‹ Histoire et description naturelle de la commune de MeudonChapitre 8 sur 9 · GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

GÉOLOGIE

Sesoription géognostlqne cUs colliom de

Mendon.

Les collines de Meudon sont composées de matériaux extrêmement variés ; on y trouve représentées presque toutes les formations du bassin tertiaire de taris ; je vais successivement les passer en revue en allant suivant l'usage accoutumé,debas en haut, et je porterai principalement mon attention sur les choses les plus intéressantes.

Disons tout d'abord qu^anciennement les pierres de Meudon étaient connues sous le

nom de pierres à polir et à layer.Les premières étaient peut-être représentées par la pierre de liais susceptible de poli, et les secondes, sans doute les meulières, servaient aux laies ou routes de la forêt (1),

Le Bas-Meudon et les Houlineaux ont toujours attiré forteitient Vattention, par Texploilation d'une terre connue sous le nom de blanc d Espagne ou de Meudon, recherchée aujourd'hui dans toutes les parties du globe et employée sur tous les bâtiments qui sillonnent les mers, au fourbissage des objets en cuivre : c'est la craie épurée, débarrassée du sable qu'elle renferme, après avoir été délayée dans des baquets, et qui provient d'immenses carrières autrefois souterraines

(1) Suivant leur qualité, les carriers appellent aujourd'hui les premières : Rabot, Grignard, Caillasse^ Roche , Liais ^ Plaque dure employée pour daller, et Banc franc d'une épaisseur de deux à trois métrés.

et la plupart mainCenant à eiel ouvert. L'em^ plai considérable que les constructions des fortifications de Paris font de la chaux hy* draulique, vient de leur donner une très grande extension, et Ton voit plusieurs manèges mus par des. chevaux, où la craie privée de ses irflex, après avoir été préalablement écrasée, est mélangée intimement avec une certaine quantité d'argile plastique,qui, par une circonstance des plus heureuses, se trouve, dans cette localité, immédiatement au dessus de la craie. Cela fait, on laisse sécher à Tair libre des pains de cette craie devenue argileuse et jaunâtre ; on les porte ensuite au four et Ton obtient de cette ma* nière un siliciate de chaux hydraulique artificielle, à laquelle on donne aussi le nom de Pouzzolane (1). Cette substance éminem-

(1) t En 1685, il y avait déjà sur le territoire de Meudon , près de la Seine , un four à chaux (on se serrait

ment stimulante devrait bien être essayée^ pour le dire en passant^ dans Tamendement de quelques-unes de nos terres, à Finstar de ces départements où Ton tire déjà les plus grands avantages des calcaires argileux convertis en chaux semblable.

Je n'entrerai pas ici dans le détail des nombreux fossiles qui appartiennent à la formation crayeuse, cela me mènerait trop loin ; on. pourra d'ailleurs en trouver la description dans Touvrage classique de MM. Cuvier et Alexandre Brongniart. Rappelons seulement

probablement de craie) , calcinée avec du charbon de terre , et destinée aux bâtiments du roi et à ses maisons royales; elle revenait à raison de 34 sols par muid, mesure ordinairement rendue sur les lieux ; au sujet de quoi il y eut lettres patentes données en faveur de Henri Thory, à Versailles, le 8 avril. »

L'établissement le plus importanten ce genre qui existe aujourd'hui au Bas-Meudon est sous le nom de Bilbille , Fayard et compagnie.

qu'elle renferme de nombreuses bélemnites dont la forme et la couleur les ont fait comparer avec assez de justesse à des sucres d'orge, ainsi que les carriers les appellent. On y remarque aussi des ananchytes, radiaires non moins abondants que ces étuis coniques], qui paraissent avoir décidément rempli, chez des espèces de céphalopodes perdues, le même office que les os de sèches connus sous le nom de biscuits de mer. Quelques-uns de ces oursins ont sans doute été écrasés à Tétat vivant, et la matière gélatineuse qui s*en est échappée semble s'être pétrifiée sur les bords de la coquille. Les naturalistes qui voudront bien me parcourir, apprendront peut-être aussi avec intérêt que j'ai recueilli depuis longtemps, dans les mêmes crayères, des empreintes de hamites ; ce genre, voisin des ammonites, avait été jusqu'à présent considéré comme appartenant seulement à

la partie inférieure oa cbloritée ée cet in^-« mense dép6t ci étacé; lequel n'a pas moins de quinze cents pieds d'épaisseur au dessous de Paris» ainsi que le fameux puits artésien de l'abattoir de Grenelle en fournit la preuve.

De mèmeque.dansles carrières de Maëstrichl, en Belgique, on a découvert dans celles de Meudon des fragments de mâchoires ayant appartenu à un immense reptile de l'ancien monde, désigné sous le nom de Mo$asmru$ kofmanniy puis (tes débris de carapace de tortue de mer. Tout le monde connaît lies silex pyrcNoiaques (vulgairement pierres à £eu) de la craie, <ians laquelle ife forment des masses tuberculaîres empâtant une foiiie de fossiles qui semblent avoir servi de centre d'attraction à la silice» et transformes souvent en ha môme substance ; c'est dans les fissures de ces^ rognons, qui sont les équivalants de véritables couches sili-*

tefises • chez M . Langlois , aux Montalais, qu'on a observé la belle célestine ou sulfate de stronliatie parfaitement cristallisée. En- §û, ajottterai-je qu'il serait peut-être possible d'obtenir des nitriéres dans les mêmes lieux ; car les ëchantiilons de craie que j'en ai extraits, il y a plusieurs atmées, se sont ef* fleuris par suite de la présence d'un sel formé par l'action de l'air sur la potasse que la terre devait renfermer.

