‹ Histoire et description de la Collection Ingres au Musée de MontaubanChapitre 190 sur 246 · II. 4m,10. — L. 7 m · texte numérisé non relu

II. 4m,10. — L. 7 m

Les cavaliers qui escortent l'ambassadeur entrent dans le jardin des Tuileries sur des chevaux richement caparaçonnés ; des che-

vaux destinés à être offerts en présent son conduits en main. Au fond, des soldats en uniforme bleu forment la haie ; d’autres, en rouge, maintiennent le public au premier plan. Sur la terrasse des Tuileries se presse un nombreux public de spectateurs ; femmes en riches toilettes, bourgeois, moines et grands seigneurs, parmi lesquels on distingue le Régent ayant auprès de lui un gros chien. Dans le fond, la coupole de l’église de l’Assomption.

Bordure de cadre doré à coquilles, avec les armes du Roi dans le haut, les chiffres du Roi aux angles dans des cartouches bleus. En bas, un grand cartouche à fond bleu, contenant celte inscription : « Entrée de Mehémet Ejfeudy, grand trésorier de l'empire ottoman, ambassadeur extraordinaire du Grand Seigneur , par le jardin des Thuilleries , pour aller faire compliment au roy Louis XV sur son advènement à la couronne, le XVI mars MDCCXXI. •

Signé dans la lisière, à droite : LE.

FEBVRE. G. (fleur de lis), et dans le terrain, à droite, autre signature LE. FEBVRE ; à gauche : CHBS PARROCEL PX'f.

Deuxième pièce :

Sortie de l' ambassadeur turc du jardin des Tuileries a. (X° 184-2.)

L’ambassadeur s’avance de face. Derrière lui, un régiment de cavalerie forme la baie. Au fond, les Tuileries remplies de nombreux spectateurs et le dôme du pavillon de l’Horloge.

Inscription dans le cartouche du bas: Sortie de Mehemet Effendy, grand trésorier de l' empire ottoman, ambassadeur extraordinaire du Grand Seigneur, par le jardin des Thuilleries , venant de faire compliment au roy Louis X V sur son advènement à la couronne, le XVI mars M DCCXXI.

Signé : GÜB3 (fleur de lis) MONMERQUÉ, à droite — et CHARLES PARROCEL. Px.à gauche.

Histoire de Don Quichotte.

Manufacture des Gobeiins. — 2 tentures, une à fond jaune, l’autre <\ fond rose. — 30 pièces. — Milieu du XVIII” siècle.

— Laine et soie. — D’après Antoine et Charles Coypel.

’ Au musée de la manufacture des Gobeiins. Cette pièce a été reproduite en phototypie daus 1 Histoire générait de la tapisserie (Tapisserie* françaises, par J. Gniffrey).

* Depuis 1889, cette pièce est à l’ambassade de France à Constantinople.

N°* 225 et 264 des anciens inventaires.

La tenture de Don Quichotte fut entreprise plus tôt qu'on le croit généralement. Dès l'année 1714, le peintre Blin de Fontenay recevait la commande d’un entourage pour des sujets de cette tenture, ce qui nous fait croire que les premières scènes au moins sont dues à Antoine Coypel. Il est fort probable que ce premier entourage n’est pas celui à guirlandes de fleurs sur fond damassé qu’on connaît généralement, le seul d’ailleurs dont le Mobilcr national possède des exemplaires. Des tapisseries appartenant à Al. le marquis de Vennevillc ont fait connaître l’encadrement primitif, remplacé, après quelques années, par ces fonds damassés jaunes ou roses, couverts de guirlandes de fleurs, dues au talent de peintres complètement oubliés aujourd’hui. On cite surtout Chaules Tessier qui travaillait à la manufacture des Gobelins et qui a laissé des cahiers de bouquets de fleurs, gravés à l’eau-forte très estimés des amateurs. Les archives de la Maison du Roi, fouillées par AI. Engerand, ont révélé les noms d'autres collaborateurs de Coypel.

Quels qu’en soient les auteurs, cet entourage des scènes de l’histoire de Don Quichotte est une des conceptions les plus originales et les plus séduisantes de l’art décoratif, à quelque époque que ce soit. A ce titre, les tapisseries de Don Quichotte mériteraient bien d’èlre traitées avec un soin particulier et des égards inGnis, car ce sont de véritables chefs-d'œuvre en leur genre, auxquels rien ne saurait se comparer1 2 * * 5.

1" tenture (fond jaune).

14 pièces. — Entre 1750 et 1760. — Laine et soie.

[Un certain nombre de pièces de cette suite ont été cédées à l’impératrice Eugénie, en 1872 ou 1873, lors de la liquidation de la liste civile de l’empereur Napoléon, pour le prix qui leur était attribué sur les inventaires, soit 100 francs l’une. L’Etat a ainsi perdu six ou huit sujets de celte précieuse collection.] Fond jaune damassé, avec guirlande de

fleurs et bande latérale rose, séparée du jaune par de minces colonnettes. En haut, un paon faisant la roue. Sous le sujet de Don Quichotte, les armes de France surmontées de la couronne dans un médaillon rond. De chaque côté, une botte de fleurs. Au-dessous, dans un cartouche à fond bleu, inscription donnant le sujet de la scène qui se voit audessus.

Bordure fond bleu 4 ornements dorés, encadrée d’oves. Aux angles, deux LL enlacés dans un médaillon bleu. Euroulements dorés aux angles inférieurs.

Première pièce :

Don Quixotte dans l hôtellerie. (N°203- 1 .)

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