VITRAUX
DH LA BIBLIOTHÈQUE
La fenêtre est ornée de ces fameux vitraux en grisaille d’Anet. La composition de ces panneaux, au nombre de huit, a été formée par des fragments trouvés pour la plupart dans les verrières des églises aux environs du Château d'Anet. Ces fragments provenaient des verrières achetées à la vente du mobilier du Château par un vitrier d’Anet qui s’en servait pour restaurer les vitraux des églises voisines. Les premiers ont été trouvés en 1845 , ce qui nous a donné l'idée de faire de nouvelles recherches dans les environs. En 1 86 5 nous avons eu la bonne fortune d'en retrouver encore, dont quelquesuns étaient cachés sous une couche de peinture dans les verrières. Ces précieux débris ont été réparés sur notre J instigation, sinon pour les restaurer, du moins pour réunir ces fragments épars et de plusieurs provenances en un seul tableau , et leur donner une apparence d'ensemble qui permette de pouvoir admirer ces belles peintures, uniques dans leur genre. Pour obtenir ce résultat, il a fallu, pour en comprendre le sens, compléter quelques morceaux cassés; beaucoup de ces précieux fragments ne feraient aucun effet sans cette addition. On a essayé de remplir les lacunes avec beaucoup de précaution.
La difficulté de cette restauration a été augmentée par la réduction de la grandeur des panneaux produite par le changement des fenêtres et la suppression des meneaux ; la largeur de chaque panneau a été diminuée de sept centimètres, et de trente centimètres sur la hauteur, ce qui a nui considérablement au développement des orne-
LE CHATEAU D’ANET
ments, dont quelques-uns ont perdu de leur élégance en se trouvant raccourcis. Ces huit panneaux contiennent à peu près un spécimen d’une bonne partie de la décoration des vitraux d’Anet sous Diane. Parmi les plus importants, deux sujets mythologiques ont pu être restaurés dans le sens primitif, malheureusement pas au complet, et ils nous donnent une idée approximative de ces magnifiques grisailles.
L’un nous représente Calisto changée en ourse par Junon; l’autre, Phaéton précipité du ciel; deux autres panneaux sont décorés, l’un par les armoiries de Diane, l’autre par une H formée de deux lauriers en arbres; les branches au milieu font la traverse de la lettre, et le feuillage du haut porte une couronne royale au-dessus des armoiries de Henri dauphin , qui sont en dessous; on y devine aisément une allusion très-heureuse et très-pittoresque pour Henri II. Les autres panneaux ne sont pas moins curieux. On y remarque un groupe de trois personnages.
Celui du milieu , qui est couronné, semble féliciter un poète portant une couronne de laurier. Ce tableau est d’une exécution précieuse. Un autre fragment nous représente un paysage avec des monuments et des ruines, comme on en ornait alors tous les tableaux. Tous ces sujets principaux forment chacun un tableau, entouré d’ornements dont les analogues se rencontrent dans les grandes arabesques de Ducerceau. Ces encadrements sont très- variés, et cette merveilleuse verrière en possède quatre ou cinq manières différentes. Deux paraissent avoir été répétées très-souvent, avec quelques variantes, soit dans les chiffres et les quatrains , soit dans les ornements détaillés qui ornaient ces magnifiques verrières.
Fragment d'un des vitraux en grisaille d’Anet.
CHATEAU D’ANET
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