DESSINS ET COMPOSITIONS EXÉCUTÉS AU TEMPS DU SAINT SYMPHORIEN
J’ai conservé le titre même adopté par Armand Camiion qui avait reçu les conlidenccs de son illustre maître, pour cette série de compositions d’une allure fiévreuse et passionnée, où s’exprime si amèrement la colère ressentie par Ingres à la suite du retentissant échec de son Martyre de saint Symphorien. Tous ces croquis, issus de la même pensée violente à la fois et pessimiste, en sont par ela même irrécusablement datés de la période de rancune et de bouderie qui suivit le mémorable Salon de 1834. Le comte Henri Dki.aborde a consacré quelques paragraphes à quelques-uns des projets de composition les plus caractéristiques de ce groupe. ( Loc . cit., p. 321-323.) Voir notre étude sur les Dessins d'Ingres au Musée de Montauban , dans le Compte rendu du congrès des Sociétés des Beaux-Arts, session de 1891, p. 580-587.
3502. Projet de composition sur la Médiocrité jalouse.
Crayon noir. — II. 0m,13. — L. 0“’,10.
Hercule assis, un bras passé sur sa tête, l’autre pendant le long de sa massue sur laquelle il s’appuie. A côté et à part, une femme debout, accoudée sur un rocher, la tête appuyée sur son bras droit. Isolément, au-dessous, deux figures couchées. On lit au bas, écrit à la plume : La Médiocrité rampante et superbe a plusieurs corps ; elle caresse, elle s’insinue. Hercule la terrasse de son pied qui l’écarte.
3503. La Médiocrité reine du monde.
A la plume. — H. 0"1, 21. — L. 0‘",32.
La Médiocrité, sur laquelle tombe une pluie d’or et de faveurs, entourée de plusieurs personnages, marche sur un cadavre. Croquis très vague. On lit en haut : Médiocrité. Parmi plusieurs notes écrites, ou lit ceci : L’Univers couronne la Médiocrité ; elle foule à ses pieds le vrai Mérite et caresse le faux suivi de tous les vices et défauts. La Postérité boiteuse et tardive et l’ arrivent en-
fin avec Hercule qui attaque tout.
3504. Même sujet.
A la plume. — H. 0"',12. — L. 0m,19.
La Médiocrité est debout sur un piédestal entouré de nombreux personnages; à ses pieds est une figure renversée et soutenue par une autre au-dessus de laquelle on lit : La Postérité.
Croquis à peine intelligible, agrémenté de nombreuses notes écrites dans le genre des précédentes.
3505. Même sujet.
A la plume. — II. O™, 11. — L. 0"',18.
La Médiocrité est debout, entourée, de nombreuses figures ; à scs pieds, un personnage, tombé et soutenu par un autre, se défend contre plusieurs assaillants. On lit à côté de lui : L'Iinvie mord et s’attache à lui , et près de la Médiocrité : Soutenue , appuyée sur les mauvais succès ; derrière elle , son siège sur lequel tombent tous les honneurs.
Croquis peu arrêté.
3500. Même sujet.
A la plume. — II. O™, 19. — L. O”, 30.
La Médiocrité est debout, vue de face, devant un temple. A ses pieds, grouille une foule de monstres au-dessous desquels on lit : L’ Envie. Plus loin, une note porte : L’ Ignorance et la Méchanceté écrivent. Près de l’Envie est écrit : // lui pleut tous les honneurs, — elle barre le passage du temple de la Gloire, où elle neutre jamais.
A droite est un croquis représentant deux personnages qui lutteut. On lit au-dessous : Apparition du vrai Mérite qui est repoussé.
menacé, el plus bas : U est pris par l' F.nnie et autres , comme une mouche qui se débat entre les pattes de l'araignée , etc., etc. Croquis très vagues.
3507. Même sujet.
A la plume. — H. 0'", 15. — L. Om,ll.
La .Médiocrité est assise devant le temple de la Gloire, un pied sur le globe terrestre et foulant de l’autre le vrai Mérite. Notes nombreuses pour expliquer ce vague croquis : Le vrai Mérite, robe blanche; — habit de la Médiocrité de toutes couleurs, etc.
3508. Même sujet.
A la plume. — II. 0“,07. — L. 0'",10.
Personnage couché sous les pieds d’un autre s’avançant vers un troisième qui l’accueille. On lit en haut : La Médiocrité écrase le vrai Mérite et arrive à la Fortune.
3509. Calque de la composition précédente.
Miue de plomb. — II. 0m,09. — L. 0"',10.
3510. Triomphe de l’ Antiquité.
A la plume. — IL 0m,09. — L. 0'",15.
l!n personnage colossal assis sur une estrade, un autre près de lui, et plusieurs audessous. On lit en haut : L’ Antiquité ; à côté : Boileau qui rit; de l’autre coté : Grands noms de l'antiquité ; au-dessous : Mauvais poètes qui veulent mordre le piédestal, etc.
Croquis sommaire.
3511. Même sujet.
Mine de plomb. — H. Om,ll. — L. O”, 14.
lui autour duquel sont groupés divers personnages. On lit en haut : L' Antiquité, et en bas : Les Voltaire (?) rongent le piédestal.
3512. Même sujet.
A la plume. — H. 0m,18. — L. 0m,12.
line ligure colossale est assise sur un piédestal, dans une lumière rayonnante, et ayant près d’elle une petite figure de femme. On lit à coté : Appuyée sur la Nature. Au bas, une foule nombreuse de personnages gesticulant ou levant les bras, au-dessus desquels on lit : Médiocres, de mauvais goiit, méchants, de mauvaise foi.
