuière qui

ait été dite dans ce sanctuaire vénéré depuis les mauvais jours de la profanation. Il adresse à l'assistance une courte et louchante allocution, après laquelle les enfants de la Maîtrise exécutent quelques chants mélodieux, en souvenir d'une ancienne fondation du chanoine Robert^ au Moyen-Age, qui avait fait un legs important pour qu'une messe fût chantée chaque matin soubs-terre par les enfants de chœur.

Bien avant huit h(uires, malgré le mauvais temps et la pluie qui redouble d iiileusité , la foule se présente aux portes de la cathédrale. Chacun veut arriver des premiers et craint de perdre quelques détails de Timposante cérémonie qui va s'accomplir. Les portes s^ouvrent. En peu d'instants toutes les places réservées, la nef, les bascôtés, le transept sont remplis par la foule, attend dans le silence et le recueillement le comment nient de la cérémonie.

De nombreuses et riches draperies bleues et blanches, de grands labarums rehaussés de franges d'or au chiffre de Marie, et de nombreux écussons rappelant les événements qui se sont passés dans Téglise de Chartres, décorent les arcades de la nef. Le vaste autel élevé sous le transept, plus richement orné que précédemment, couvert de fleurs, de feuillages, étincelant de mille bougies, permet à chacun, par sa grande élévation, de jouir, de toutes les parties de la vaste basilique^ du spectacle imposant du couronnement. L'auguste statue de la Vierge-Ninre n'occupe plus son pilier antique ; pour ce jour solennel, elle a été transportée par le soin des lévites au sommet de raulel, du haut duquel elle ddimne l'assistance recueillie et semble lui présenter son divin fils* Aud^us de sa téte plane cette légende du Cantique des cantiques : Vem, arnica mea, veni^ earfmaberis.

A dix benres^ le clergé, costumé en grande pompe ^ vient se ranger sur Testrade. Les volées des cloches se lont entendre de nouveau; l'orgue, touché par M. Simon, organiste de Saint-Denis, fait retentir des sons graves et mélodieux, et bientôt l'on voit s'avancer successivement S, Em. le cardinal et NN. &S. les évêques, revêtus de leurs chapes^ qui vont s'asseoir sur les fàuteails préparés à cet effet.

Le saint sacrifice commence : la messe est célébrée par M^"" l'archevêque de Paris. Il est paré d'une magnifique chasuble, dans le style Moyen-Age, et assisté de ses deux vicaires*généraux, MM. Buquet et Ëglée. Après l'Evangile^ Mi^r Pévêque de Poitiers monte en tibaire.

Mfrr Pie a choisi pour texte de son discours la légende qui plane au-dessus de l'autel : Vent, coronaberis. Nous n'essaierons pas de faire Tanalyse de ce brillant discours: nous dirons seulement qu'après avoir parlé du glorieux couronnement de Marie dans le sein de Dieu, il représente celui gui va avoir lieu comme une imitation ter^ restre du perpétuel couronnement du ciel; il rappelle que le double motif sur lequel est fondé la confiance et la vénération des peuples catholiques pour Notre-Dame de Chartres, c'est la grotte souterraine consacrée par nos ancêtres à la vierge qui devait enfanter, Virgini pariturœ, et le don précieux fait par Charles-le-Chauve à L^égUse de Cbartres du voile de la bienheureuse Vierge, devenu comme le palladium de la ^té de Marie. Après avoir passé en revue les grands événements qui ont fait la gloire de ce sanctuaire et retracé les hommages que les souverain? se sont plu a rendre à la reine du ciel, il termine par une allocution pleine de grâce et d^à-propos à chacun des prélats assistants.

Le discours termûié^ Févéque de Chartres pro-

nonce Facto de conséc raiioii. Il est ensuite donné lecture des lettres npostoliqncs de S. S., déléguant spéeialonient notre évéque pour couroimer en son nom Notre-Dame de Chartres ; pois est .proclamée la Bulle relative aa degine de llmmaculée-Conception. Alors bénit le» couronnes^ tant celle qui doit être posée sur la statue miraculeuse, que toutes celles dont les députations 4es paroisses sont venues lui faire honmiage; et bientôt on le voit, montant les gradins jusqu^nu sommet de l'autel, déposer les deux ricbes et gracieuses couronnes sur la tête de la Vierge-Noire et sur celle de FEnfant-Jésiis, En ce moment solennel > Mer rarchevéque de Paris esl revenu an milieu de Pautel et il entonne le Credo. L^assistance émue qui remplit la vaste baëlique s^nnit de sentiments avec les pieux prélats dont la présence ajoute tant de dignité à Tacte auguste qui vient de s'accomplir.

