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Archives nat., F

finirent par admettre dans leurs rangs les ex-conventionnels jacobins, auxquels ils promirent de les adjoindre à la nouvelle Convention dont la liste était déjà dressée. Cette fusion de tous les éléments terroristes donnait au mouvement une vitalité redoutable. Les babouvistes pouvaient compter sur le concours actif de F ex- général Rossignol, qui jurait, dans la réunion du 12 floréal, « de faire tomber les têtes comme la grêle » ; sur celui des généraux Fion, Lami, Merle, Parreau, Louis, Chevalier, Doppet; des adjudants généraux Massard, Jorry, Fàbre, etc., sans compter nombre d'officiers subalternes. Enfin, la légion de police, composée en majorité d'ex-gendarmes jacobins, faisait cause commune avec les babouvistes.

Le gouvernement allait-il pouvoir résister à l'assaut terrible qui se préparait? La Constitution de Tan III avait créé un pouvoir exécutif hybride, composé d'éléments disparates. Si l'on met à part les médiocrités : Letourneur, honnête capitaine du génie; Reubell, un des négociateurs du traité de paix avec la Hollande, et La Revellière-Lépeaux, estimable débris du parti girondin, rêveur naïf qui a donné sa mesure dans ses Mémoires, deux hommes se trouvaient face à face dans le Directoire, Carnot et Barras. Le premier, éliminé d'abord par les girondins et les thermidoriens à cause de sa participation aux actes du Comité de Salut public, avait été nommé péniblement par les deux Conseils pour remplacer Sieyès, non

acceptant; le second, désigné par son rôle au 13 vendémiaire, élu en haine des royalistes par les thermidoriens, était un jouisseur, intrigant et peu embarrassé de scrupules. L'honnête La Revellière avait été si dégoûté par l'élection de Barras qu'il voulait d'abord refuser de siéger au Directoire à côté d'un collègue si décrié, et qu'il jugeait capable de toutes les trahisons. Il n'avait cédé qu'aux instances de ses amis Daunou et André Thouin, qui se trouvaient, au reste, d'accord pour penser que la nomination de Barras était « un grand malheur ». Aussi, les dissentiments ne tardèrent-ils pas à éclater entre les cinq directeurs.

C'est ce faible gouvernement qui avait à défendre la légalité et Tordre social contre la conspiration babouviste.

Hippolyte Carnot, dans ses Mémoires sur son père *, déclare que le Directoire, gêné par la loi d'amnistie menacé à la fois par les émigrés et parles jacobins, « eût infailliblement succombé, sans l'arrestation de Babeuf et de ses complices; que la chose publique courut alors un danger que peu de personnes ont apprécié ». Or, le danger venait surtout de la complicité probable de Barras avec les conspirateurs. « Buonaroti, dit Carnot 2 , affirme que Barras offrit ses services à la conspiration. » Cette affirmation est confirmée par des preuves nombreuses, d'abord par les rapports de police. Le policier qui signe Armand écrit au ministre de la Police générale : « Je suis persuadé que Barras trahit, qu'il a des entrevues avec

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