3513. Le Journaliste.
Mine de plomb. — II. 0ln,10. — L. O”1, 11.
Un homme couché dans un grand fauteuil, les deux pieds sur une cheminée devant lui, lance en l’air des bouffées de fumée d’un cigare qu’il tient d’une main, tandis que l’autre est pleine de papiers.
On lit au-dessous : Le Journaliste
3514. Une femme assise accoudée sur une table.
A la plume. — II. 0"',07. — L. O”, 09.
Elle appuie sa tète sur sa main gauche. Croquis.
3515. Baccio Bandinelli et le cadavre de son père.
A la plume. — H. 0"',19. — L. Om,ll.
Un homme debout portant un squelette.
Dans le fond, un autre personnage. On lit audessus : liacio Bandinelli transporte de ses mains les os de son père, d'un cloître dans un nouveau tombeau. En note, en avant : Religieux l'éclaire d'une torche.
Croquis peu arrêté.
35 1 G. Elude pour Bandinelli .
Mine de plomb, sur papier végétal. — II. O-, 21. -- L. O-, 12.
Un homme nu, marchant en portant un paquet qu'il tient devant lui avec ses deux mains.
3517. Etude de nu.
Mine de plomb. — H. 0m,23. — L. 0m,10.
Une femme debout, presque de face, les bras nus, étant sa chemise. Signé : Ing.
Le papier ayant été coupé, Ingrks a complété le dessin sur une autre feuille ajoutée au-dessous.
3518. Elude analogue à la précédente.
Crayon noir. — II. 0'",32. — L. 0ln,12.
Une femme debout ôtant sa chemise. Pose un peu différente de la précédente.
3519. Elude pour un personnage des allégories précédentes.
Crayon noir. — IL O1", 26. — L. 0'",15.
Un homme nu, debout, tenant un poignard d’une main et une draperie de l’autre. Il était d'abord dans une pose immobile ; la jambe gauche a été refaite portée eu arrière, pour donner du mouvement.
3520. Etude pour le même personnage.
Crayon noir. — IL O"1, 20. — L. 0™,27.
Un homme nu, debout, marchant en tenant un poignard à la main. Même motif que le précédent, mais éclairé en sens inverse. La tète et les pieds manquent. Un autre homme, debout et de face, les deux mains ouvertes et écartées dans une attitude d’étonnement.
Signé; Ing.
3521. Homme portant un fardeau.
Crayon noir. — II. 0"',18. — L. 0"’,20.
11 est assis, tourné vers la droite, dans l’at-
litude do prendre un fardeau sur son dos avec ses deux bras, dont l’un passe par-dessus son épaule. A côté, un bras droit appuyé. Signé : Inc.
3522. Étude pour le même.
Mine de plomb, sur papier de calque. — H. 0m,18. — L. U"’, 14.
Un homme nu, assis, les deux bras passés derrière son dos pour prendre un fardeau. Les pieds manquent.
3523. Variante du motif précédent.
Mine de plomb, mis au carreau. — H. 0nl, 16.
— L. 0ra,09.
Un homme assis, tourné vers la droite, courbé en avant et appuyant ses mains sur ses genoux, comme attendant un fardeau pour ses épaules. Signé: Inc.
3524. Femme accroupie.
Mine de plomb. — II. 0'", 10. — L. 0"‘,08. Elle allonge son bras pour ramasser un objet. Signé : I.vu.
3525. Etude de nu.
Mine de plomb. — H. 0m,14. — L. 0"',09. Un homme nu, assis et courbé, vu presque de face, le bras gauche appuyé sur le dossier de son siège, le bras droit pendant et appuyé sur le genou droit. Signé: Inc.
3526. Ftude pour un guerrier.
Crayon noir, mis au carreau. — H. 0"‘,45.
— L. 0ra,26.
Un homme nu, debout, le genou droit plié et appuyé,, regardant en l’air, le bras droit levé au-dessus de sa tête, la main gauche appuyée sur la hanche pour tenir probablement un fourreau d’épée. A ses pieds, indication vague d’un combat.
3527. Elude pour le même.
Crayon noir. — H. 0"\2i. — L. O™, 14.
Un homme debout et de face, le pied droit posé sur une pierre ou quelque chose de semblable, regardant en l’air en avançant son bras droit qui parait tenir une épée. Le bras gauche est coupé.
Etude faite en vue d’une composition non exécutée et dont nous ne connaissons pas de croquis retraçant le sujet entier qui eût représenté la Mort de Didon.
Ce dessin et les trois suivants datcntdc 1834.
3526 bi*. Didon.
Minede plomb. — - H. 0“,36. — L. 0ln,25.
Une femme nue, marchant vers la gauche, les deux bras levés et tournant la tète en ar-
3527 bis. Étude pour la même.
Mine de plomb. — H. 0'",56. — L. 0m,46. Une femme vue en buste, de trois quarts, tournée vers la droite, les cheveux défaits, appuyant un poignard sur sa poitrine. La main est refaite au-dessus.
3528. liras de Didon
Mine de plomb. — H. 0ra,l2. — L. 0"',09. Trois études, dans des mouvementsdivers ; bras d'une femme dans l'attitude de se poignarder.
3529. Tête de femme inclinée vers la gauche, vue de trois quarts.
Mine de plomb. — 11. 0m,17. — L. 0m,13. L’oreille est refaite û côté.