III. VIE DE SAINT MAURILLE
Le 4 février 1460, le chapitre, désireux de compléter l’ornementation du chœur, marchanda pour 1 20 écus une tapisserie en trois pièces, représentant l’histoire de saint Maurille, destinée au jubé, du côté des stalles (').
Elle fut apportée de Paris le 20 janvier 1461, par Guillaume Dupuys, qui reçut deux écus et demi d’or pour sa peine. Les patrons, peints sur toile, étaient tendus toute l’année sauf les jours de fêtes (“) ; on les remplaçait alors par les tapisseries elles-mêmes, qui sont ainsi désignées dans l'inventaire de 1467 : Item tapiceria de vita sancti Maurilii c ont mens très pecias {p).
Après le changement du chœur en 1699, le jubé fut reconstruit au fond de l’abside : « On peut y voir, dit Lehoreau (*), la tapisserie ou histoire de saint Maurille, où il est « reçu par son clergé portant une aumusse noire sur les épaules, comme sont à présent les « chanoines réguliers de Saint-Victor. »
Elle disparut à la Révolution ; toutefois, en 1874, j’en trouvai un morceau, cloué dans un grenier, près l’église de la Trinité. Il était dans un état pitoyable, déchiré, demi pourri et troué par les rats. Malgré cela, il a pu être restauré avec succès : j’en donne la description plus loin.