Histoire et description des tapisseries de la Cathédrale d'Angers
i-S premières tentures, dont nous avons connaissance, decem et septem veteres pailles, de quibus, diu est ecclesia consuevit parari, furent remplacées par I I cttlcztTce pzizctee dont les 92 meilleures
faisaient en 1297 le tour de l’église. J’en ai longuement parlé au chapitre des Bz'odez'ies et Tisszis ; inutile d’y revenir.
M. Ramé affirme avec raison (“), « que les peintures murales de « certaines de nos anciennes églises avaient pour but de simuler une « des tentures que l’on suspendait le long des murs les jours de fête. A l’appui de son asser- « tion, il cite une peinture sous le porche de la cathédrale de Dol, élevé au XlVe siècle « par l’évêque Henri Cœur, contemporain de Charles de Blois : sur un fond jaune, des « encadrements de couleurs variées, reliés entr’eux par des cœurs d’or, renfermant les « uns des lions ou des aigles, comme sur le pourpoint du prince, les autres des dragons « et des oiseaux ; les vides sont remplis par de grandes fleurs de lis d’argent. Entre « l’étoffe du pourpoint de Charles de Blois et la peinture, l’analogie est frappante.
« Pareille découverte a été faite à la Sainte-Chapelle des deux côtés de la porte d'entrée. « Là encore ce sont des encadrements géométriques qui renferment alternativement des « lions et des aigles, et, de distance en distance, la disposition symétrique des médaillons « est interrompue par des traits bruns en diagonale destinés à indiquer les plis d’une « draperie. »
Combien devait être bizarre cet ensemble de couleurs et de dessins différents ! A part quelques cidcitz'œ en broderie (^), les autres tissus, semés de dragons, de paons, de poissons, de lions ou de pommes de pin, n’avaient rien de religieux. Rapportées successivement d’Orient, ces précieuses étoffes convenaient à merveille aux salles de parement des grands seigneurs, à l’ornementation des échafauds dressés pour les mysth'es, les touz'nois
ou \ entrée solennelle des rois, mais pour les églises . C'était évidemment une décoration
provisoire et peu en rapport avec sa destination. Aussi avec quel empressement ne viton pas au XV® siècle, les églises commander de tous côtés de belles tapisserzes historiées, inconnues précédemment.
Est-ce à dire qu’aucune tapisserie ne soit antérieure au XV® siècle ? Non, mais ce n’est qu’à partir des premières années du XV® siècle, que l’usage en devint général. En France, la fabrication des tapisseries est antérieure à 1302, puisque, cette année-là, Pierre le Jumeau incorpora dans la maîtrise des tapissiers sarrasinois de Paris « une autre maziüre de tapissiers, qzie l'on appelle ouvz'iers de la haizte lisse au noznbre de dix (‘‘•) ».
Ce nouveau genre de travail me paraît avoir été importé d’Orient, pendant les Croisades,
1. Broderies et tissus conservés autrefois â la Cathédrale d’Angers, p. 5 et suivantes.
2. Bulletifi de V Association bretonne, année 1852, vol. III, p. 251 à 259.
3. (Anno) 1326 et die (Jeudi après la St-Laurent) prædictis, computavimus pannos sericos existentes in custodiâ sacristæ et invenimus ultrà numerum contentum in inventario sacristæ triginta pannos sericos, de qmhxxsçuatuorsunt ctim broderia, et triginta très, qui sunt in inventario sacristæ. Summa per totum LXIII panni. B. mun. ms. 653, p. 319.