CHAPITRE y
àôter*è'Mpukion de la Péninsule, et de commencer la cottiÈjwéte de la France, d'abord au profit de TAngletêrrê. En effet, après avoir pousse Suchet et Masséna hèîrsdfe €rênes et de sa ritière, Bfer^iU^ et^Toiilon, attSïdf^es par mer et par terre, eussent été saisies ; puis, s^tevantii droite, cette irruption devait se réunir à celle' du Rhin, marcher sur Parjis, et y rejiverser la Répubiiqiie.
De notre côté, vers le i*' avril 1800, à peine avionsnous cent soixante et dix mille hommes présents sous les armes : c'étaient, dans les monts de Gênes, Suchet et Masséna avec vingt-cinq mille soldats manquant de tout ; aux monts Cenis et Genèvre, à peine cinq mille; en Suisse et sur le Rhin, sous Moreati, cent vingt-cinq mille; enfin, à lextrêraé fauche; l'armée gallo-batave d'environ quinze à seize mille hommes.
Cependant le Premier Consul poussait de Paris vers Lyon tout ce qui restait d'hommes, d'armes et de chevaux disponibles, et tout ce que, d'heure en heure, il en pouvait rassembler. Mais il n'avait pas encore réussi à en former, sous Berthier, une armée de trente mille hommes. On en ignorait la destination ; elle semblait défensive ; on l'appelait année de réserve. Elle avait trois destinations possibles : l'une (ut celle qu'elle remplit; l'autre, en cas de retraite de Mêlas à la nouvelle des premiers succès qu'obtiendrait notre armée du Rhin, de rejoindre en Itahe Masséna et de recommencer le triomphe de Léoben; la troisième, de* renforcer assez Masséna pour être tranquille de ce côté, et de marcher avec le reste pour se réunir à l'armée du Rhin. Bonaparte alors en eût pris la tête, et passant
le fleuve à Schaiïhouse) U eut marche sur Tianae avec cent quatre-vingt mille hommes^
De ces trois destinations^ les deux preoiîères dépen^ daient du parti que prendrait Mélas^ la troisième, de la volonté de Moreau, et Moreau s'y opposa. Il fit dire par DessoUes au Premier Consul , que^ général en dbef^ il avait pu consentir à servir sous Schérer en Italie comme simple général de division, mais qu'ici la position était différente, et que le soin de sa réputation exigeait qu'il se refusât à accepter un rôle secondaire, où les revers, d'abord possibles, lui seraient attribués^ et tous les succès au Premier Consul.
Ce refus acheva de décider Napoléon sur l'emploi de Tarmécy dite de réserve, qu'il rassemblait. On vit alors qu'il comptait sur l'aile droite de l'armée du Rhin pour la compléter, sur lui seul pour la commanr der, et que c'était cette armée qui devait décider du sort de la moitié de la guerre par la plus hardie des grandes manœuvres et la plus mémorable des offensives. Napoléon sentait que , pour légitimer entièrement son heureux avènement, c'était à lui, le premier, de sauver la, France. Il réussit; mais cette gloire, un émule qui devint bientôt un ennemi , la lui disputa, et dès lors commença la rivalité de Moreau et de Bonaparte.
Ainsi , de notre côté , on ne songeait pas plus que l'ennemi à la défensive. Deux causes entraînaient à Finitiative : le génie de Napoléon et la possession intermédiaire et avancée de la Suisse qui nous permettait de prendre en flanc et en arrière les C^eux agressions autrichiennes. Deux vastes champs
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de memœanvtm €t de bstariMes, ta haute Allemagne et la Imite tùiSie, s'offiraieivt par ce point sautant à îMre attaque ; deux cbefe se^, par leHrs arneeédents, y ooarvesaient : dans i'AHemaigfie, €>ii gardait le sonyenir de Moreaa f dans Iltalle, tocft retentissait encore de la gtoore de Bonaparte. Le choix des généraux ëtait donc indicfoé d'avamce : crainte ou espoir, peuple ou aitaées, tout les désignait. S'il y eut des. difficulté , ce ne f&t que dans la repartition des troupes, des Keu* tenants^ et dam le plan de campagne. Chacun des deiix dïefs Toulut attirer de son côté le lieutenant le plss habile. Ce ftrt Lecotirbe, et son aife droite alors versSchaflfhouse, qu'on se disputa. Berthier, enroyé à Baie, ne put obtenir de Moreau qu'un engagement écrit de céder Lecourbe lorsque ce général Taurait aidé à rejeter Kray jusque dans Ulm. Quant à l'attaque, que Napoléon voulait tout entière par Schaffiwuse, dans le flanc gauche et sur les derrières de Tarïfiée autridbienne , Moreau s'opiniâtra à marcher au même but par d'autres moyens moins hardis, moins décisifs, mais plus conformes à son caractère , et que les faits vont expliquer. En cela, comme pour Lecourbe, il s'obstina et l'emporta. Napoléon céda, mais en disant à DessoHes : « Ce qu'il n'ose pas faire sur « le Rhin, je le ferai dans les Alpes, et alors il regret- « tera la gloire qu'il m'abandonne ! »
En même temps le Premier Consul avait envoyé à Masséna des instructions qu'il ne sut ou ne put suivre. Ce général, surpris le 5 avril par Mêlas, avait été séparé de Suchet et de la France. Rejeté dans Gènes, il s'y défendit d'abord, jusqu'au i3 mai, par quatre agres-
;sions : Tiuie à sa droite et complètement victorieuse ; l'autre à sa gauche pour rouvrir ses communications avec Sudbet. Cette seconde attaque y quelque glorieuse qu'elle fût, avait échoué par le hasard d'une rencontre simultanée, Mêlas, avec des forces quadruples, ayant choisi le même jour pour nous attaquer de ce côté. La troisième et la quatrième sortie de Masséna eurent le sort des deux premières : la troisième ayant été victorieuse, et la quatrième repoussée. Soult avait voulu celles-ci; il y resta, blessé et prisonnier, aux mains du général Ott, qui dès lors nous contint (kns Gênes, où Massénst ne devait céder qu'à la plus horrible des famines^
Cependant, jusqu'au 35 avril, Moreau,^ quoique libre d'agir à son gré, ne se trouvant jamais assez muni de tout, attendait encore. Il fallut un ordre impatient de Napoléon pour qu'il commençât. Le sS enfin, il lança bruyamment et violemment son aile gauche, par Strasbourg, au delà du Rhin. Elle y repoussa l'aile droite de l'ennemi, y attira l'attention et les forces du feld-maTéchal; puis, vingt-quatre heures après, ilia^t subitement rentrer en France pour en ressortir avec le œntrede l'armée par Vieux-Brisach, et tourner la foret Noire du côté du Haut. Rhin, et en remontant la rive droite. Simultanément Moreau lui^néme, avec sa réservé se liant à cette marche , délKJUcha par Baie et poussa jusqu'au delà deSchaCfliouse, où Lecourbe, frajnchissant le Rhin à son tour, allait se réunir à lui sur le flanc gauche et les derrières de l'armée d'Autriche.
AinsiKray, tnompé (J'un côté par une* vive et fausse attaque, s'était d'abord senti frappé à droite 5 pendant