‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 257 sur 257 · C. Cinq Juifs qui lancent des pierres · texte numérisé non relu

C. Cinq Juifs qui lancent des pierres

D. Deux personnages qui pleurent la mort du saint diacre.

Sur la paroi,, Gamaliel et Nicodème lui donnent la sépulture.

P. Seize statues de prophètes.

Côté gauche.

1, 2, 3, 4 Quatre anges retenant les quatre vents de la terre.

5, G Saint Jean déroule un listel.— II écrit sur un pupitre.

7 Saint Jean continue à écrire.

8, 9 Anges tenant, l’un un listel, l’autre un livre fermé.

Côté droit.

18 Une femme, tenant un enfant, étend les bras pour échapper au danger.

16 Un dragon veut la dévorer.

17 Noire-Seigneur lient la coupe de ses vengeances.

15 Une femme debout sur un croissant.

14 Un autre dragon porte un cavalier.

13, 12 Hommes qui adorent la bêle.

Il, 10 Anges sonnant de la trompette et tenant un livre.

ADDITION Al! VOLIMK.

En publiant notre premier volume, nous faisions appel aux observations que l’on voudrait bien nous présenter sur V Histoire de Notre Dame de Heinis^ aux critiques que notre travail devait nécessairement susciter. Plusieurs personnes, dont le nom marque dans la science archéologique, M. de Gaumont, M. Viollet-le-Duc, etc., nous ont répondu par des éloges trop flatteurs (1) ; quelques pièces, à nous inconnues malgré nos recherches , nous ont été fournies : elles ont trouvé leur place dans le tome second. L’une d’elles ne pouvait y être insérée, et cependant elle était d’un haut intérêt : c’est un mandement de 1502, indiqué dans notre histoire, page 61, mais dont nous n’avions ni le texte ni la copie. Par une fortune inespérée, un texte original, un exemplaire écrit sur parchemin, avec le sceau épiscopal, était conservé précieusement à l’archevêché de Reims; nous le donnons ici en le traduisant. Guillaume Briçonnet, dans cet acte épiscopal , demande des secours pour le rétablissement de l’église, incendiée en 1481, et accorde des indulgences et autres biens spirituels aux fidèles généreux qui contribueront à la réédification de l’édifice. Cette pièce est importante ; elle constate les dégâts causés par l’incendie, la dévotion ardente de nos pères pour la relique du Saint-Laict , l’authenticité des

(1) Le Congrès archéologique tenu à Reims, en Juillet 1861, sous la présidence de M. de Gaumont , fidèle à ses usages de récompenser les ouvrages archéologiques d’une importance incontestable, décernait une médaille d’argent à l’auteur de V Histoire de Notre-Dame de Reims.

(Note de l’éditeur.)

cheveux et de la ceinture de la Sainte-Vierge, conservés dans notre église, et autres reliques insignes. Nous nous empressons de la publier avec les gravures qui appartiennent au tome

Puisse-t-il nous arriver encore de nouveaux renseignements , et des critiques d’autant plus amies qu’elles seront plus sévères! Nous avons voulu faire une œuvre consciencieuse ; mais nous comprenons, maintenant encore plus que jamais, combien la tâche était rude, l’entreprise difOcile; combien la description d’un monument tel que la cathédrale de Reims, demande de talent et de connaissances. Nous n’avons pas reculé devant le travail; le secoui’s de la Vierge auguste à laquelle nous avions consacré notre œuvre, ne nous a pas fait défaut En faisant connaître l’édifice construit sur l’emplacement même du premier temple élevé dayis les Gaules en son honneur, l’un des plus beaux monuments que lui ait dédiés la piété des siècles, nous acquittions le devoir d’un fils envers une mère vénérée.

Lettre de Guillaume Briçonnet, demandant des secours pour la restauration de la cathédrale (i502) (1).

Guillaume, par la miséricorde divine, cardinal de la Sainte Eglise Romaine, du titre de Sainte-Potentienne, archevêque et duc de Reims, premier pair de France, légat-né du Saint-Siège, abbé commendataire perpétuel du monastère et de tout l’ordre de Grammont,, au diocèse de Limoges, qui dépend, sans aucun intermédiaire, de l’Eglise Romaine,

(l) Guiüermus , miseralione diviiia, titulo Sanctæ Potentianæ , sacrosanctæ Ilomanæ Ecciesiæ presbiter cardinalià , archiepiscopus et dux Remensis, primus par Franciæ et Sanctæ Sedis Apostolicæ legatus natus, abbasqiie eommendatarius perpetuus monasterii et totius ordinis Grandimoiitis , Lemovicensis diœcesis , ad Romanam Ecclesiam nulle medio pertinentis, Universis et singulis présentes litteras inspecturis, lecturis , pariter et aiulituris, Salutem in Domino sempiternam. Virgo venustissima et omnium virtutum fioribus et aromatibus insignita ; Virgo Dei genitrix,

A tous et à cliacun de ceux qui verront, liront ou entendront lire ces lettres,

Salut à jamais en Notre-Seigneur.

