MOULINS
Dans le premier de ces actes, qui porte la date de 1034 et commence : « Au nom de la Sainte Trinité, moi, Urson, Chevalier, fils de Germon d’Ezy... », Urson se désiste d’un droit qu’il réclamait sur la moitié de l’écluse des moulins d’Anet, donnés aux Moines de Saint-Père de Chartres par son grand-père, dont les ancêtres avaient autorisé la donation.
Par une autre charte de io5o, la veuve d’un Seigneur d’Anet donne au Monastère de Saint- Père les moulins d’Anet. En 1 1 3 1 le Seigneur d’Anet donne au même monastère un moulin qu’il avait fait construire devant son château.
Philippe-Auguste, propriétaire d’Anet, acheta en 1195 aux Moines de Saint-Père leurs droits sur les moulins d’Anet, moyennant un revenu de six livres parisis, que le Roi s’engageait à payer chaque année à la Saint-Remi.
En 1257, un arrêt a été rendu déclarant que les Bourgeois et les habitants de la Chastellenie de Bréval ne sont plus tenus de faire moudre au moulin Soleret d’Anet.
Un bail sur papier, très-abîmé, portant la date de 1454, donne quelques détails sur un moulin à foulon, nommé le Moullin Foulleretç d’Anet. Il était loué, avec le jardin, une terre et un pré y attenant, moyennant 48 solz par an, payables à la Saint-Remi ; mais « pour considération de ce que led. moullin est détruit, pour aider à réédiffier plus aisément icelluy, luy avons octroyé et octroyons par ces présentes que il ne paiera, par chacun an des six premières années, que vingt-quatre solz parisis, lequel moullin led. Robert Bourges sera tenu réédiffier et mètre en bon et suffisant estât... »
Un autre bail, en 1467, du même moulin, par Jacques de Brézé, est ainsi conçu :
« Jacques de Breszé, Comte de Maulevrier, etc..., savoir faisons qu’au désir la requeste à nous présentée par Robert Bourges, nostre fermier du Moullin Foulleret en nostre Seigneurie d'Ennet , laquelle ferme luy fut baillée par feu nostre très chier seigneur et père, que Dieu absolve, avecques le bail duquel moullin luy avoit esté baillé une pièce de pré, nommé le pré Mauduit, duquel bail led. Robert Bourges joyst, sauf et réserve dud. pré, lequel a esté baillé et adjugé à Estienne Cadouel, comme avons esté informé par nos Officiers, à icelluy Robert Bourges, pour et en récompence dud. pré avons voullu et consenti que luy et ses hoirs jouissent de trois arpens et ung quartier de terre, tenant d’une part à la terre de lad. Foullerie et d’aultre aux terres de l’Hostel-Dieu, d’un bout au chemin qui mène au grant pont de nostre dicte ville d’Ennet... Faict en nostre ville de Nogent, le quatriesme jour de juin, l’an de grâce mil quatre cens soixante-sept. — De Breszé. »
En 1498, il est fait un bail d’un moulin d'Ennet nouvellement reconstruit, situé près le mur du parc et du Chenil du Château.
Une charte de 1509, suivant les lettres de Gilles Mainterne, Escuyer, Bailly d’Ennet, tabellion juré audict Ennet, porte ce qui suit :
« Noble et puissant Seigneur, Msr Loys de Breszé, etc..., pour l’augmentation de son domaine, a promis, consenti et accordé à honorable Jacques de Bourges, marchant et bourgeois de Paris, qu’il puisse faire construire et édiffier ung moullin à farine , huilles ou à tan , lequel
IO LA VILLE D’ANET
qu’il plaira aud. Bourges, au long et joignant le Moùllin Foullei et\ d Ennet aud. Bourges ap partenant, assis en la rivière d’Eure au-dessus du grant pont, au lieu où à présent sont les esseaulx dud. Moullin Foulleretz à une roue seullement, de pareille largeur que celle dud. Moullin Foulleretz, à la condition que led. Bourges sera tenu entretenir les chaussées du biéz d'icelluy moullin en bonne et deue réparation, et de payer, par chacun an, la somme de trentedeux sols parisis de cens annuel et perpétuel... »
Le fief du Moullin Foulleret d’Ennet, près des Cordeliers et de l isle aux Bruneaux près la porte d’Ezy, appartenait en 1 585 à Marie de Bourges, veufve de deffunct et honorable homme Jean Cousin, de son vivant Bourgeois de Paris, Orfaivre et Varlet de chambre du Roy, suivant une sentence rendue par le Bailly d’Annet, au sujet de la contestation qui s’était élevée entre ladite Dame et Robert de Bourges pour le bail du pré, nommé le pré Mauduict, dépendant dud. moulin. Les enfants et héritiers de Marie de Bourges ayant négligé de faire les réparations aux chaussées et bâtiments des moulins Foulleret, à huile et à tan, auxquelles ils étaient tenus, furent condamnés à déguerpir les lieux en faveur de très haulte et puissante Princesse Mme Marie de Luxembourg, Duchesse de Mercœur, etc...
Des Lettres du Bailly de la Principauté d’Anet en 1766 portent que Monseigneur le Comte d’Eu a cédé, à titre de bail, à François Le Breton, taillandier à Anet, le droit de construire, sur le fossé qui sert de séparation entre le pré, nommé leClos-aux-Bœufs, et les prés des particuliers, au lieu nommé le Petit-Pont, une machine servant à faire tourner une meule pour remoudre les cerpes, coignées, faucilles, cerpettes et autres taillants de sa fabrication, laquelle sera composée d’une roüe de ‘douze pieds de circonférence, et, pour lui faciliter le travail de laquelle, ils lui ont aussi cédé le droit de pouvoir ouvrir la rivière qui passe au bout dudit fossé, nommée des Dégouttes, et qui sert à faire tourner le moulin de ce lieu, laquelle ouverture sera de dix pouces seullement, et d en tirer six pouces d’eau sans pouvoir excéder ce volume... Ce fut fait et passé audit Anet, le vingt-sixième jour de Mars, l’an mil sept cent soixante-six...