Le saint sacrifice s'achève, et la foule s'écoule lentement, tout entière encore sous l'émotion profonde du spectacle imposant auquel elle vient d'assister !

Pendant la cérémonie du matin , la pluie avait continué. Cependant quelques éclaircies ont donné de temps à auti e l'espoir que l'après-midi sera plus calme et que la procession pourra sortir Cette incerlitude dure jus(jue vers trois heures. Enfin ^ la nouvelle se répand que la procession s'organise et que la marcb^va commencer. Chacun se rend à son poste. Le long cortège s'ébranle. Il ne trouvera pas sur son passage les nombreux reposoirs (jui devaient s'élever dans les carrefours : le mauvais temps y a fait renoncer. Mais toutes les rues que doit parcourir la procession, se trouvent en un clin-d'œil tapissées de blanc et gamie& des riches décorations préparées à Tavance. Chaque maison est pavoiséa d'oriflammes^ de guidons aux couleurs de Marie> de guir-

landes gracieuses; c'est à qui décorera le mieax ses fenêtres et sa façade.

Quatre trompettés et huit chasseurs à cheval ouvrent la marche.

 leur suite flotte un grand étendard bleu*azur, sur lequel se détache, en lettres d'argent, l'inscription: Chartres, ville de la Vierye. IHiis, viennent les députations des paroisses du diocèse^ repiésentéea par des groupes de jeunes personnes vêtues de blanc, portant sur un coussin une couronne de fleurs, hommage de leur dévotion à Marie, et ayant chacune leur bannière. Ces groupes sont au nombre de plus de cent, et rien n'est graci<Mix comnio ces nombreuses bannières, mêlant leurs couieiii s et s'aîritant dans les airs.

A leur suite marchent :

Les orphelins et orphelines de Josaphat, précédées d'un suisse et de la croix; les femmes du même hospice; les orphelins de Saint-Brice, suivant leur guidon

au chiffre de Marie, avec la légende : Monstra te esse Matrem, les vieillards fin même établissement; les orphelines avec leur baniiière de Notre-Dame des Sept- Douleurs; une députation des vieillards de l'hospice avec leur bannière de Saint-Martin; enfin les orphelines du couvent de la Providence, portant dans le!# rang un guidon en Fhonneur de sainte Soline, jeune vierge et martvre de Chartres.

Nous sommes en vue des trois paroisses de Chartres, A leur lete se fiut entendre la musique de la ville. Elle est suivie du aracteti\ labarum bleu et blanc, avec la légende : A Marie ^ Dame de Chartres.

La paroisse de Saint^Algnan, le suisse et la croix en tête, se compose des jèunes fiUes de la Sainte-Enfance, portant des oriUammcs , des demoiselles de la Conii ci le

avec la bannière de la Sainte Vierge ; les élèves du Collège, avec leur riche oriflamme , sur laquelle on lit l'inscription suivante : Immaculatœ VirgnU De^rœ devotum coUegium Camotense XXXI mon MDCCCLV.

Dans leurs rangs se montre la châsse de saint Âignan , évêque de Chartres et patron de la paroisse, entouré, de quatnî guidons explicatiis.

La paroisse Saint-Pierre, ayant son suisse et la croix en tête, se compose des jeunes apprentis de l^Œuvre de Saint-Joseph 9 jportant la statue de leur patron^ et une fort belle bannière du même sainte offerte par les élèves delà Sainte-Famille; bannière de la Sainte Vierge, suivie des jeunes personnes du Catéchisme de Persévérance et de la Confrérie ; membres de la Société de Saint-François- Xavier, précédés d'un joli guidon au chiffre de leur patron; enûn, la châsse de saint Pierre, portée par quatre clercs en habit de chœur.

La marche de la paroisse de Notre-Dame est ouverte par un suisse, la croix et les acolytes.

DépLitation des jeunes filles de l'Œuvre de la Sainte- Enfance, avec leur bannière. Elles ont toutes alternativement à la main ou un bouquet de ileurs blanches ou une oriflamme de soie azurée. Au miliea de leurs rangs, figurent j^euf guidons en Phonneur des neuf Chœurs des Anges, escortés par un groupe de neuf vierges couronnées de roses et portant des corbeilles de fleurs.