A la craie succède un calcaire récemment désigné sous le nom de calcaire pisolitbique tertiaire, quoiqu'il ne soit, à vrai dire, dans cette localité, qu'un simple conglomérat ou une brècbe crayeuse à ciment argileux, ainsi que l'ont reconnu, il y a déjà longtenops, les illustres géologues que j'ai déjà cités; il renferme des ossements roulés et parfaitement polis de lophiodon, d'anlhracothe* rium, d'écureuil, de tortue, etc., associés à des

coquilles d'eau douce, notamment deux espèces d'anodontes, grandes bivalves , à l'une desquelles M. Charles d'Orbigny a imposé le nom de M. Cordier^l'un des géologues les plus renommés de notre époque (1).

Vient ensuite Targrle plastique, formation bien distincte, dont les couleurs tricolores tranchent d'une manière si prononcée avec celle de la craie qui est d'un blanc uniforme dans l'intérieur de sa masse. Quand on laisse sécher tranquillement la première au soleil, et si Ton vient à la tailler et à la polir, on la prendrait alors pour un marbre aux nuances variées les plus vives.

(1) Ce gisement ossifère, sauf Tétage qui n'est pas le même, a la plus grande analogie avec ceux que j'aî dér couverts ^ il y a une dixaine d'années, dans le calcaire marin grossier de Nanterre et de Passy, olisen^ations qm tendent à prouver que notre terrain tertiaire n'est que le résultat d'un dépôt qui s'est fait lentement à Tembou* f;hure d'un grand fleuve, saas doute la Sçine actuelle.

De puissantes couches de calcaire grossier, dont Tensemble forme une masse qui n*a pas moins de 22 à 24 mètres d'épaisseur, terminent la coupe des Moulineaux, et se trouvent presque complètement traversées un peu plus loin par le passage du chemin de fer. On en extrait d'excellentes pierres de taille, qui, de tous temps, ont joui d'une grande réputation (1). Ces assises semblent avoir été sur quelques points disloqués parallèlement aux contours de la colline, par suite sans doute du glissement du calcaire grossier sur Targile plastique située entre lui et la craie ; les fa-

(l)cC'est de là queTon a tiré les deux immenses pierres qui forment'la cymaise du grand fronton de la façade du Louvre. Elles étaient d'un seul bloc; et quoiqu'on les ait sciées en deux , elles ont chacune 64 pieds de long ; ce qui est d'autant plus remarquable qu'elles n'ont que 8 pieds de large et 18 pouces d'épaisseur. »

( Piganiol de la Force , Nouvelle des' cription de la France, 1722.)

. ces de ces portions disjointes portent des traces profondes du passage des eaux. Ce cal* caire n'offre rien de particulier, si ce n'est, comme partout ailleurs, un grand nombre de moules de Ceritium giganteum et d'autres coquilles que je me dispenswai d'énumérer pour la raison que j'ai donnée plus haut; on y rencontre aussi des dents de squale parfais tement conservées, auxquelles les ouvriers attachent un prix exagéré depuis qu'on leur a l'ait connaître l'intérêt qu'ils pouvaient ap^ porter à ces sortes d'ob)ets.

Dansla tranchée qui aétë faite pour le passage du chemin de fer, on retrouve au dessus des Mouiineaux ou du calcaire grossier des indices du grès de Beauchamp, représenté là par d'énormes rognons isolés de grès qu'on peut regarder aussi comme les équivalants d'une couche de même nature.

Si les grès inférieurs existent à peine à

Meudon, il n'en est pas de même de la grande , formation gypseuse qui se révèle sur plusieurs points d'une manière bien caractéristique; die règne sans doute dans une grande éten-* due sous la forêt de Meudon, en aflTectant la forme de grosses masses ovoïdes semblables à celles qu'a laissé voir la tranchée du chemin de fer de la rive droite dans le parc de SaintCloud.

M . Obeuf, à qui je dois ce renseignemmt, exploite depuis longtemps du Ifjrpse sur le bord de ce dépôt dont la puissance chez lui, à la profondeur de 23 mètres environ» varieentre 2,274 et 2,699. Il y a recueilli aussi desossements de pachydermes et des rognons de strontiane sult'alée terreuse, analogues à ceux de Montmartre et des autres collines gypseu* ses. Dansun puilsque Tona creusée Bellevue, j'en ai vu sortir du gypse renfermant, comme celui de Ménilmontant, des rognons de silex

, blond ; plus haut , dans une fouUle que M. Guillaume fit exécuter au milieu de F ancien réservoir de Bellevue, la terre argileuse noirâtre qu'on en a retiréecontenait une foule de petites huîtres encore analogues à celles des argiles vertes de Montmartre, ainsi que des cythérëes qu'on retrouve à Ménilmontant . Enfin on peut aussi très bien reconnaître les traits de la formation gypseuse, dans la tranchée profonde du chemin de fer dé la rive gauche, prèi^ du chêne de Doisu.

Les plus importantes sources de Meudon et de Sèvres, sur lesquelles je reviendrai plus loin, s'échappent de la couche argileuse qui constitue la partie supérieure de ce terrain ; c'est la meilleure nappe aquifère du pays, ceUe qui ne tarit jamais.

C'est aussi du mélange de cette terre avec les sables supérieurs, qui seront bientôt décrits , que résulte la terre franche si com-

mune dans les parties basses du territoire de Meudon. C'est ce composte qui forme le sol des vignes.Ghose remarquable ! il existe presque partout,dans les environs de Paris où ces plantes sarmenteuses sont cultivées, un fond de terre analogue comme s'il leur était essentiellement propre ; mais ne serait-ce pas plutôt parce qu*ilse présente d'un côté, ordinairement en coteaux impropres au maniement de la charrue, et que, d'un autre, par sa nature légère, il est des plus favorables à la maturité du raisin? Meudon se trouve exactement dans les conditions imposées par Virgile pour la culture de la vigne :

« Neve tibi ad solem vergani \ineta cadenlem. « .

