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Extrait de la Revue historique, n° de juillet-août

M. Chassin a déjà donné quatre volumes sur les Élections et les cahiers de Paris; M. Monin a étudié VÉtat de Paris en 89 ; M. Etienne Charavay a reconstitué la liste des membres de l'assemblée électorale parisienne, du 18 novembre 1790 au 15 juin 1791; M. Aulard s'est chargé de l'historique de la Société des Jacobins, et son premier volume a paru.

Nous avons nous-même publié récemment une étude documentaire et analytique ! sur les trois premières Assemblées municipales de Paris, à partir du 14 juillet 89 jusqu'à l'installation de la Commune insurrectionnelle du 10 août 92. C'est un sujet à peu près neuf, car les procès-verbaux de ces assemblées sont ou bien très peu connus ou complètement inédits; les histoires générales nous laissent à cet égard dans une ignorance presque complète, et bien des gens s'imaginent qu'il n'y a pas eu de Commune à Paris avant la chute de la Royauté. Il nous a semblé intéressant de condenser en quelques pages, pour les lecteurs de la Revue, la substance des documents de première main qu'il nous a été possible de réunir.

L'archevêque de Toulouse, le galant et frivole Loménie de Brienne, avait en vain essayé, sous les auspices de l'abbé de Vermond et de Marie-Antoinette, d'obtenir du Parlement, par l'intimidation et la violence, l'enregistrement des édits fiscaux destinés à combler le déficit ou à en ajourner l'échéance. Les

1. Le Personnel municipal de Paris pendant la Révolution (période constitutionnelle). 1 vol. gr. in-8 de 686 p. Paris, Quantin, 1890.

parlementaires, exilés à Troyes, continuèrent, après leur rappel, à redire le mot de l'abbé Sabathier : « Ce ne sont pas des états de finances qu'il nous faut, ce sont des Étais généraux ». L'Édit du roi, donné en novembre 1787 et portant création d'emprunts graduels et successifs pendant cinq ans, contenait dans son préambule rengagement formel de réunir les États avant l'expiration de cinq années. Mais la fermentation du royaume abrégea le délai. Malgré l'exil du duc d'Orléans, malgré l'enlèvement de Fréteau, de Sabathier, malgré l'arrestation et l'emprisonnement de Goislard de Montsabert et de d'Éprémesnil (5 mai 1788), suivis du lit de justice du 8, qui rétablissait la Cour plénière pour l'enregistrement des impôts et des lois, il fallut céder devant l'immense agitation qui s'étendit des Parlements au peuple et trouva sa formule dans les assemblées de Grenoble, de Vizille et de Romans (juin-septembre) *. Un arrêt du Conseil d'État, en date du 8 août 1788, sans déterminer encore le lieu où les États généraux seraient tenus, annonça « que leur assemblée était fixée au , l ep mai prochain ». Quelques jours après, Loméniede Brienne tombait brusquement, malgré les pleurs de la reine, et les sceaux passaient de Lamoignon à Barentin. Le peuple brûla en effigie, sur le Pont- Neuf, les deux disgraciés, ainsi que M. Dubois, commandant de la garde de Paris, que M. Taine 2 qualifie de lieutenant de police. Parmi les manifestants, le

1. Le comité du Centenaire de la ville de Romans a publié, en 1888, une magnifique édition des Procès-verbaux des assemblées générales et des États provinciaux du Dauphiné tenus à Romans en 1788, avec une introduction de M. André Lebon.

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