LA FRICHE
’est une grande pelouse, de près de dix arpents d’étendue, dont l’entrée est défendue»
V>par des barrières. De chaque côté règne une allée de tilleuls formant berceau; en avant de cette allée du fond se trouve un très-beau quinconce de tilleuls. Cette place, une des plus belles qu’on puisse voir, est d’une régularité parfaite. Son rectangle est décoré au milieu par une allée ronde de deux cercles d’acacias, avec un marronnier au centre.
A la fin du dernier siècle, elle fut vendue, comme tout ce qui dépendait du Château ; ce fut alors que, l’autorité municipale Payant soumissionnée et acquise, elle devint propriété communale. Les habitants, heureux d’ètre propriétaires d’une aussi belle place, prirent l’habitude de s’y réunir tous les dimanches. Des jeux de paume y étaient tenus par des joueurs assez habiles; le soir, la jeunesse y dansait en assez grand nombre, au bruit d’un orchestre quelquefois passable, qui attirait une foule très-nombreuse. Ces plaisirs champêtres, qui firent les délices de nos pères et égayaient notre enfance, furent très-suivis jusqu’en 1840, époque où nous avons eu le regret de les voir tomber en langueur et finir par passer tout à fait. Aujourd’hui cette place, qui naguère était sillonnée par une foule joyeuse et folâtre, est presque déserte; quelques rares promeneurs y passent encore, mais en petit nombre. Les jours de grande fête viennent parfois rompre cette solitude, et la foule envahit alors cette magnifique promenade, peut-être unique en son genre.
En 1860, les barrières de bois, en mauvais état, furent remplacées par une barre de fer passée dans une tète en fonte posée sur des bornes de pierre. Les acacias du rond central, devenus trop vieux, furent remplacés par des marronniers, un rang à fleurs roses et l’autre à fleurs blanches.
On arrive à cette place par la façade du Château, qui en est le plus bel ornement.