Des sables recouvrent donc les argiles du gypse et acquièrent une puissance qui va jusqu'à 40 mètres dans les sablonnières ouvertes sur différents points de la forêt; s'ils diffèrent

' peu de Tolume dans les grains d'an lieu à un autrejln'enest pas de même deleurs couleurs dues à la présence du fer dont je parlerai avec quelque développement à Toccasiondes argiles à meulières, et qui sont tant6t d'un blanc grisâtre ou jaunâtre, tantdtd'un rouge intense ^quelquefois yiolet;les uns et les autres brillent au soleil d'une infinité de petites paillettes de mica jaune ou blanc, substance en apparence d'une délicatesse eitrême, qui n'a cependant pas encore subi d'altération notable depuis tant de siècles qu'elle est là^ exposée aux intempéries; lorsque ces paillettes jsont très abondantes, on les recueille pour en faire, suivant leur couleur, de la poudre d'or ou d'argent. La grande verrerie de Se-

vres tire, comme on sait, tout le sablon dont eUe a besoin pour la fabrication de ses bouteilles, de deux grandes sablonnières ouver* tes au dessus de BeUerue*

Ge$ sableâ teUement tenvs» $î homogène \ suf de grandes éteiidiies, qu'un des meilleurs gécdoguesde la Belgique n'a pas l^sité à les attribuer à des émissions {éjaculadons^ suivant sa propre expression ) de sflice tenua en dissolution» ces sables» dis-je» offrent de temps en temps des petits galets desilex qui ne me permettent pas de douter un instant que cet ioimense dépôt de particules quartzeuses ait été, au contraire» formé à lai manière des dunes actuelles sur le bord de la mer ; je crois même pouvoù* émettre Fopinion que, non seulement ils se sont accumulés de la sorte» k une époque reculée où la mer> pénétrant encore dans le bassin de Pa-* rjs, le remplissait comme un golfe dont les»

coteaux de Meudon auraient été Tun des rivages ; mais encore , que i^ élémi»tts^ examinés au microscope, représentent fidèie^ ment le quartz et lemicai arrachés par Tef-i

'fort des eaux, à des terrains primitifs semblables à ceux des rochers de la Bretagne; * quant à la troisième substance élémentaire du granit ou du gneiss qui a dû résulter de celte désagrégation, et la plus altérable de toutes, on peut la retrouver jusqu'à un certain point dans les argiles qui recouvrent les sables sous forme d'alumine provenant de la décomposition du feldspath. On conçoit très bien qu'après le dépôt des premières, l'argile tenue la dernière en suspension au milieu d'un liquide de moins en moins salé, soit ve^ nue se déposer à son tour au dessus de tous les autres terrains ; et comme presque toute la contrée devait être à peu près de niveau dans l'origine, la mer ne pouvant plus franchir l'obstacle opposé par la présence des sables accumulés et des argiles, des eaux douces ou lacustres l'ont définitivement remplacée, tout en augmentant le dépôt ar-

gileux et en pennettant à des êtres d'un au-' tre ordre de se manifester.

La plupart des sources ou toutes celles qui sont les plus élevées dans la forétdeMeudon, sourdent de la partie inférieure de ce terrain, et ne font que passer sur les argiles qui recouvrent le gypse ; elles résultent de l'infiltration des eaux pluviales à travers les couches perméables des terres supérieures, et comme elles ne rencontrent dans tout leur parcours que des argiles siliceuses et alumineuses ainsi que des sables , elles restent douces, dissolvent bien le savon , et sont très recherchées par les promeneurs en été à cause de leur fraîcheur et de leur pureté ; telles sont les fontaines d'Àubervilliers, ancien écart de la paroisse de Meudon, où il parait y avoir eu des ruines ; de Triveau ; de la Garenne; du Rossignol et des Lins. Cependant il y en a de ferrugineuses et sur le bord du chemin, près

de l'étang deChalais, j'en citerai notanmieiit une de ce genre qui pourrait être mise à profit comme source min érale . Je dois aussi meutipuner des puits à BelleTue, qui pourraient bien être alimentés pardes sources semblables aux premières , à moins qu'elles ne proviennent plutôt des argiles du gypse et dont l'eau possède une légère amertume : en effet, par l'évaporation, elledonne des sult'a les terreux qui cristallisent en aiguilles ; à cela près et quoiqu'elle cuise difflcilem^t les légumes tels que les haricots, elle est assez bonne à boire. Le yiUage de Meudon possède plusieurs sources importantes; mais il est bien à regretter, pour le dire en passant, qu'elles soient pres« que toutes dans des propriétés particuUères et qu'il n'y ait pas une belle fontaine, comme je l'ai déjà signalé au commencement de cet ouvrage, sur la place même de ce village si

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popiileux. Noas vi^Tons tout à l'heure d'où il tire prjinâpaleineiit son eau.