Députalioa des jeunes garçons de l'œuvre diî la Sainte- Enfance avec leur bannière. Ils portent tous des oriflammes de soie rose au chiffre de Jésus, ou des inscriptions rappelant Torigine^ le but et les progrès de Tœuvre. Au milieu des rangs^ groupe d'anges portant des corbeilles de fleurs et formant la croix. Guidons aux noms des principaux pati ons de l'association : la sainte

Vierge^ saint Joseph^ les bons Anges gardiens^ saint François-Xavier, saint Vincent de Paul.

Jeunes filles de l'Œuvre du Patron«^gc dirigées par les sœurs de la Charité. Elles ont à la main des oiiilammes de soie jaune et suivent un joli guidon sur lequel on lit: Sainte Anne, mère de la Mère de Dieu, veUlez $ur nous. Les plus jeunes portent sur un brancard une por« tion du chef de sainte Ânne renfermée dans une châsse gothique garnie de fleurs. Plusieurs dates et inscriptions historiques accompac^nent celte insigne relique.

Catéchisme de Persévérance des garçons avec un labar um de drap d'or en l'honneur de saint Jean-Baptiste, second patron de la Cathédrale. Ils portent des oriflammes de soie verte. Au milieu de leurs rangs ûgurent sept guidons aux nomà des sept Sacrements.

Biche bannière de Notre-Dame-de-la-Brèche en drap d'argent;, escortée de guidons rappelant les quatre dates les plus glorieuses poui' son sanctuaire, savoir:

Levée du siège de Chartres^ 15 mars 1568.

Institutim dé la procession commémoratwef 15 mars 1569.

Bestouraiion de la chapelle ^ 15 mars liii^.

Préconisaiion de Mb^ RegnatUt , 15 mars 1852.

Jeunes filles de la Maison Notre-Dame de Chartres. Elles portent le guidon de sainte Modeste, jeune vierge de Chartres , martyrisée dans la crypte et Jetée dans le puits des Saints-Forts par ordre de son père Quirinus^ gouverneur de la ville.

Dames* poissonnières avec la bannière de saint Clair, leur patron.

Musique des élèves des Frères des Écoles chrétiennes. Jeunes apprentis (hj l'Œuvre du Patronage de ^oUe- Dame. Us suivent la bazuùère de Saint-Piat et portent

dans leurs ràngs lès guidons et les eînblémes des sept

dons du Saint-Esprit.

Dépiitation des principales confréries et corps de métiers, entre antres les cultivateurs et vignerons de la confrérie de Saint-Vincent. Ils portent dans uiië riche châsse de bois d^ébène garnie d^argent^ le corps entier de saint Piat et des inscriptions rappelant Tauthenticite de la précieuse relique.

Les jardiniers de la confrérie de Saint-Fiacre. Ils portent sur un charmant brancard de ûcurs la statue de leur patron.

La corporation des portefaix souà le patronage de saint Christophe. Ils portent une magnifique châsse renfermant les reliques de saint Taurin et de plusieurs autres

saints dont les noms figurent sur des onllaiiiines aux quatre angles du reliquaire.

Les quinze Mystères du Hosaire représentés sur quinze labarum^ de moire blanche pour les mystères joyeux^ de moire violette pour les mystères douloureux^ de moire rouge pour les mystères glorieux. Ces iabanua sont portés par une députatîon de demoiselles des pensions, avec ceinture, coui'onne et palme de même couleur que PoriOamme.

Bannière de Notre-Dame de Sous-terre, stvle Moven- Age, représentant la Vierge des Druides telle qu'Ëlle était vénérée jusqu'en 1798 dans Tantique chapelle du pèlerinage de la Crypte.

A sa suite, marchent les élèves de llnstitution Notre- Dame de Chartres, portant de larges oriflammes, toutes de couleurs dillérentes et ornées d uiseripliuiis qui rappellent ks dates les plus mémorables et les plus glorieux souvenirs de Thistoire du Culte de la sainte Vierge de Chartres^ savoir :

Autel et Statue érigés à Chartres par les Druides, à la Vierge qui devait enfanter.

Friscus, rai de Charires, offre s<m royaume à la Vierge des Druides.

La grotte des Dniidrs rst transformée en église par sairU Savinien et saint Potcnlien.