La Sainte-Vierge, très-belle et si remarquable par les fleurs et le parfum de toutes les vertus ; la Vierge Mère de Dieu, dont le soleil et la lune admirent la beauté ; la Vierge, qui, par l’ineffable coopération du Saint-Esprit, a donné à la terre cette fleur si précieuse qui ne se flétrit point, qui vivra toujours, c’est-à-dire, Notre-Seigneur Jésus-Christ, le rédempteur du genre humain; la Vierge Marie répand sans cesse, pour l’expiation de notre fiagilité, ses prières auprès de celui qu’elle a nourri de son lait maternel; Nous regardons comme convenable, ou plutôt comme une dette sacrée, que les lieux qui lui sont dédiés, soient enrichis du bénéfice de la rémission des péchés et de la giûce des indulgences. L’insigne église métropolitaine de Reims, notre épouse, remarquable parmi toutes les églises du monde, par la beauté de ses pierres, par ses voûtes, par ses sculptures d’une perfection sans égale, par sa riche structure ; cette église, construite il y a longtemps, et consacrée à

de cujus pulclii-iludine sol et hina juiraiitur; floiem pretiosuin et iiiimarcessibileni et æternum, Domiimm nostiuni Jesuni Chiislum liumani geueris redemptorem , inefiàhili Spiritus Saiicti coopérante gratia produxit , et apud euin quem maternis lactavit uherihus , sedulas pro iiostræ fragilitatis expiatione pièces eüundit ; dignum ergo polius (lebitiim reputamus , ut loca in honorem soi nominis dedicata , graciosis remissionum impendiis et indulgentiarum muneribus decoremus. Cupientes igitiir ut iusignis et metropoütana ecclesia Remensis, sponsa nostra, quæ, inter omnes orbis ccclesias, niiris lapidibus et tabuiatu ac inenarrabilibus sculpturis . structuraque suinpluosissima , constructa diuhmi et fabricata ac Domino et Salvatori nostro Jesu Cliristo dedicata extitit, ignis incendio sæviente casiialiter concremata fuit adeo ut a fundamentis ipsius in pluribus locis eam renovare oportuerit , et iii qua de lacté et capillis ejusdem gloriosissimæ Virginis Mariæ magna portio et ejus zona, corporaque sanctorum martyrum, Nicasii ipsius ecclesiæ olim archiepiscopi, et Eutropiæ virginis ejus sororis, qui dictam ecciesiam suo proprio sanguine consecrarunt et ibidem martyrium pro Cliristi nomine passi sunt cum pluribus aliis sociorum etsanctorum corporibus et reliquiis, dignissime et honorifice reconduntur, congruis frequentetur honoribus et a Christifidelibus jugiter veneretur, ac in suis ædificiis et structuris débité reparetur, libris quoque, calicibus et aliis ornamentis ecclesiasticis decorelur, fuiciatur, muniatur et laudabiliter manuteneatur, ac in ea cultus augealur divinus, utque Ghristifi-

la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, a été victime d’un violent incendie, arrivé par cas fortuit, et tellement endommagée, qu’en plusieurs endroits il a fallu la rebâtir jusqu’aux fondements. On y conserve religieusement, on y vénère une portion considérable du saint lait et des cheveux de la Sainte-Vierge, la ceinture de celte glorieuse Mère de Dieu, les corps des saints martyrs, de saint Nicaise, autrefois archevêque de cette église, de sainte Eutrope, sa sœur, qui consacrèrent ce temple par leur propre sang, et y souffrirent le martyre pour le nom de Jésus-Christ ; les corps et les reliques de plusieurs de leurs compagnons et d’autres saints. Désirant donc que cette insigne église soit visitée avec les hommages convenables, et toujours vénérée par les fidèles; qu’elle soit dignement réparée dans ses édifices et structures ; qu’elle soit ornée de livres, calices et autres ornements ecclésiastiques; qu’elle en soit bien fournie ; qu’elle soit tenue toujoui’s dans un état digne de Dieu; que le culte divin y reçoive de jour en jour de nouveaux accroissements ; afin que les chrétiens s’y rendent plus nombreux, avec plus de dévotion et de plaisir, qu’ils prêtent la main, aident