EqfiQ le terrain qui occupe à Meudon le plus d'éteiidue , du moins en superficie^ est celui que Kon connaît sous le nom d'argiles supérieures à meulières : c'est lui qui constitue le sol proprement dit de la forêt; c'est lui qui, grâce à sa presque imperméabilité»

entretient une fraîcheur perpétuelle et salutaire autour de la racine des arbres; il alimente les étangs qui fournissent à leur tour <te Teau douce à Meudon ainsi qu'à Bellevue ; aussi, dans les grandes sécheresses, la plupart des sources qui s'échappent de ce terrain et même des sables situés au dessous, en apparence magnifiques, tarissent-elles rapidement. Les jolies maisons de campagne de Bellevue sontmalbeureusement à la merci de <»tte vicissitude ; il n'y aurait qu'un moyen,

suivant moi, pour y amener de l'eau en abon-

— iT8 — dance : ce serait d'établir de grandes citernes

sQrIepIateaudeêBruydresâeSèTre8,d6stitiées à retenir le plus possible <ied eaut ploTiales qui tombent dans cette localité; en un mot, îl faudrait faire, oe qu'on exécuta jadis pour le château de Meudon , en constrnmnt Té* tang des Foueeaux, tequd, après avoir reçu toutes les égoutures de la terre au moyen de rigoles^ les transmet au grand bassin de Bel^ Air dans le petit parc où elles acbèyent de s'épurer. Ce sont, comme je m'étais prcMoiis de le dire, les eaux de ce bassin, qui, après le château, alimeutént le village de Meudon moyennant des concessions. U n'y a qu'ua robinet à l'usage du public, c'e$t celui de la Voûte, et encore il faut faire une véritable ascension pour y parvenir. On rendrait asstt^ rément un grand service au village, en faisant descendre la conduite de cette eau jusque de» vaut la porte de TégUse.

Mais revenons aux ai^gfîles qui nous offri*^ roiit des miaeraia assez intéressants pou?

que j'aie cru devoir leur consacrer un assez long paragraphe^ Elles renferatent , comme tout le monde le saît^ des pierres désignées sous le nom de meulières, recherchées, de^ puis un t€»iips iDEiméœorral, pour les coih §tructions dans les lieux bas et Imandes à cause de leur inaltérabilité et d'une poro^té qui les T&ké si propres à recevoir la chaux IptydrauUqiie. On voit encore dans les bois de GaUardon et dans les Bruyères de Sèvres, ces dernières ayant appartenu autrefois au do*' maiiie de la couronna, de nombreux trous remplis d'eau croupissante, d'où Ton a extrait, m'a^t-on assuré , une partie des pîer^ res qui entrât dans la coastruction des mmft, des terrasses, etc., èù parc de Versailles, ^exploitation de cette roche dans teules les loealrtés qui en renferment, n'a pas disceo^

tînûé ; la consommation e^ est même devenue effrayante ; la ville de Paris s'est d'abord fait avec cette roche une haute ceinture de neuf lieues de longueur ; elle s'est ensuite élevé des abattoirs, des marchés, que saisje? Le cholëra-morbus lui a valu en moins de cinq ans vingt -cinq à trente lieues d'aqueducs construits exclusivement encore avec les mêmes matériaux ; enfin , loin d'en voir diminuer l'emploi, on en tire aujourd'hui de tous les côtés , à quinze ou vingt lieues à la ronde, pour revêtir les fortifications de Paris sur une étendue non moins grande. Encore deux ou trois entreprises de ce genre et cette roche deviendra d'une rareté extrême aux environs de Paris ; car il faut bien se persuader qu'elle ne se reproduit pas plus que le charbon de terre, ainsi que beaucoup de personnes le pensent sérieusement : i( Non crescunt lapides, » a dit

Linné. Du reste, il n'en resterait pas pour

graine : on F exploite maintenant avec le plus grand soin , et les anciennes fouilles sont même reprises avec avantage.

Quoi. qu'il en soit , cette roche ne jouit pas partout des propriétés qui la font rechercher pour prendre le mortier et résister au boulet au moins . aussi bien que des briques ; elle n'est pas toujours poreuse, et ce n'est guère que sur le bord des grands plateaux qu'elle est le plus cellulaire et conserve le nom de meulière, tandis qu'elle devient compacte et s'appelle caillasse (1) vers le centre ; on le concevra aisément si Ton a égard à la manière dont jusqu'à présent on

(i) Ces deux noms lui sont imposés par les carriers de Meudon , qui prétendent y voir deux espèces de pierres bien dislincles, taudis que ce ne sont réellement que deux rariétés de la môme roche, considérée géolo^iquctnent.

a supposé que la meiilière s'est formée.

L'explication que je Vais chercher à en donner est susceptiblei il est vrai, de recevoir un grand ébranlement, depuis qu'on a re-* connu que Télectricité joue un si grand tàle dans la cristallisation, le dépiart ou Thomogénéité de tant de substances, rtelles que celles des filons dans les roches primoréia* les,tels que les silex dans le calcaire sédimentaire, les pyrites dans les argile, etc. » ces derniers ayant évidemment fait partie intégrante des dépôts informes dans lesquels ils se trouvent. En attendant que F étectro^ chimie prévale dans ce cas-ci, si nous ne consultons que ce qui se passe dans tout dépôt obéissant purement et simplement aux lois delà pesanteur, et si je m'étaie surtout de ce que j'ai observé près des Geysers en Islande (1), nous dirons que la matière des

.(i) Description géologique de V Islande et du Groen-^

m^idr^j priaiitivement gélatineuse > devait m déposQT çoofusément sur les bords des marais» de là sa porosité ; et UanquiUo-ment vers le centre , de là sa compacité ; c'est pour Isi même raison qu^on ne trouve guère de traces d'animalisation (lymnées, planorbes, rhyzômes de nénuphar, graines de kara, etc.) que sur les rives de ces anciens lacs d'eau douce, comblés aiyourd'hui, tandis qu'on en cherche vainement vers le centre, là où la profondeur des eaux etTabondance de la silice qui se précipitait n'auraient pas permis à des animaux et à des végétaux de vivre.