Donations à Notre-Dame faites et confirmées par Pépin, Carloman et Charlemagne, 768, 771 , 794.

Saint Vêtement de la Bonne-Vierge donné par Oxarks-le- Chnuve à l'église de Noire-Dame. 876.

Le roi Eudes vient se mettre sous la- protection de Notre- Dame. 889.

Le saint Vêtement de la Bonne-Vierge sauve la vUle de

CJwrlrcs de la fureur des Xonnands. 011.

Saint Fulbert, guéri par Notre'Dame, achève sa cattiédrale.

Robert, Henri /"-^ tous Us Princes chrétiens de V Europe font de riches offrandes à Notre-Dame. 1020-1037.

Saint Gilduin, élu évêque de Dot, passe les jours et les nuits devant la Sainle-Vtidsse de Notre-Dame. Î077.

Louis-'le-Gros , désarmé par la piété des Chartrains envers Notre-Dame , épargne leur ville. 11 18.

Henri, roi d^ Angleterre y promet obéissance au pape Innth cen t Jly dans l'église de Notre- Du me . 1131.

Saint Bernard nrr'-Jie la deuxième Croisade dans l'église de Notre-Dame. 1147.

PhiUj^pe-Auguste veut , par dévotion, passer sous la Châsse été Notre-Dame. 1209.

Richard Cœur-de-Lion porte la Chasse de Notre-Dame.

Saint Louis, bienfaiteur le plus généreux de ta cathédrale de Chartres, assiste à la dédkaee de cette église. 1260.

Philippe-le-Uel offre ses amies eu Iropliét} à Aotr^-Dame, après la victoire de Mons-eiirPueUe, 1304.

Charle*4e'Bel fait deux pékrinoffes à Notre^Bame, 1304-

PkUippe de Valais vient remercier Notre^Ikme après sa victoire de Cassel 1328.

Édouard III, roi Anglelerrc , arrêté par le miracle de Bréligny , vient vénérer Notre-Dame. 1360.

Le roi Jean fait plusieurs pèlerinages à Notre-Dame ; il y laisse son bâton de pèlerin. 1361.

Charles V fait, pieds nus, le pèlerinage de Noire-Dame. 1366-13G7.

Le comte de Vendôme fait ériger une ehapeUe dans l'église de Notre-Dame. 1413.

Les Anglais font de riches offrandes à Notre-Dame, 1414.

Louis XI fait plusieurs pèlerinages à Notre-Dame. 1462- 1467-1477-1479.

Pèlerinage de Charles Vf II à Notre-Dame. 1485.

Louis XII cl Georges dWmhoise à Xotrc-Dame. 1502.

Anne de Bretagne vint plusieurs fois vénérer^ Notre-Dame* Elle donne une cloche. 1510.

François /»* fait ses dévotions à Notre-Dame. 1518.

Henri II vient rmiercier Notre-Dame du succès de ses armes. 1550.

La vUle de Chartres, assiégée par les protestants, est miraculeusement délivrée. 1568.

Les habitants de Dreux et de trente-six paroisses circonvoisines viennent en procession à Notre-Dame au nombre de 15,000. 1583.

Henri III fait dix-huit fois ir firlcrinage à Notre-Dame. Benri IV est sacré dans l'église Notre-Dame. 1594.

Lotiis XII/ virnf placer sous le patronage de Noire-Dame de Chartres, sa personne et son royaume. 1611.

La ville d'Issoudun, délivrée de la peste par Notre-Dame, hti offre une croix de vermeil. 1630.

Anyie d'Autriche vient souvent vénérer Notre-Dame; elle en obtient un fils. 1G39.

Louis XIV doit sa naissance à Notre-Dame; il vient plusieturs fois lui rendre ses hommages, 1648-1682.

M. Olier consacre à Notre-Dame le séminaire de Saint-

^Sulpice. 1G50.

Les Hurons et les Ahnaquis offrent une ceinture à Noire- Dame de Chartres, 1678-1699.

La pieuse Marie Leczinska vient faire des offrandes à No- Ire-Dam» de Chartres, 1732.

Lr Dauphin, père tle Louis XVI, vient en pèlerinage à Notre-Daine, avec la Dauphine. Mai Hôli.

