‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 79 sur 138 · LES SEIGNEURS ET LES PROPRIÉTAIRES · texte numérisé non relu

LES SEIGNEURS ET LES PROPRIÉTAIRES

DU CHATEAU D’ANET

n ne connaît aucun nom des anciens possesseurs de la Châtellenie d’Anet avant le commencement du XIe siècle; à partir de ce moment ils ne nous sont même révélés que par quelques rares parchemins, contenant soit une reconnaissance d’un droit, soit une donation quelconque, qui sont conservés aux Archives Nationales, mais en très-petit nombre, et ne donnent que fort peu de détails sur leur séjour et leur possession du Château. Cette obscurité ne cesse que vers le milieu du XVe siècle.

Urson. Le premier Seigneur d’Anet que l’on connaisse s’appelait Urson; il portait le titre de Chevalier, et était le fils de Germon, Vicomte d’Ezi; il habitait Anet en io3q. Ils sont tous deux cités dans une charte, par laquelle ils se désistent du droit qu’ils réclamaient sur la moitié de l’écluse des moulins d’Anet.

Robert, second Seigneur d’Anet, de Château-Neuf, Brézolles, Sorel, etc. Il avait épousé en secondes noces, entre 1045 et io5o, Adeline, fille d’Ingénulphe. Ce Robert s’étant retiré au monastère de Saint-Père, Adeline donna en 1080, aux Religieux, pour le salut de son époux et le repos de l’âme de ses ancêtres, d’Ingénulphe, son père, et de Jean, son aïeul, tous les droits de juridiction et de coutume quelle avait sur l’enclos de l’église, les moulins et la terre d’Anet.

Simon, seigneur d’Anet, se serait, d’après Doyen (Hist. de Chartres ), croisé en 1 io5 avec d’autres Seigneurs, sous l’éten-

dard de Boëmont, Prince d’Antioche. En 1 i3i, s’étant rendu coupable de quelques méfaits

LE CHATEAU D’ANET

envers les Moines de Saint-Père, qui l’avaient excommunié, il leur fit donation d’un moulin qu’il avait fait construire devant son Château d’Anet, avec le droit de justice contre ceux qui pourraient les inquiéter dans cette possession.

Simon d’Anet, fils du précédent, était Seigneur d’Anet en 1169. Par une charte latine de cette année, datée du Bec-Hellouin, ordre de Saint-Benoît, il donna aux Religieux de cette Abbaye toute la paroisse de Rouvre, située à une lieue d’Anet. En 1 180, il paraît comme témoin dans une charte latine; c'est la charte la plus ancienne que possède la ville de Dreux. Ce Seigneur a dû posséder Anet jusqu’en 1186, et avait de très-grands biens dans les environs-, il aimait beaucoup les Moines, comme on le voit par les donations considérables qu’il a faites aux Abbayes du Bec-Hellouin et du Breuil-Benoît, ainsi qu’au Chapitre de Chartres.

Philippe-Auguste, Roi de France, posséda Anet, en 1 190, et paraît y avoir séjourné assez longtemps, car il a daté d’Anet un certain nombre de lettres patentes, parmi lesquelles on remarque celles par lesquelles il exempta les habitants d’Anet des droits de péages et d’impôts. En 1195 il obtint des Moines de Saint-Père la cession de leurs moulins d’Anet, qui leur avaient étédonnés par Simond’Anet, moyennant une redevance annuelle de six livres parisis, payable au jour de Saint-Remi. La Châtellenie d’Anet est rangée, en 1202, parmi celles qui faisaient partie du Domaine royal. Le Prévôt du lieu rendait la justice aux habitants et faisait la recette des revenus du Roi. Dans la même année une transaction en forme d’échange fut passée entre Philippe-Auguste et Robert, Comte de Dreux, par laquelle le Roi cède à celui-ci ce qu’il possédait à Dreux des biens de Simon d’Anet.

Louis et Antoine de TRÉNiTEont été tous lesdeux Seigneurs d’Anet, de 1206 à 1222. Nous n’avons aucun document qui constate le temps qu’ils ont occupé ce Domaine, ni à quel titre ils le possédaient.

Louis VIII. En 1228 Anet était en sa possession, mais on ignore s’il l’a reçu des Rois ses prédécesseurs, ou s’il l’a eu à nouveau. Louis et Antoine de Trénite n’ont peut-être été que des délégués du Roi de France.

Saint Louis, Roi de France, trouva en 1226 Anet dans les biens delà Couronne. Un nommé Gohier d’Anet figure parmi les tenanciers de cette terre.

Philippe IV le Hardi, Roi de France, fils du précédent, le posséda au même titre en 1270. En septembre 1 280, Anet figure dans le douaire donné à Marie de Brabant, Reine de France, par le Roi Philippe son mari.

Philippe le Long, en étant le propriétaire en 1 3 1 6, le bailla, en supplément d’apanage, pour 3,ooo livres de rentes, à Louis de France, Comte d’Évreux, son oncle, fils aîné de Philippe le Hardi, par lettres patentes du mois de décembre 1 3 1 7 .

Louis de France et Philippe III de Navarre. La Châtellenie d’Anet appartenant à Louis

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