D- après les considérations que je viens de donner relativement à la formation des meulières d'eau douce , je conseillerai , quand

landy page 180 , dans le voyage scientifique de ia cor- ▼4U4) U Rpehcrche, pendant les annéti 1SS6 et 18|5S.

on voudra les obtenir poreuses » de les re* chercher dans la ceinture des plateauix qui lesrecèlent, et de s'abstenir» en tous cas, de fouiller les pentes inclinées où elles n'ont pu se former dans cette situation ; si Ton en trouve, elles sont ordinairement en fragments provenant des éboulements du plateau supérieur ot disséminées dans une terre àrgilo-sablonneuse .

Je dois cependant faire remarquer que, dans celte espèce de conglomérat , se voient les plus grands blocs de cette pierre, qui, par suite de leur pesanteur, tendent toujours à descendre dans le fond des vallons ^ mais, indépendamment de leur rareté , ils ont aiequis une ténacité assez, grande pour qu'ils soient difficiles à exploiter. A raison de leurs anfractuosités et de leurs couleurs vives dues à la présence du péroxide de fer, les niasses

de ce genre sont ordinairement recherchées pour faire des grottes ou des rochers dans les jardins d'agrément.

Rétrospectivement et sous le rapport de l'industrie, je crois devoir ajouter à la fin de ce paragraphe que Ton trouve dans le voisinage de rétangdes Fonceaux une terre bolaire jaunâtre, très propre à là fabrication de la brique et de la poterie grossière, sans addition d'aucune autre matière; cette terre, qui forme une couche de deux mètres environ de puissance, est située au dessus des argiles à meulières et se confond avec la terre végétale.

Minwais de fer el de awmi^né— «

La partie supérieure du sol de la forêt de Meudon , notamment les argiles à meulières, renfeiment deux espèces de minerais dont Tabondance et la structure doivent offrir le plus \if intérêt relativement à la géologie du bassin de Paris. Je parlerai d'abord du fer qui s'y trouve à Pétat de pisolithe hidroxidé, dont l'élude a. été négligée jusqu'à présent , et ferai connaître sa richesse métallique.

Il forme généralement des nids ou amas plus ou moins alongés au milieu de Targiie et dans les interstices que laissent les meu-

Itères entre elles ; il se présente , suiyant les localités , en grains isolés ^ depuis le volume d'un gros grain de plomb ou de chenevîs jusqu'à celui de nodules pugillaires , composés eux-mêmes de grains semblables fortement agglutinés par un ciment argilo-ferrugineux, et dont Fensemble prend alors la contexture tuberculaire ; ils ont , du reste , Tun et l'autre , aussi bien dans les formes qu'ils affectent que par leur manière d'être » la plus grande analogie avec les limonites de la Bourgogne, et mériteraient certainement ' d'attirer l'attention si le métal qui en provient était moins commun dans la nature et le combustible plus abondant autour de nous.

Le fer pisolithique hidroxidé de Meudon ne le cède à aucun autre de ce genre , en richesse métallique ; il donne , étant bien lavé»

33 pour cent d'une fonte très belle (1) , et 29 pour cent de gangue insoluble dans l'acide hydrochlorique.

Ce fer limoneux est très abondant sur quelques points de la forêt domaniale , notamment : sur les Bruyères de Sèvres, dans une sablonnîère près de la porte Dauphine ; à Vilbon au dessus de la sablonnière ouverte à côté de l'étang de ce nom ; près de la porte de Châtillon; enfin dans l'ancien parc de Bellevue. Je Tai d^ailleurs observé partout où Ton a fouillé les argiles supérieures.

Les nodules intermédiaires » entre la plus petite et la plus grande dimension , que je viens d'établir, sont généralement poreux à l'intérieur el à l'état de peroxide rouge à peine hydratée , comme s'ils avaient été for-

(1) On exploite , dans des contrées où \e bois n*esl pas rare du minerai qui ne donne que 27 pour cent d« fonte.

tement chauffés , tandis que la croûte extérieure est d'un brun jaunâtre, luisante, et reste entièrement hydratée. Les gros tubercules de ce minerai offrent aussi cela de remarquable, qu'ils sont souvent encroûtés de silex meulière , encroûtement qui a dû avoir lieu postérieurement à leur formation (1).

Le fer pisolithique en question se retrouve aussi au milieu du terrain de transport dont on commence à apercevoir les traces à Meudon , au niveau du chemin de fer ou à 70 mètres au dessus de celui de la Seine. Dans la tranchée même de ce chemin , près de Bellevue , là précisément où a eu lieu la catastrophe du 8 mai, on voit ce minerai associé à

(1) Cette meulièie, à Fétat rudimentaire, seretrouve» du reste, disséminée au milieu des mêmes argiles; et je ferai aussi remarquer que Ton obtient , par le lavage de cette terre, un sable rougeâtre très grossier, sans doute contemporain de son dépôt, et qui n'a pas le moindre rapport avec celui que cette formation d'eau douce recouvre.

des orbîculw sâieeux Iqrdratës {i Ces deux eohcrétioDS ont sans doute été for« mées dans les méiàes circonstances, c'est^-à" dire au milieu de la terre argileuse roogeàtre interposée entre les caiUoux roulés et posté-rieurement au dépôt du diluTium*

Indépendamment du fer pisolithique que je viens de signaler, on voit encore » dans les mêmes localités à meulières » et tout près de la surface du sol , une brèche assez reoiar^ quable; elle est formée : 1^ de grains de fer que l'on rencontre fréquemment à l'état libre dans les fossés et le long dea^ chemins de la forêt où ils sont devenus le jouet des eaux ; 2'' et de fragments de meulières arradiés les uns et les autres de leur gîte primitif; ces éléments ont été réunis ensuite par de Fhydrate de fer, de manière à constituer une roche très résistante employée aussi dans les constructions.