Société des jeunes Economes de Notre-Dame de Chartres; les plus jeunes portent des corbeilles et dos fleurs. Elles suivent une fort jolie bannière représentant la Vierge-Noire du Pilier, ornée de sa nouvelle couronne^ avec ^inscription : Nigra sum sed farmosa. Sur le revers figurent dans un écusson les armes de S. S. le pape Pie IX avec la date xxxi Mai mdggclv.

Autour de cette bannière tlottont quatre guidons portant les quatre dates modernes les plus glorieuses pour la Vierge du Pilier :

18*? '!. Mor Clausel de Montais fait v(m de prier tous les samedis aux pieds de la Vierge-Noire.

1849. Msr Pie, évêque de Poitiers, prend pour armes VImage et les Aitribuis de Notre-Dame^u-Pilier,

1804. ilfîT RegnauU fait ay>x pieds de la colonne miracu-

leuse de Marie la consécration de son Diocèse et de sa j»rsorme à Notre-Dame de Chartres,

18 août 1854. Bref de S* S, le Pape Pie II autorisant M9^ Vévêque de Chartres à couronner en son nom lit Vierge-

Noirc-dvrPilier.

Grand labarom de drap d'argent en l'honneur de rimmacolée Conception^ avec la légende : Gloire, Amour, Louange à Marie conçue sans péché. Tont autour, on Ut :

Par/5, i8J0. Médaille miraniteme. — Gat'te, ISiO. Enciiclique. — Rome, 8 décembre 18oi. Définition dftijithitiqne, — Chartres y Si mai 1855, Promulgation des Lettres apostoliques. Ce labarum est escorté par un groupe déjeunes vierges vêtues de blanc et portant à la main des branches de lis^ symbole de la pureté sans tache de Marie^ comparée dans rÉcriture au lis qui fleurit au milieu des épines.

Plus loin, un chœur de cantiques porte dans ses rangs les guidons des li uis Vertus tliéologaltis avec les inscriptions ; 0 Marie conçue sans péché, je crois en vous, j'espère en vous, je vous aime.

Élèves de TÉcole normale. Ils sont précédés d'un grand labarum de drap d'or, sur lequel on lit: Hommage de l'École normale à Notre-Dame de Chartres.

Châsse (le saint Caslin.

Plus loin les élèves du pensionnat ecclésiastique de Nogent- le-Rotrou , musique et professeurs en tête.

Grande bannière de la confrérie de JNotre-Dame de Chartres^ escortée de guidons indiquant la date de Tins-

titution de cette confrérie et les différents brefs d'indulgences dont elle a été lionorée. Les dcnioiselles qui la suivent portent alternativeiuent des oriflammes bleues et blanches, sur lesquelles brillent en lettres d'or les invocations des litanies de la sainte Vierge. £Ues sont vêtues

4c rolm^ blanches avec ruban biou en sautoir, supportaiit un grand cœur d argent.

Élèves du Petit-Scminaire. Ils portent dans une châsse ornée de fleurs les reliques de saint Cheron, leur patron, avec des oriflammes qui rappellent la date et les circonstances de son martyre.

Bannière et association des Dames du Saint-Sacrement, revêtues de noir avec leur grand ruban rouge cramoisi en sautoir.

Coûl'érence de saint Vincenl-de-Paul de Chartres, accompagnée de députations des conférences des villes voisines. En téte des membres de cette œuvre flgarènt la bannière et les reliques de leur patron.

Novices de la communauté des sœurs de Saint-Paul de Chartres. Elles portent dans leurs rangs une riche croix de vermeil renfermant une parcelle de la vraie Croix.

Dames de Saiut-Paul de Chartres.

Petites-Sœurs des pauvres.

Sœurs tourières des Carmélites et Visitandines de Chartres.

Sœurs de Bun-Secours.

Sœurs de Saint- VincciL[->l*'-Paul.

La musique du réi!:iment de ciiasseurs se fait entendre en tête du cortège d'honneur.

Deux escadrons sont échelonnés le long de ce cortège, (oirmant la haie.

Ce cortège marche dans Tordre suivant :

Un suisse, croix et acolytes; les enfants de chauir des paroisses, lu maîtrise de ia Cathédrale, avec ses jolis costumes, les élèves dos Séminaires en surplis.

