‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 152 sur 257 · TAPISSERIES DES CANTIQUES · texte numérisé non relu

TAPISSERIES DES CANTIQUES

Ces (lualrc tapisseries sont remanjuahles par la beauté du travail et la richesse des bordures. Les scènes de la jeunesse de Louis XIV y sont figurées sous rcmhléme de V Epouse des Cantiques.

Go TAPISSERIES DES GOBELINS (2).

La cathédrale possède deux tapisseries de celle célèbre manufacture.

La première représente saml Paul à Lystre , avec saint üarnabé.

(1) Voir les Totles peintes de Reims, tome |). LXIV.

(■2) «. Gobelin,qui a fait bâtira Paris une maison d’abord appelée Folie- » Gobelin, était un teinturier de Reims au XVIP siècle. Son établissement » réussit , et il laissa à scs enfants une fortune considérable. Sa maison )> changea alors de nom , et fut appelée V IIMeUGohclin, Le ministre

Colbert, autre Rémois, acheta cette maison et plusieurs autres contiguës, « pour y établir une manufacture qui a toujours été renommée pour la

DESCiUPTlON DE LA CATHEDRALE DE REIMS.

L’apôlre, se trouvant dans celle ville, guérit miraculeusement un homme perclus de naissance. A la vue du prodige , les habitants prennent les deux saints pour des divinités : ils appellent Barnabe Jupiter et saint Paul Mercure. Le prêtre de Jupiter veut leur offrir des victimes. A cette vue, saint Paul déchire ses vêtements, disant qu’ils ne sont que des hommes venus pour leur annoncer le vrai Dieu. La foule, accourue, laisse voir un grand clonnemenl. On remarque dans le coin du tableau deux figures : celle de l’homme guéri, qui jette son bâton à terre et qui, dans le transport de sa joie, élève les mains vers son libérateur, puis celle d’un vieillard incrédule , qui lève le vêlement du ci-devant boiteux pour s’assurer de la vérité du prodige.

La seconde représente saint Paul à l'Aréopage.

L’apùlre, sur les degrés d’un lem[)le, lient les mains élevées vers le ciel et prêche aux Athéniens le Dieu inconnu. J.es personnages qui l’écoulent, se reconnaissent facilement. On voit le cynique, qui prépare des objections ; le stoïque, appuyé sur son bâton, écoulant d’un air de mépris et se confirmant dans son incrédulité ; des rhéteurs, des sophistes, occupés de véhémentes discussions. On remarque d’un côté du tableau Demjs et Damaris , qui saisissent avec empressement les |)aroles de l’apôtre, dont ils sont vivement touchés.

Ces deux tapisseries ont été accordées à la cathédrale de Reims par le gouvernement, le 29 Novembre 1848, sur

» leinlure cl la falu-icalion des tapisseries de haute lisse. Ceci est tiré d’un » Monileur de 181-2, dont j’ai néglige de prendre la date. C’esl aussi une » tradition reçue à Reims que Gobelin était de celle ville. Cependant le B savant auteur du Tableau de Paris. -2 vol. in--4", assure que, dés le Xl\® » et XV' siècle, il y avait des Gohelins demeurant sur la rivière de Bièvre, B et qu'un des fils de .lean Gobelin, qui vivait en U50, partagea à ses » enfants, en l.'»tO , une fortune considérable. Je ne suis pas en état de » décider cette (}uestion. »

( GKnizKZ, Description de la ville de Heims.)

AMEUBLEMENT. — TABLEAUX

la demande de Monseigneur rarchevc(juc . Filles sonl les copies de deux chefs-d’œuvre conserves à Home et exécutes sur les dessins de Raphaël.

i° TAtMS DU SACRE.

Ce lapis, d’un dessin très-simple, représente les de France. La bordure est. enrichie de fleurs et de fruits, et se fait remarquer par la vivacité et le naturel des couleurs.

xr TABLEAUX.

Certains architectes, dans leur amour pour les lignes droites ou courbes, ne voudraient voir dans les édifices religieux du Moyen-Age que la pierre nue ; tout au plus admettent-ils la peinture murale; mais ils ne peuvent souffrir la présence des tapisseries et des tableaux.

