SALON DES MUSES
Ce salon, comme la pièce précédente, avait perdu une grande partie de sa décoration primitive.
Les portes et les fenêtres étaient encadrées de marbre. Ce salon était, de plus, orné d’une boiserie formant douze panneaux sur lesquels étaient peintes les Muses; chaque panneau était encadré d'arabesques peintes et dorées. La description de M. Lemarquant nous donne ainsi le détail et l’emplacement de chaque peinture : « Entre les deux croisées, Apollon; sur la cheminée, Minerve; les quatre panneaux en face de la cheminée, les Muses de l’Éloquence et de la Tragédie, la Poésie lyrique et la Poésie héroïque-, à droite de la cheminée, la Comédie et la Musique ; à gauche encore, la Musique et la Muse de l’Histoire ; entre la porte et la croisée, la Muse de l’Astronomie et la Peinture. »
Toutes ces belles peintures, imitées de l’antique, avaient été défigurées à chaque restauration. En dernier lieu, on n’aurait plus reconnu la main du peintre du XVIe siècle qui les avait créées. Les arabesques avaient aussi subi quelques changements. Nous avons les calques de quelques fragments de cette riche décoration; on y voit clairement les parties modifiées.
La cheminée où était Minerve se terminait par un médaillon formé d’une guirlande de fleurs et de fruits sculptés, dans lequel est un Génie faisant un sacrifice. Ce médaillon paraît être du XVIe siècle.
Le plafond était peint sur plâtre. A chaque angle étaient deux satyres qui soutenaient un grand médaillon représentant un des quatre Éléments; dans les intervalles, quatre figures portaient des écussons aux armes du duc de Vendôme.
Les rideaux et les tentures étaient en damas cramoisi, avec bordures et franges en or et en argent. Au XVIe siècle, le mot cramoisi no signifiait pas exclusivement la couleur rouge; il indiquait aussi la perfection de la teinture (Voyez Rabelais) , mais au XVIIIe il n’avait plus que le sens de ronge.