Da is du sacre de Louis XA^I
Voici la copie d’un billet qui constate la date de la confection, la description et la destination primitive de cet ornement, qui a déjà subi bien des changements.
Ce billet fut trouvé dans l’intérieur d’une des quatre pentes du dais d’argent démonté en Mai 1841, et dont les broderies découpées ont été immédiatement appliquées sur velours de soie cramoisi.
« Housse du cheval que le ray Louis 16 donna au Révé- )) rend Père dom Pierre-Gabriel Debar, grand -prieur de » l’abbaye et archimonaslère de Saint-Remy de Reims, » pour porter la Sainte-Ampoule à la métropole de Reims, » pour son sacre, le 17 Juin 1775, exécutée en pentes de > dais par demoiselle Le Rlanc, sur les dessins et sous les » yeux de M. Bernard, maître brodeur à Reims, dom Su- » laine et dom Grandpierre étant thrésoriers de Saint- » Remy, lesquelles ont été commencées le 24 Juin 1775, et » fmites (sic) le 30 Mars 1776, de même que la belle )) croix du ciel au milieu de laquelle est un Saint-Esprit ü sous la forme d’une colombe portant la Sainte-Ampoule, » et exécutée par les mesmes personnes. »
En 1 793, les ornements les plus précieux furent brûlés pour en retirer l’or et l’argent qu’ils contenaient. Quelquesuns échappèrent et furent, à cause de la beauté du travail, conservés au Musée de la ville, comme objets d’art et de curiosité. C’est ainsi que la chasuble du sacre de'Louis XVI et les quatre pentes de dais mentionnées ci-dessus ont
TRÉSOR DE NOTRE-DAME
élé sauvées de la destruction. Le temps de la Terreur passé, lorsqu’il fut ordonné que les objets sacrés, non vendus, seraient rendus au culte , l’église de Saint-Remi, devenue paroisse, recouvra, avec un ornement rouge, les quatre pentes de dais en question.
Le 18 Mai 1806, d’après l’estimation d’experts : MM. Colry , orfèvre, Massy , tapissier , et Vesseront , chasublier-brodeur , la fabrique de l’église paroissiale de Notre-Dame de Reims (la cathédrale) acquit de celle de Saint-Remi un ornement rouge et quatre pentes de dais, moyennant la somme de 2,600 francs (1).
Ce dais, restauré aux frais de la fabrique de Notre- Dame, par M. Vesseront, son chasublier-brodeur, a, depuis ce temps, appartenu à ladite paroisse. Il a servi, en cet état, jusqu’au 11 Avril 1841, à la procession de la Résurrection du jour de Pâques.
Sur un rapport fait par M. Brémard-Richard, le conseil de fabrique reconnut la nécessité d’une réparation totale, et adopta en tout les sentiments du rapporteur. « Eu égard à l’origine de l’objet et à la richesse de la » broderie , il a été décidé que les broderies -seraient » enlevées de dessus le vieux fond d’argent, nettoyées, y> réparées et appliquées sur velours de soie cramoisi; » la charpente, remplacée par une autre neuve, entière- » ment dorée; les franges unies, omises pour de plus ri- » ches à torsades et grelots sur petits bouillons. »
Ledit dais ainsi remis à neuf (M. Brémard-Richard, cliasublier-brodeur, l’ayant, en plus orné, d’une belle corniche
(1) 1® Quatre pentes de dais, en argent, et accessoires.
2° Un ornement rouge,— une chasuble et deux tuniques, velours cramoisi, brodées en or, — une chape, — deux étoles, — un manipule et une bourse.
3® Débris d’un devant d’autel, brodé or et soie, dont le surplus a été employé à faire partie de l’orfroi de deux chapes.
dorée, garnie de velours de soie cramoisi et d’ornements estampés et dorés) servit pour la première fois le Dimanche 20 Juin dans la procession du Sacré-Cœur de Jésus, faite' à l’intérieur de l’église.
Le 26 Juin 1843, par ordre du conseil de fabrique, la vieille charpente en bois reprit la place de la charpente en bois doré : h cette fin, elle fut recouverte de velours de soie cramoisi ; le bas des quatre bâtons ainsi que les moulures des traverses furent argentés ; un galon en argent fin, de 0™ 02c, mig en spirale sur le velours, le long des bâtons. La corniche, velours et cuivre estampé, fut supprimée et remplacée seulement par une frange unie argent fin, de 0«ï 02c de haut.
Ce dais a de hauteur 40c, 2^ 22c de longueur sur 65c de largeur. Les quatre pentes sont en velours de soie cramoisi , avec dessins en arabesques : au milieu de chacune, l’ancien reliquaire de la Sainte-Ampoule, tout brodé argent fin.
Les réparations qui ont été faites à ce dais, pour le mettre dans son état actuel, s’élèvent, en tout, à la somme de 3,060 fr. 70 c.