Enfin» poar ne rien omettre des particularités intéressantes que le fer m'a offertes dans la commune de Meudon, je dois aussi mentionner avoir retrouvé tout à fait dans la partie supérieure des sables protéiques de M. Alatandre Brongniart, fortement colorés en rouge lie de vin, d'assez gros nodules de fer pisolithique, rares, il est vrai, et offrant cela de remarquable» que l'argile qui est unie au fer dans les cas précédents est ici remplacée par du sable» J'ai aussi recueilli dans une autre localité de la forêt de Meudon» des rognons de véritable fer hématite mamelonné et à fibres divergentes.

Passons maintenant au minerai de man*ganèse.

Les iUustres auteurs de la description géologique du b^sin de Paris ont» depuis longtemps» signalé la présence du manga-* nèse dans ses environs où il existe » tantôt

en petits rqgnpiis leaUciilaices ai| sm^m du. gypse et de. ses . argiles, tantôt ^ dand^ites^ superticielles à la surface des fe«UIeti^.de ces dernières ; on l'a reconnu aussi tout récem-* . ment mélangé intimement avec le cobç^t.

dans la partie supérieure des grès d'Orsay fit de Dampierre, près de Versailles.

Aujourd'hui, je puis l'indiquer dans nu terrain plus élevé que toutes les couches qui l'ont offert jusqu'à présent, et là» il y est d'une abondance telle qu'il mériterait presque d'être exploité. Je m'eQq)res$e d'abord de dire que je dois la connaissance decegi* sèment remarquable de .manganèse à M. Chambellant.

On l'a découvert tout récemment, près de la porte de Ghàtillon, en faisant des fouilles pour extraire de la meulière destinée aux fortifications de Paris : à trois mètres environ de profondeur, il forme des veines as-

8ei puissantes, de deux à trois pouces d'épaissear, situées horizontalement, mais dont rensemble peut être considéré comme un véritable nid, forme sous laquelle se présentent habituellement, ainsiqu'<»ilesait,les minerais de manganèse dans les terrains de sédiment ; il git au milieu d'une argile tricolore (jaune, rouge et blanche) qui enveloppe des nmiliëres zum remarquaUes par leur pureté que par leur structure caverneuse, due en grande partie à des racines de plantes aquatiques silicifiéea. Ces meulières recouvrent des sables très puissants, et toi^t ce système repose sur la grande formation gypseuse. Ayant examiné ce minerai avec une attention toute particulière, je lui ai trouvé les caractères {rfiysiques suivants^ :

Côntexture subgranulaire; d'un noir mat avec reflets bleuâtres, donnant par Vécrase-

ment une poussière semblable à du noir

animal ( celle des grains parfaits esl cependant d'tin gris d'acier); très tachant, assez léger, happant fortement à la langue, trè$ hydraté si ce n'est les grains où le manganèse est sans doute à un degré différent d'oxidation que celui du minerai à l'état terreux ; après le grillage, le barreau aimanté l'enlève presqu' entièrement ; d'une extrême fusibilité au chalumeau en un globule noir, vitreux, très difficile à écraser et dont la poiis<> sière est brune.

Analysé par M. Emile de Chancourtois, élève-ingénieur très distingué de l'école des mines, il a donné pour résultat :

c Perte par calcination. . . 0, i6| Matières fixes 0,84) *^^^

Oxide rouge de manganèse . 0, 41

Péroxide de fer . . . 0, 10

Résidu argileux ... 0,29

Alumine et chaux. . . 0,03

Diaprés tous les caractères que cette substance a offerts, j'ai donc été porté à la regarder comme un hydrate de deutoxide de manganèse ferrifère terreur ou comme une anb^ance minérale très voisine de la brau* nite terreuse, ne devant la propriété de happer fortement à la langue et de fondre si facilement au chalumeau, qu'à la présence de i^argile calcarifère ayant servi de fondant, et celle d^ètre attirable au barreau aimanté, qu'aux molécules de fer réduites à l'état de deutojLide et entraînant avec elles toutes celles de manganèse.

Dans le voisinage de ce gisement et au dessus des meulières, on a aussi recueilli un galet de silex pénétré de manganèse et dont les belles nuances veinées le font ressembler de la manière la plus frappante au jaspe jaunâtre renfermant la même substance, et provenant de Nontron dans la Dordogne.

Quant à Tépoque géok)giqiie à stôsigner à ^es deux miiieniift de fer ^ de mangmèse^ je crois pravoir la rapporter au grand sold^ transport ou dihiviam, bien qu'il en existe à peine des traces sur les points élerés oii ils gisent. Ces métaux hydratés y ont été apportés évidemment par une cause qui a agi sur toute la surface du pays. Je ne serais pas même éloigné de croire que le fer dont Toxide colore si virement la partie supérieure de nos sablonnières ou grès et même le manganèse cobaltifère qui s'y trouve accidentellement, provinssent de la même source^ après avoir, bien entendu, traversé à l'état de dissolution, et en vertu de leur pesanteur spécifique, les argiles colorées situées au dessus et qui leur doivent aussi leurs nuan- . ces marbrées. G^est dans ce passage qu'ils auraient formé les dépôts que nous venoiis

de voir et sur lesquels j'ai désiré particulièrement attirer l'attention des géologues et des Biétsdhirgistes (t).

(1) Les personnes qui ont suivi le cours de minéralogie de M. Alexandre Brongniart, au MuséuDii se rappeU leront peut-être que ce savant professeur, h roccasion de la limonité sablonneuse, en plaques étendues dans la sa* blonnière de Viroflay, près de Heudon, a fait remarquer que l'on avait cru y reconnaître des indices d'or. Je ne sais si les sables, qui entrent dans la composition des bouteille» de Sèvres et qui proviennent de Meudon, en renferment aussi, ou s'il est disséminé dan» la terre avec laquelle les creusets sont construits; toujours est-il que Ton rencontre assez fréquemment des grains d'or assez gnos dans la partie inférieure des parois de ces vases lorsqu'on les brise.

