CHAMBRE D’HONNEUR
Cette Salle est carrée. Une boiserie à hauteur d’appui, qui en fait le tour, est divisée en panneaux; les ornements qui les décorent sont imités et copiés de panneaux anciens aux chiffres de Diane et de Henri II, avec des emblèmes et des devises. Toutes ces peintures sont rehaussées d’or, ainsi que les encadrements.
Une très-belle tapisserie en soie, brochée d’arabesques cramoisies sur un fond jaune d’or, est appliquée sur la muraille.
Le plafond est composé de panneaux sculptés et peints; celui du centre est sculpté, il est décoré par trois grands croissants enlacés; des branches de laurier et des rosaces sont sculptées dans les vides; aux angles, les chiffres de Diane et de Henri II. Les autres panneaux qui l'entourent sont peints et décorés d’emblèmes et d’allégories à Diane.
Le panneau central provient de l’ancien plafond de la Galerie de Diane. Il est fâcheux que les autres panneaux sculptés provenant de la même décoration n’aient pas été réunis dans ce nouveau plafond , ce qui aurait donné l’ensemble d’un des compartiments de l’ancien plafond de cette Galerie qui n’existe plus. Cela eut été d’autant plus heureux que ces deux panneaux, étant cintrés en voussure, auraient sensiblement baissé ce plafond; la chambre, que la grande élévation du plafond fait paraître trop petite, en eût paru beaucoup plus grande.
Les trois portes de cette chambre sont richement décorées de peintures, les plus curieuses et les plus délicates que l’on puisse voir; elles sont également la reproduction d’anciens panneaux, mais tellement effacés que leur reproduction équivaut à une création.
Les verrous sont anciens et portent tous les armoiries, le chiffre et les emblèmes de Diane et de Henri; quoiqu’en fer repoussé, les moindres ornements ont une perfection que l'on ne pourrait exiger d’une matière plus facile à travailler.
On y voit un beau lit sculpté à colonnes, qui passe pour avoir appartenu à Diane.
Les meubles qui ornent cette Salle sont très-remarquables. Quelques-uns sont formés par d’anciens panneaux sculptés provenant de la décoration d’Anet du temps de Diane, un surtout dont les incrustations offrent les emblèmes et les chiffres de Diane.
C’est à cette Salle que finissent les appartements de l’Aile gauche et du Château actuel. Ceux dont la description va suivre n’existent plus. A la suite de cette Chambre on entrait dans un appartement composé de trois pièces. La première était une Salle à manger, la seconde un Salon, et la troisième une Chambre à coucher : c’était l’Appartement Royal, destiné primitivement au Roi Henri II pendant son séjour à Anet.
SALLE A MANGER
iV tous n’avons aucun renseignement sur la décoration de cette Salle au XVIe siècle; IN l'inventaire du mobilier au XVIIIe siècle nous apprend seulement quelle était decoree nar sept pièces de tapisseries de Beauvais, à personnages, mais sans donner leurs sujets. Les dessus de porte étaient ornés de tableaux dans des cadres sculptés et dorés-, l’un représentait Louis XIV, l’autre le Grand Condé , et le troisième l’enlèvement d’Iole par Hercule.
LE SALON
E Salon faisait avant-corps sur les jardins et terminait les appartements du premier étage C de l’aile gauche; cette pièce avait changé de nom plusieurs fois. On 1 a désigné aussi sous le titre de Cabinet ou Salle des singes, à cause de son genre de décoration; en dernier lieu il était devenu le Salon de compagnie.
Au XVIe siècle, la décoration en était magnifique; la boiserie était ornée de sculptures dont les intervalles étaient couverts de peintures dans le genre arabesque, où les su, ets grotesques dominaient. Les Arabesques de Ducerceau peuvent nous donner une idee de cette riche décoration ; quelques-unes de ses planches proviennent des ornements d’Anet.
A la fin du XVIIe siècle , une partie des grands panneaux sculptés de la boiserie ont ete remplacés par des tentures de moire blanche, brodées en chenille, représentant des singes; les montants de la boiserie peints sont restés, et les peintures furent restaurées et rechampies fond blanc. Nous possédons quelques calques de fragments de cette décoration.
Le plafond, sur le même principe que tous les autres, était formé avec des panneaux de plusieurs grandeurs; il était sculpté et doré; c’était un des plus beaux du Chateau. Les principaux panneaux étaient ornés de très-beaux cartouches portant les armoir.esde Diane et de Henri, sculptées sur un semis de croissants et deDdenlacés; les panneaux qui alternaient avec eux étaientornés d’arabesques richement sculptées, portant des emblèmes et des devises où le chiffre de Diane était prodigué, ce qui donnait à ce plafond un nombre infini de chiffres de Diane et de croissants d’un effet admirable. Toutes ces riches sculptures, rehaussées d or , portaient sur un fond qui était ou bleu, ou argent, ou noir. On y remarquait aussi le c > re de la Reine Catherine de Médicis avec sa devise et ses armoiries, ainsi que sur la serrure,
LE SALON
sur les verrous et sur les vitraux en grisaille de ce Salon, où ils alternaient avec ceux de Diane.
Il est très-fâcheux que la description de M. Démarquant, si précieuse pour la décoration du XVIIe siècle dans les appartements du rez-de-chaussée, ne soit pas plus étendue pour cette partie du Château habitée par les illustres propriétaires; la décoration primitive, qui y existait encore en partie, aurait dû fixer son attention par son ancienneté, et le porter à nous donner quelques renseignements, au lieu de terminer la description des intérieurs sans parler de l’ornementation de ces appartements-là.
A côté de cette Salle se trouvait le Cabinet du Roi, pour lequel on avait construit celle des deux trompes suspendues dans laquelle il était. La décoration primitive n’existait plus; elle avait été changée plusieurs fois, car chaque restauration détruisait les plus beaux ornements. En dernier lieu, il était orné d’ une tenture de perse; il servait d’oratoire au Duc de Penthièvre ; le tableau de l’autel représentait Saint Louis; on y remarquait aussi deux tableaux dont les cadres étaient ornés d’arabesques en argent, et quatorze miniatures représentant les Pères du Désert.
Une chaise et un tabouret sculptés étaient couverts de damas bleu, ayant au milieu un cartouche dont le fond était broché en or; ces deux sièges dataient du XVIe siècle. Un petit lustre en cristal pendait au plafond.