Viennent ensuite les prêtres du diocèse. Nous en comptons plus de deux cents > auxquels sont venus s'adjoindre plus de cent prêtres des diocèses voisins. Au

milieu de ce groupe nombreux, nous remarquons un religieux de haute stature et vôtn de hlnnc; c'est un trappiste, le supérieur des dames irappistines de la Cour- Pétral à Boissy-le*Sec; après lui^ M* Fabbé Levasseor^ supérieur-général des PP. de la Miséricorde; H. l'abbé Carrière, supérieur-général de la Congrégation de Saint- Sulpice; les PP. Maristes; un<? députation nombreuse du clergé du diocèse du Mans, à la tête de laquelle nous distinguons M. Tabbé Clievreau, grand-vicaire.

Devant la sainte châsse de Notre-Dame dti Chartres, mardie, en bon ordre^ un chœur de cinquante chanteurs, sous la bannière de sainte Cécile.

Huit prêtres en dalmatiques portant la sainte cbâsse qui renferme le précieux voile de la bienheureuse Vierge Marie.

A quelques pas de la eliàsse , les cm es de canton du diocèse et à leur suite les chanoines honoraires.

Vingt-quatre jennes clercs, portant les uns des corbeilles de fleurs, les autres des encensoirs, précèdent un brancard, porté par huit prêtres en dalmatiques d'or, et sui' lequel est placée la statue miraculeuse de Notre-Dame de Cbai très, la téte ceinte de la glorieuse eouionne (jui lui a été oilerte, le matin même, au nom du Souverain- Pontife.

Derrière cette sainte image. Monseigneur rËvôque de CKîartres, assisté de deux archidiacres, et entouré des chanoines titulaires de sa Cathédrale.

Puis, à quelques pas, S. E. le Caidiaal-Archevêque de Bordeaux, Monseigneur l'Archevêque de Paris, et les quatre Evéques de Beauvais, de Meaux, de Poitiers et de Blois, chacun assisté de deux archidiacres, et bénis* sant la foule agenouillée sur leur passage.

Un peloton d'honneur, de la garnison^ ferme la marche.

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Cette magnifique et mémorable procession a parcouru les rues des Changes, des Grenets, les me et boulevard Saint-Michel; la rue Régnier, la place des Halles, les rues de la Tonnellerie, du Bois-Merrain, du Grand-Cerf, Sainte-Mesme, du Cheval-Blanc^ du Marchéà-la-Filasse. La tête de la procession rentrait par la porte Royale > au moment oh la queue quittait à peine la place des Halles. Le défilé demandait au moins trois-quarts d'heure. Vers six heures , à l'instant où le cortège commençait à rentrer dans l'église, un rayon de soleil inattendu se projetait sur les joyeuses bannières et semblait saluer d'une dernière lueur l'image glorifiée de Marie.

A Touverture des portes ^ la basilique dans Tombre^ Taatel éclairé d'une brillante illumination^ la musique militaire^ les chants de l'orgue, produisent une vive im« pression, un sentiment indélinissahle dans Tàme de chaque assistant, à mesure qu'on pénètre daiis ie lieu saint. Après une vive allocution et de touchants adieux du P. Carboy, prédicateur du Jubilé, ie salut du Saint- Sacrement est donné, le Te Deum est entonné, et les cloches annoncent la fin de cette cérémonie émouvante , qui laissera de si longs souvenirs dans la cité et dans le cœur de tous ceux qui ont eu le bonheur d'y assister.

Des illuminations variées et ingénieuses^ des transparents au chiffre de Marie, des verres de couleurs, des lanternes vénitiennes, prolongent bien avant dans la nuit le saint enthousiasme de la journée.

GHAPiXKE XXVil.

Dévotions établies et offices célébrés dans la Cathédrale de Cbartret.

Tous les jours de rannée, messô capitulaire à neuf heures^ vêpres à trois heures.

Lqs dimanches et fêtes ^ messe de paroisse à neuf

heures, messe capitulaire à dix heures et demie, vêpres à trois heures^ ensuite le salut du Saiut-Sacremeut.

M«r i'Évêque officie ordinairement, en grande pompe ^ aux fêtes de Pâques^ de la Pentecôte^ de TAssompticm^ de la Toussaint^ de Noêl^ et le Jeudi-Saint pour la con* sécration des Saintes-Huiles.

Le mercredi des Cendres, il bénit solennellement les jcendres et les impose à son clergé' Le Jeudi-Samt^ à deux heures et demie, il lave les pieds à douze pauvres vieillards ; dans l'avant-chœur de la cathédrale.