deles prædicti eo lihentius devolionis causa confluant ad eamdem , et ad reparationem, conservationem, manutencionem, augmentationem aliaque premissa, manus porrigant adjutrices, qiio ex hoc dono celestis gratiæ uberius conspexerint se refectos. Nos cardinalis prefatus, de omuipotentis Dei misericordia, ac gloriosissimæ Genitricis ejus beatæ Marias patronæ nostræ, sanctorumque apostolorum Pétri et Pauli auctoritate confisus, omnibus et singulis utriusque sexus Christifîdelibus vere penitentibus et confessis qui ad privmissa opéra manus, per se, vel per alium, seu alios, porrexerint adjutrices, seu ad eamdem ecclesiam de bonis suis sibi a Deo collatis, siveque spei fuerint, legaverint aut donaverint, aut per nuncios seu per procuratores ipsius ecclesiæ vel alias personas transmiserint et erogaverint, loties quotiescumque id fecerint, centum quadraginta dies de injunclis eis pœnilentiis misericorditer in Domino relaxamus. Volumus insuper et de speciali gratia indulgemus quod benefactores Christitideles prefati omnium Missarum , Matutinarum, Yesperarum, Vigiliarum, et aliarum divinaium servitionura, orationum, jejuniorum , disciplinarum, abstineuliaruim et omnium sanctorum suffragiorum , et operum meritoriorum, quæ in metropolitana nostra Remensi ac aliis omnibus et singulis ecclesiis, monasteriis, prioratibus, capellis et oratoriis civitatis , diœcesis et provinciæ Remensis, quotidie fiunt et de cetero in perpetuum fient, una cum presentibus suis dcfunctis niisericordiam Dei expectantibus, participes sint et efficiantur. Ceterum, quia difficile foret présentes lilteras ad singula in quibus forsan eis opus esset loca deferri, decerni-

à sa réparation, conservation, appropriation, agrandissement, et autres choses susdites, et d’autant plus qu’ils s’y verront plus comblés des dons de la grâce divine. Nous, cardinal susdit, appuyé sur la miséricorde du Dieu tout-puissant, sur l’autorité de sa très-glorieuse Mère, la bienlieüreuse Vierge Marie, notre patronne, et des saints apôtres Pierre et Paul, à tous et à chacun des fidèles de l’un et de l’autre sexe, étant véritablement contrits et s’élant confessés, qui prêteront la main auxdits ouvrages, soit par eux-mêmes ou par un ou plusieurs autres, ou qui feraient participer cette même église aux biens qu’ils ont reçus de Dieu, ou qu’ils ont en espérance, qui les légueront ou les donneront, à ceux qui transmettraient leur offrande par des envoyés ou par les procureurs de l’Eglise, ou autres personnes, autant de fois qu’ils feront ces actes de généreuse piété. Nous leur remettons cent quarante jours des pénitences qui leur sont imposées. Nous voulons de plus, et par une faveur spéciale. Nous accordons que les susdits fidèles bienfaiteurs participent à toutes les Messes, offices de Matines, Vêpres, Vigiles, autres services divins, prières, jeûnes, disciplines, abstinences, suffrages des saints et œuvres méritoires qui se font chaque jour , et se feront à perpétuité dans notre église métropolitaine de Reims , et dans chacune des autres églises, monastères, prieurés, chapelles, oratoires de la cité, du diocèse et de la province de Reims; Nous voulons que les parents défunts de ces bienfaiteurs , lesquels attendent la miséricorde de Dieu, participent d’une manière efficace à toutes ces bonnes œuvres. Du reste, comme il serait difficile que les présentes lettres parviennent dans tous les lieux où il en serait besoin,

mus quoque earumdem litterarum presentium transcripto , manu alicujusque notarii publici, subscripto et sigillo dictæ ecclesiæ Remensis aut aücujus arcbiepiscopalis aut episcopalis vel alterius superioris cruce muuito, ea prorsus fides ubique locorum adhiberi debeat et adhibeatur quæ presentibus litteris adhiberetur, si forent originaliter exhibitæ et ostensæ pertinentibus, postbiennium minime valituris. In quorum omnium siugulorum fidem ac testimonium, premissas présentes litteras fieri et per secretarium nostrum sub signatum subscribi mandavimus, nostrique sigilli cardinalatus jussimus, et fecimus appensione muniri. Datum apud abbatiam nostram Grandimontis, sub anno a Nativitate Domini millesimo quingentesimo secundo, die vero sexta mensis Decembris , pontificatus sanctissimi in Christo Patris et Domini nostri DD. Alexandri divina Providentia papæ sexti anno undecimo.

Nous déclarons que la copie de ces mêmes lettres, faite de la main de quelque notaire public, munie de la signature et du sceau de ladite église de Reims, ou d’une église archiépiscopale ou épiscopale, ou de la croix d’un supérieur quelconque, puisse obtenir et obtienne partout la même foi, qui serait accordée à ces présentes lettres, si elles étaient présentées et montrées dans leur texte original à ceux à qui il appartient.

Ces concessions n’ont de valeur que pour deux ans.

En foi et en témoignage de toutes ces choses. Nous avons ordonné que les susdites lettres soient écrites et souscrites par notre secrétaire soussigné, et scellées du sceau de notre cardinalat ; Nous y avons fait appendre notre sceau.

Donné auprès de notre abbaye de Grammont, l’an de la Nativité de Notre-Seigneur 1502, le sixième jour du mois de Décembre, la onzième année du pontificat de Notre Saint Père en Jésus- Christ et seigneur Alexandre, par la Providence divine pape sixième du nom.

Custode. — 2® Sacrarium [grand portail, porche de droite], contenant le reliquaire de Samson.

Armoiries du Chapitre.

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