Il nous semble que l’on peut être moins exclusif, et s’exposer de gaîté de cœur à l’anathéme fulminé par ces prétendus amis de l’art gothique. Nous ne regarderons point comme une preuve de bon goût de faire disparaître les toiles du Tinloret, du Titien, de Mutiano, de Thaddée Zuccharo, du Poussin. Qui ne préféré, d’ailleurs, ces toiles admirables aux décors en détrempe, aux fresques plus ou moins religieuses, à l’affreux badigeon par lesquels on prétend les remplacer ?

vSans doute, on doit éviter avec soin, dans ces monuments de l’époque ogivale, d’interrompre la série des arcades continues, d’accrocher de larges tableaux aux colonnes de la nef, et de cacher l’essor de l’architecture par des toiles sans voleur; d’ôler ainsi aux yeux le plaisir des

fuites et des perspectives eu brisant les lignes, en obstruant les jours. Mais que, sur les parties plates des murs, on expose des tableaux pieux, des œuvres de grands maîtres, nous n’y voyons aucun inconvénient.

Tous les arts doivent contribuer à la gloire de Dieu, la peinture aussi bien que la musique et la scuplture : c’est l’esprit meme de l’Eglise. Saint Grégoire , ayant appris que Serénus, évéque de Marseille, avait fait ôter les images qui étaient peintes dans son église, le reprit fortement ; il lui dit que les tableaux ont pour objet d’instruire, de faire penser à ce qu’il faut croire et à ce que l’on doit honorer. La peinture, ajoute ce saint ponlife, est le livre des ignorants , et vous vous garderez de la repousser de vos églises (1).

Les tableaux de Notre-Dame sont, il est vrai, l’œuvre de la Denaissance : le Moyen-Age, celle époque de conviction et de foi sincère, ne nous en a légué aucun. Nous ne retrouvons dans ces toiles peintes ni les compositions naïves et charmantes des premiers âges , ni les formes sévères du XlVe siècle ; le feu divin n’y respire point comme dans les œuvres de FraAngelico, de Cimabué, de Giollo ; et cependant, malgré notre amour pour le pur gothique, nous ne dirons anathème à aucune époque, et nous réservons une partie de notre admiration pour les peintures appendues sur les murs des iranssepls, dans les chapelles du rond-point, ou renfermées dans les sacristies.

.Notre-Dame de Reims possédait, au siècle dernier, un grand nombre de toiles peintes. L’inventaire de 1790 (2) mentionne, dans les sacristies, outre huit portraits de papes, d’archevêques et d’évècjues, un tableau de la Sainte-Vierge,

M) Vie Cf rruvres de ^nint firegoire', ITOj, part. 5, p. 98. 2) Tome pajic* jl 1

AMEUBLEMENT. — TABLEAUX. 441

liii (lu Jii^omenl do Salomon, un des (rois Marie, un de i^ainl Sébaslien ( 1), un tableau du Bapltmie de Nolrc-Sei- {^ncur , un autre rcprcsentanl les saintes femmes, un se()lième représentant saint Jean dans le dései l. Nous ne rappelons (>as ceux qui étaient dans la chambre du sonneui’, dans la chambre des huissiers , dans les cirerics. Les chapelles renfermaient sept tableaux.

En 1793, la cathédrale, devenue magasin de fourrages ou temple de la liaison, ne dut point conserver les toiles icligiouses qui rappelaient les mystères du christianisme; les profanations exercées à Reims eurent du retentissement même à la tribune de la Convention : a A Reims, s’écria i) l’abbé Grégoire , on a mutilé un tombeau d’un beau J) travail, et précipité d’une hauteur de vingt pieds un J) tableau de Thaddéc Zuccharo : le cadre a été brisé, et la J) toile dégradée a été trouvée dernièrement surjes marches » d’un escalier. » .M . l’abbé Bergeal, le créateur du musée de Reims , parvint à sauver de la destruction quelques-unes des plus belles toiles qui avaient appartenu à la cathédrale. IMus lard, plusieurs de ces tableaux passèrent dans d’autres mains; il n’en est revenu à Notre-Dame qu’un petit nombre : (jualrc toiles italiennes (|ui se recommandent par les noms de Muliano, du Guide, du Tintorct, de Zuccharo ; quatre autres pour lesquelles on invoque les noms du Poussin, de Stella, de Lahirc et de Berlin.

(I) La chapelle du Pelit-Séminairc de Reims possède un magnifique lal)leau de rensevelisscincnt de saint Sébastien. On le croit une œuvre originale du Titien.

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