Traces anciennes et conerélloiis calcaires

de la Seine,

La base des collines de iMçudon parait avoir été baignée jadis par la Seine , à an niveau bien supérieur à celui que ce fleuve| peut atteindre aujourd'hui dans ses plus for-i tes crues ; à droite et à six pieds environ de hauteur au dessus du pavé de la route départementaie , il est facile de reconnaître que la partie inférieure du calcaire grossier qui, aprèss'être disloqué, a évidemmentglissé là , sur les argiles plastiques , porte des traces d'érosion qu'on ne peut attribuer (|u*au passage d'eaux puissantes. Un cop-

glomérat composé de terre végétale Noirâtre, de petits fragments roulés de calcaire crétacé, avec une foule de cyclost^^mes, d'hélix et surtout la présence de lymnées, situé au dessus du calcaire, vient singulièrement fortifier cette présomption. Il est, du reste, difficile de ne pas trouver dans cette couche meuble, aux fragments de calcaire près, une grande analogie avec la terre dont les berges actuelles de la rivière se trouvent formées.

A présent que la Seine ne remplit plus le bassin circonscrit au sud-ouest par les Moulineaux, les Montalets, etc., et a cessé de recouvrir par conséquent unegrande partie de la plaine de Grenelle ; aujourd'hui qu'elle s'est encaisséeà quelques centainesdepasplusioin, cette rivière a donné naissance à un phénomène géologique des plus curieux; les naturalistes de la capitale auront là, presque sous

leurs y eux,une puissante formation icaiieairè encore en àctmté, e:xemp)e remarqùaWe qu^ils ne croyaient guère exister si près d'eux. Aussi le fait que je vais faire connaître ne pourra je Fespère, manquer d'intéresserégalément les ingénieurs des ponts et chaussées, chargés de la navigation desfleuveset rivières*

On sait que les tlots qui se forment dans lé cours de la Seine sont généralement composés de sable et de limon ou de matières d'attérissement que les plantes aquatiques, puis des saules,aohèvent d'émerger au dessus des plus forts crues ou empêchent d'être emportées par elle ; on sait aussi que les eaux do même fleuve tiennent en dissolution une petite quantité de carbonate calcaire, qui, à la longue, incruste les coquilles et autres ùbh jets tombés au fond de son lit. ^

Au mofê d'août 1 842, une dame de ma con«> naissance, en se baignant dans la rivière prè»

ût là pointe en amont de llte Ségain dont j'ai déjà parlé dans le cours de cet ouvrage, se déchira les jambes sur des rochers qu'elle m'engageaà examiner . Je reconnus alors, non sans étonnemenl, qu'ils étaient de même nature querenveloppeconcrétionnée des coquil* les; ety portant mon investigation plus Idn, je trouvai aussi que la berge orientale de la même lie en était presqu'entièrement formée.

La diminution extraordinairequela grande

* et longue sécheresse de Tannée 1842 avait fait q>rouver au volume des eaux de la Seine

. permettait donc de voir, à cette époque, sur les points déjà signalés, des rochers à fleur d'eau , que je pris au premier abord pour un lambeau du calcaire marin grossier, mais qui étaient exclusivement composés de calcaire concrétionnn empâtant toutes les co^ quilles propres à la rivière. On rencontraii aussi dans cette espèce de travertin fluviar

tile , à zones souvent ooncentriqoes , des ossements et des fragments de bois, d'une épo* que tout à fait récente , quoique ces derniers fussent déjà convertis en Hgnîtes*

En plongeant, on retrouve ce même dépôt à trois mètres environdeprofondeur^eton peut le suivre ainsi à une assez grande distance des bordsde l*lle.Sa surfaceau dessousde l'eau est irrégulière, raboteuse, et présente souvent des chambres où le poisson va se réfugier et dont l'entrée, comme celle de la plupart des cavernes dans les roches calcaires,est étroite. Il laissait voir au dessus du niveau qu'occupait alors la rivière , une ligne de rochers en apparence rongés par elle , mais ne devant ce relief qu'à leur nature ; ces rochers atteignaient sur certains points deux à trois mètres dehauieur, en sorte que, d'après mon estime,cette formation modemen'apasmoins de cinq à six mètres de puissance. Je serais mè-

me porté à croire qu'elle constitue une t2[rande partie de la basedertle Seguin dont les rives sont accores tandis que celles de la pointe en aval de nie Billancourt, qui n'est séparée de la précédente que par un canal plus profond que large, sont en pente douce.

Ça et là, on trouve encore dans les aafractuosités de cette roche parfaitement consolidée, une foule de concrétions de même nature , ovoïdes , depuis le volume d'une noisette jusqu'à celui du poing et même au delà, et qui , en un mot, rappellent tout à fait la structure des grains oolithiques ou pisolithiques. Quoique ces concrétions libres ne paraissent pas avoir été formées sur ce point où elles auraient été entraînées par le courant, je n'en ferai pas moins remarquer que souvent le calcaire sur lequel elles gisent prend une structure granulaire qui pourrait peut-être le faire considérer comme un

calcaire pi^oHtliiqiie imparfait. A)OUtims» que cette eoficrélion reitfevaie quelquefois assez de sable pour deteair àdearéo - sublon^ Beuse.