Les Matines sont chantées au chœur la veille des fêtes annuelles et de toutes les lètes de la Sainte- Vierge.

Le dimanche de la Quinquagésime et les deux jours suivants, prières des quarante heures avec exposition

du Saint-Sacrement. Le dimanche, on célèbre FofTice de

la Réparation et Ton fait la luoeession à Tintérieur de l'église après compiles. Le lundi et le mardi, il y a salut seulement le soir.

Le jour du Mercredi-Saint, à ces paroles de TEvangile

Et le voile du temple se déchira , on enlève le voile qui est entre le sanctuahre et le chœur.

Quatre fois par an, les dimanches qui suivent les se*

maines des Quatre-Temps, le Saint-Sacrement est également exposé toute la journée, et il y a procession le soir après les vêpres.

La procession de la Fête-Dieu se fait, au dehors^ le . dimanche dans TOctave, dans la haute et la hasse ville alternativement.

Tous les jours , la messe capitulaire est dito pour les . bienfaiteurs de Téglise^ et de plus, tous les trois mois, en janvier, avril, juillet et octobre, on célèbre un service solennel à la même intention.

Aux fêtes de Pâques, de la Pentecôte, de la Purification, de PAnnouciation et de la Nativité, avant le salut, procession solennelle en Thonneur de la Sainte-Vierge.

Le Jour de PÂssomption, cette procession se fait à

l'extérieur, dans les rues de la ville, et Ton y porte la relique de la Sainte- Vierge.

Le dimanche le plus rapproché du 26 août, procession à l'intérieur de Péglise, où Ton porte également.la châm de la Sainte-Vierge, en reconnaissance de la cessation da eholèra en 1832.

Le jour de la Conception, on va processiounellement à ' la crypte.

On fait aussi une procession à la crypte, le soir da

15 septembre, octave de la Nativité de la Sainte-Vierge, en mémoire de Finauguratiou de la nouvelle statue de Notre-Dame-de^sous-terre, en 1857.

Le 15 mars, avant la messe capitulaire, procession à la chapelle de Notre-Dame-de-la-Brèche, en actions de

grâces de la délivrance de la ville de Chartres en 4568.

Pendant le mois de mai» tous les soirs, exercice du

mois de Marie, et, le dei moi jour, procession à l'intérieur de l'église où est portée la statue de Notre-Darne-du-Pilier, pour perpéLucr le souvenir du couronnement solennel de la même madone qui eut lieu» à pareil jour» au nom de S. S. Pie IX» en 1^55.

Parmi les fêtes plus particulièrement propres à la cathédrale, nous citerons celle de saint Lauiui^r, abbé, le 19 janvier; celle de saint Aventin, ëvèque de Chartres, le 4 février; le 9 du môme mois, celle de sainte Appol- Jine, dont les reliques sont ce jour4à exposées à la vénération des fidèles à Fautel de Notre-Dame sous-terre. Le 20 avril» on célèbre la fête de saint Yves» évèque de Chartres; \e 28 mai, ceHe de saint Gheron, martyr; le iiG juin, celle de saint Adc^Klal, evêque de Chartres, et eaOn, le 1*^'' octobre, la fête de saint Piat, martyr, dont je corps est» comme no^us l'avoni^ dit» consefvé à la cathédrale.

Le 17 octobre» on célèbre Fanniversaire de la dédicace de l'église de Ghartrcts en 1260. A ^occasion du sixième

anniversaire séculaire de cette dédicace , notre ville doit être témoin, dans quelques jours, de la consécration de onze nouveaux autels dans la crypte et de la restauration complète de l'église de sous-terre.

Trois confréries sont établies à la Cathédrale : Fun^ en l'honneur du Saint-Sacrement» la seconde en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, ia Uoisième en Thonneur du Saiut-Cœur de Marie.

Le premier jeudi de chaque mois» messe basse à la chapelle de Saint-Piat pour les associés dé ia confriSrié du Sain^Sacrement.

Le premier vendredi de chaque mois» salut le soir à la chapelle du Sacré-Cœur de Jésus.

La fête du Saint^Cœur de Marie se célèbre à la messe paroissiale le dknanehe qui suit le 8 février.

Le premier dimanche de chaque mois, après les offices du soir, procession solennelle de la confrérie de la Sainte-Vierge.

Le troisième samedi de chaque mois^ salut le soir à la chapelle du Saint-Cœur de Marie.

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