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Reliquaire dit des Antiques

Les reliques , enlourées d’un morceau de soie rouge , sont renfermées dans un cylindre de cristal. Celui-ci est supporté par des colonnettes surmontées d’ogives et de frontons ; elles sont réunies entre elles par une galerie du même style qui passe au-dessus du cylindre.

La galerie est enrichie de neuf émeraudes y quatre améthystes, trois saphirs, dix topazes et rubis balais , et d'une pierre gravée. Une pierre manque.

Ce reliquaire, dont on ignore l’origine, est porté sur une table qui était jadis enrichie de seize pierres; il n’en reste plus que six ; elles sont gravées : ce sont trois agates^ deux cornalines et une émeraude.

Enfin, sur les faces où sont les ogives, on voit au sommet, d’un côté, deux boules de cornaline blanche, de l’autre, deux boules de topaze.

Le 18 Juin 1830, Son Eminence Monseigneur de Latil y a fait déposer des reliques de sainte Agathe , de sainte Cécile et d'autres saints martyrs.

Haut., 36 c. — Larg.y 28 c.

1 1 . Reliquaire du Saint-Sépulcre, orfèvrerie du XVr siècle. {Présent de Henri II.)

L’inventaire de 1669 mentionne un « Reliquaire d’argent » doré, du Saint-Sépulcre, sur un pied de cuivre doré ouest » un Christ résurgent d’argent émaillé, sur une grande » agathequi forme un sépulcre, et quatre personnages dor- » mant à l’entour, et six anges donnés par Henry II, O roy de France, le jour de sainte Anne, 25 Juillet 1547,

» qu’il fut sacré en l’église de Reims par Monseigneur » Charles , cardinal de Lorraine, archevesque , pesant )) vingt-six marcs six onces , au pied duquel est l’in- » scription suivante : Henricus secundus consecrandiis hue )) me asportavü , i541 . »

Ce précieux objet d’art a été maltraité par le temps ; quoique complet , il est brisé en différentes parties. La restauration en serait facile. Le rocher qui porte le sépulcre est émaillé de vert ; le Christ^ en argent émaillé , est représenté sortant d'un tombeau en agate ; un de ses pieds y touche encore. Quatre soldats , tout armés, dorment à l’enlour ; l’un d’eux , couché devant le sépulcre , représente, dit-on, Henri IL Autour de ce groupe, sont six anges beaucoup plus petits que les autres personnages ; ils sont d’argent émaillé. Ils tiennent les instruments de la Passion. Le reliquaire est orné de croissants entrelacés trois par trois, et de C confondus dans un H ; ces chiffres sont en émail, blanc et or. La base du reliquaire comptait jadis vingt-six pierreries: il n’y en a plus que quinze^ elles sont grosses , mais elles ont peu d’éclat. Sur la partie antérieure du reliquaire était une lame de cristal recouvrant un morceau du Saint-Sépulcre.

Ce joyau coûta au roi quinze cents écus y ainsi que nous l’apprend Godefroy, dans son Cérémonial dès sacres (1).

Haut, y 27 c. — Larg.y 30 c.

(1) CocQUAULT, ad annum 1547, 25 JuilJeL tome IV% page 256 :

« Les évesques de Langres et de Beauvais ( cardinal de Châtillon ) me- » nèrent le roy baiser le grand-autel, là où il présenta un très-riche reli- » quaire de la représentation de Nostre-Seigneur, saillant d’ung sépulchre » faict de riche agathe,qui pouvoit estre estimé à la somme de mille écus » d’or, lequel reliquaire luy fut administré par le roy de Navarre, après » l’avoir révérencieusement baisé pour le mettre en mains dudict sei- » gneur. »

Le 17 Mai J 562, le Chapitre engagea ce reliquaire pour une somme de 715 livres, versées entre les mains du cardinal de Lorraine, pour les affaires du royaume et de la religion.

( Fab., lias. 17, renseignements. )

12. V«aisseau de sainte Ursule, orfèvrerie de 1575. [Présent de Henri III.)

Ici encore nous avons recours à l’inventaire de 1669, pour donner la description de ce joyau^ le plus précieux peut-être du Trésor : « Un navire d’une cornaline M montée sur un pied d’argent doré esmaillé, auquel sont » trois armoiries d’or et les cordages, dans lequel sont » onze images représentant les onze mille vierges, six » desquelles sont d’or esmaillé, et les cinq outres d’arw gent aussi esmaillé, l’ancre et le surplus d’argent doré : » pesant, compris le fond de cornaline, vingt marcs : du » don d’Henry III, roy de France et de Pologne, le jour » de son sacre, fait en l’église de Reims, par Louis de » Lorraine, cardinal de Guise, évesque de Metz, frère du- » dit cardinal de Lorraine, à cause que Louis de Lorraine, » archevesque de Reims, son neveu, n’estoit pas encore » sacré, le 5 Février 1575. Au pied du navire est l’in- » scription suivante : o Henricus terlius, Galliarim Polo- » niarumque rex, hanc Dei-paræ Yirgini vaviculam, ut h res gallica, diuturnis jactata seditionum fluctibus, ope )) divina tandem conservetur in tranquillum, more majo- » rum inauguratiis posait, anno i51B, Et au bas sont » les armes de France et de Pologne. «

Ce reliquaire a aussi échappé à la Révolution ; on y remarque une foule de curieux détails. Le bâtiment, qui représente l’agitation de la France au moment du sacre, vogue sur une mer dont les flots, émaillés de blanc et de bleu, vont baigner les bords d’un rocher couvert d’un gazon vert émaillé et jonché de fleurs. Des poissons apparaissent dans les eaux. Le sommet du mât, terminé en couronne au chiffre du roi, est surmonté d’un ange argenté. 11 dirige les saintes voyageuses qui, au nombre de onze,

représentent les vierges de Cologne. Elles sont conduites par leur supérieure sainte Ursule, habillée en reine. Elle est vêtue d’un riche manteau émaillé d’or et de rouge, rehaussé par un plastron d’hermine ; à la main elle lient un étendard, sur lequel on lisait : Teligit diva hospice portum. Son front est ceint d’un diadème enrichi de pierres. Il est difficile de voir une plus belle figurine: c’est, sans doute, le portrait de la reine.

Quatre écussons sont appliqués aux angles du reliquaire : deux sont aux armes de France, les deux autres sont écartelées de celles de Pologne.

Sur une plaque fixée sur la face du rocher, on lisait* ces mots : Hœc merilo servatœ hœrenl insignia puppi.

Du côté opposé où se trouve l’inscription latine, on lit ces mots : De Sainte Ursule et des onze mille vierges.

Dans la conque du vaisseau, creusé dans une seule pierre qui peut avoir 7 à 8 pouces de long et 4 pouces de large, on voit une relique de sainte Ursule enveloppée dans de la soie rouge, avec une inscription gothique.

Haut., 46 c. — Larg., 28 c.

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