Quoi qu'il en soit, ce dépôL de calcaire con-* crétionné, ou pisolitbiforme, comme oavou-* dra radmettre y est recouvert par une terre bolaire bleuâtre qui ne tarde pas à devenir argilo*sablonneiise« L'épaisseur de ces deux couches subdivisées elles-mêmes en une foule d'autres inclinées diversement , plus ou moins abondantes en coquilles fluvia^ tiles, et dont T^isem^ble constitue les berges proprement dites de File Séguin, va)usqu'à cinq mètres de hauteur au dessus du niveau ordinaire de la Seine dans ses basses eaux ; mais elle varielacÀ le calcaire se montre grossièremeot mamelonné. On voyait , pour le dire en passatnl^ dans leur partie supérieure, nii assezgros Uocdemeullère roulé qui pour-

mit biett y avoir été «bandooné , par une glace âotUflte, à Tépoque où, dans les débà* cle» de la rmk*e , ^les rieniieat se briser sur la pointe que forme Tiie, à moins qu'il n'eût été jeté là par quelque pécheur.

Le choc répété des eaux sur ce point où le courant se porte avec violence et détermine de Bombreux remous, surtout pendant les grands eaux, ne pourrait-il pas rendre compte de l'al^adance de Calcaire concré-< tionné qui se dépose là plutôt qu'ailleurs ? On sait que, sur les côtes de TOcéan, il se forme souvent des incrustations calcaires là où la mer brise avec beaucoup de violence. Cette agîtatira eitraordimâre , incessante, des eaux^tandis qu'elles sontcalmœ dans les autres parties delà rivière, nebàlerait-^le pas la précipilatiâu desaelscaleairesqu'eUe tient en dissolution? J'irai même pkis loin dans

cette hypothèse : je suis à me demander si les concrétions qui encroûtent les coquilles ou autres objets tels que des cailloux roulés au fond du lit de la rivière , ne résulteraient pas plutôt du passage horizontal dès eaux que d'un dépôt opéré lentement et de haut en bas? Enfin, pour en revenir à Ttle Séguin, n'y aurait-il pas lieu aussi à tenir compte de la présence de la spongille dont les anfractuosités dfe notre calcaire sont fréquemment tapissées, et qui contribuerait à son développement, non, bien entendu, par les principes solides que ce polypier pourrait renfermer, mais à cause de sa structure celluleuse , susceptible de retenir des particules terreuses ou calcaires7Nul doute, d'après ces considérations, que toutes les pointes en amont des îlots de la Seine et la partie de leurs rives fortement exposées au choc du

courant n'offrent plus ou moins le même phénomène (i).

(i)£neffety j'ai constaté, depuis cette observation, exactement la même chose, à la pointe en amont de Ttle Billancourt (peut-être mieux Biancourt)et sursa rive septentrionale, là où les eaux portent tons leurs efforts. On dirait que la concrétion calcaire agit , dans cette circonstance , comme un ciment déposé à dessein par la nature pour empêcher qu*un nouveau caprice du fleuve ne vienne fiiire disparaître des îlots formés primitivement par lui , et livrés à de florissantes cultures.

Nappes et cotm d'eau.

■Ml

Les étangs de la fiorèt de Meudon paraissent tous être artificiels , tels sont ceux dés Fonceaux, de Vilbon, du Tronchet» de Trivau en cul-de-lampe, de Cbalais» etc. ; ce dernier tire son nom de Beauvoir» autrement dit la Fosse-Regnaultr€baillais. On les aura creusés en proâtant des dépressions naturelles qu'offrait le sol ; puis, au moyen d'une chaussée épaisseducôté leplusdéclive et des nombreux fossés qui sillonnent la forêt pour en recevoir les égoûtures , on est parvenu à les alimenter. Celui de Vilbon, le plus profond de tous»

devait former jadis le prolongement de la grande vallée sur les côtés de laquelle se trouvent étages le village de Meudon et le hameau de Fleury ; mais, pour communiquer plus facilement entre le château de Meudon et Tancienne ferme de Vilbon, on imagina sans doute de faire une chaussée très élevée. Il en est résulté que les eaux ne pouvant plus suivre leur pente accoutumée, s'accumulèrent en amont et donnèrent naissance à un étang en forme d'entonnoir, lequel a l'avantage de ne jamais tarir.

Si, dans l'origine, il ne devait pas y avoir d'étangs proprement dits dans la forêt de Meudon (la plupart, à l'exception de celui des Fonceaux, paraissent avoir été créés pour le plaisir de la chasse et de la pèche), il n'en devait pas moins exister un cours

d'eau assez abondant, provenant de toutes

les sources qui sourdent dans la Vallée 4<mt je viens de faire mention ; après avoir arrosQ le fertile enclos actu el du haras, et alimente la pièce d'eau hexagone qu'il renferme, leeour9 d'eau actuel sans nom connu allait m suivant le val, se jeler dans la Seine aux Moulineaux (1). Depuis longtemps, a^nblable à la Btèvre dans Paris, ce ruiâ^ean ert reteny par de nombreux lavoirs qui ont valu à la partie de Meudon qu'il traverse le nom de Rû par contraction du mot pa^imitif.

Quand par hasaid on lui permet de eîrculw» hélas, quelle métamorphose! On le prendrait plutôt pour un enfant del'Achëroaquepour un de ces ruisseaux au doux wuranureet a^ qmtal limpide daqs lequel les Naïades aimajiftnt^

(1) Le nom de Moulineaux vient de quelques mouMa» qu« ce fuvi^^u s^ (ait J9dls m^rcber, 4 remplacement de la propriété du prince Berrhier , convertie aujourd'hui en distillerie de fécule de pommes de terre.

à se mirer ; des laveuses passent aujourdliui tout leur temps à se pencher péniblement sur ses eaux savonneuses, et des rongeurs immondes sont les hôtes de ces bords infects oii venaient se désaltérer les oiseaux du ciel.

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