‹ Histoire et description des tapisseries de la Cathédrale d'AngersChapitre 49 sur 86 · PIERRE DE ROHAN ET L’ORGUE · texte numérisé non relu

PIERRE DE ROHAN ET L’ORGUE

(Commencement du XV!" siècle.)

Un orgue portatif ('), d’une rare élégance, composé d’environ quarante tuyaux, disposés sur deux rangs, occupe le centre de cette composition.

Devant l’orgue est assise une princesse, revêtue d’une robe magnifique : elle accompagne son seigneur, qu’on voit debout près de l’orgue. Il chante, les yeux fixés sur un phylactère noté.

Le costume du noble musicien est d’une grande richesse. Sur son escarcelle, à demi cachée par son manteau, se lit la lettre P. Un page, coiffé d’une toque ornée de trois longues plumes de faisan, fait mouvoir le soufflet du petit orgue. Derrière la princesse, deux autres pages se divertissent, l’un à faire miauler un chat qu’il tient suspendu par la queue, et l’autre à faire aboyer un chien.

Cette belle tapisserie est évidemment l’œuvre du même artiste que la précédente ; on y voit les mêmes étoffes employées pour les personnages principaux que celles dont il avait revêtu les anges, les mêmes plantes, si fraîches et si variées sur le fond. Aussi, je ne crois pas être téméraire en disant qu’elle nous donne le portrait de Pierre de Rohan (désigné ici par la lettre P qu’on voit sur son escarcelle), et de sa deuxième femme (Marguerite d’Armagnac).

Pierre de Rohan s’était fait représenter sur cinq tapisseries d’une des salles du Verger, monté sur un fougueux coursier en costume d'homme d'armes, de guidon, d'enseigne, de général et enfin de maréchal de France. On peut en voir des dessins, à la Bibliothèque nationale, dans le recueil de Galgnières, t. VU, pp. 97, 98, 99, 100 et loi.

Elle provient du château du Verger.

Longueur : 2 "^,70; hauteur : 2*", 10.

I. Les orgues portatives, dont on rencontre tant de reproductions dans les manuscrits, les vitraux et les broderies, étaient fort en vogue au moyen âge. Elles étaient généralement peu volumineuses. Celles que reproduit la tapisserie sont déjà passablement importantes : il y en avait de plus grandes encore . Dans un compte de fabrique de la cathédrale de Nantes de 1567 à 1568 je Iis : Item,, le jour de Pâques fietiries, pour avoir fait porter une paire orgues sur les murailles de la ville pour la pyocession, XX den.

Le mémoire des héritiers de Gilles-de-Raix, entr’autres preuves de sa prodigalité, relate que ce prince avait pour sa chapelle plusieurs paires d'orgues, une des quelles il faisait porter à six hommes avec lui. {Histoire de Nantes de Traves I, p. 540.)

TAPISSERIES d’aNGERS.

CatbéDtale D’anger0.

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