FONTAINE DE LA COUR DE DROITE
Au milieu de cette Cour, on voyait une très-belle fontaine carrée, toute en marbre, jetant l’eau par des mascarons posés aux angles. Elle était surmontée d’un motif d’architecture en forme de tombeau, qui servait de piédestal à une admirable statue. C’était une Nymphe debout, paraissant sortir de l’eau et légèrement vêtue d’une draperie mouillée. Rien ne saurait imaginer la grâce et l'élégance de ce chef-d’œuvre de Jean Goujon, où il s'était plu à vaincre la difficulté d’une tunique mouillée, sur laquelle l’humidité de l’eau était merveilleusement bien rendue par son ciseau magique. Piganiol de la Force, en citant les curiosités d’Anet, nous en parle ainsi :
On voyoit une statue de marbre blanc, représentant une femme vêtue simplement d’ur.e chemise mouillée, dans les plis de laquelle le sculpteur avoit déployé tant d’art et en même temps une si grande vérité que l’œil s'y trompoit et hésitoit un instant, ne sachant s’il voyoit l’œuvre d’un homme ou une baigneuse véritable.
Voici le langage que, deux siècles avant, lui prêtait le Florentin Gabriele Simeoni :
Et, par ce que je apperçeu céans une fontaine qui ne parloit point comme tout le demeurant faisoit, j’entreprins, en passant mon temps, de faire la fontaine parler :
Aneta Nin/a era, leggiadra et bel la, etc.
« J’étais la nymphe d’Anet, plus gracieuse et plus belle qu’aucune de celles qui suivaient l’auguste Diane ; mais un amour nouveau me rendit rebelle à ses ordres pour suivre un objet mortel et vain. Pendant que j’errais ainsi d’un côté et de l’autre, la Déesse m’atteignit proche d’ici; elle me changea en fontaine, et de là ce dicton : qu’il ne faut suivre aucune autre que Diane. »
Cette belle statue a disparu-, on ne sait ce qu’elle est devenue, et la fontaine elle-même a été démolie en 1796.
En avant du bâtiment du vieux Château, sans être au milieu de la cour, existait au XVIe siècle un puits carré, couvert par une petite toiture à angle aigu, qui a été détruit en 1740. En [865 cette Cour a été transformée en parterre.
CHATEAU D’ANET