‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 179 sur 257 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

m attirait vers ce combat, où je me serais trouva sans mission et dans le rôle nul et inconvenant de spectatem». Une rencontre bizarre m'arrêta. La nuit commençait; je marchais à travers champs , qnana soudainement un factionnaire , abrité par un buisson , m'opposant sa baïonnçtte , me cria Qui vive ! mais en si bon allemand, que, dans Tobscuritë le prenant pour un ennemi, je crus d'abord ne pouvoir me tirer d'affairç qu'en me débarrassant de lui, avant qu'il eût pu appeler son poste. Je lui répondis donc, dans la même langue, en tirant mon sabre. J'allais ni^en servir lorsque, surpris de sa confiance : « De quel « pays.es-tu donc? lui demandai-je en allemand. -^ <c De StradK)urg, » me répliqua-t-il. Alors, revenu <le ma méprise, fort soulagé, j'en conviens, et corrigé, par cette aventure, de ma curiosité belliqueuse et intempestive, je ne songeai plus qu'à exécuter Tordre de Napoléon ; après quoi j'allai me coucher à Gunf zbourg, où le quartier impérial était resté, mais sann l'Empereur, qui passa cette nuit à Pfaffenhoffen.

Le lendemain i4 octobre , au point du jour, ne se liant plus à personne, il alla d'abord, jusqu'au cliâteau d'Sldenhausen, engager lainnéme le combat qui de ce côté devait rejeter l'ennemi dans Ulm, Aussitôt a j»cs, redescendant au galoj) cette rive , il atteignit le passage d'Eldiingen. Je l'y retrouvai à Tinstant ou le 69** régiment, culbutant Tennemî «wr le pont, s'en était saisi, et lorsque, souteon au delà \#ar le 76^ dmiaoterie et les i8**, lo^ et 3** de Dragons, de Chasseurs et de Hussards, Ney s'emparait^ en trois assauts, de la haute et formidable postlion ^rr

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laquelle est siluëèrabbaye, désormais célèbre, d'ElcbingeiK. ^ '

Pendant que ce niaréchal continuait à chasser devant lui Laudôn, qui fuyait arec perte de six mille hommes , jusqu'au pied du Michel s Berg , A'ërîtable rempart d'Ulm , Napoléon s'était avancé au travers c'es renforts , de toutes armes , qui se précipitaient sur le pont, et des morts et blessés qin Tèncombraient. Il se faisait jour avec peine' sur cet étroit passage , couvert de sang el dé débris, lorsque^ voyant nos blesses interrompre leurs plaintes pour le saluer de leur cri accoutumé , il s'arrêta. Parmi eux se troiivait un artilleur ; un boulet lui avait empcNrté la cuisse ; il le distingua , s'approcha , et , détachant son étoile d'honneur, il la lui mit dans la main , en lui disant : <r Prends- « la , elle t'appartient , ainsi que l'hôtel des Invalides ; « et console-toi, tu y pourras vivre heureux ence core !— Non , non , répondit le brave soldat, la « saignée a été trop forte! Mais c'est égal , Vive TEm- « pereur! »

De l'autre côté du pont, un ancien grenadier de l'armée d'Egypte gisait sur le dos, la face exposée à la pluie qui tombait à flots. Dans son exaltation du combat , il criait encore : En amnt / à ses camarades. L'Empereur, en passant, le reconnut; et, se dépouillant de son manteau , il le jeta sui* lui : « Tâche de me le ««^ rapporter, lui dît-il; et en échange je te donnerai rf la décoration et la pensîonfque tu mérites. »

Alors , tout au combat , et du somniet dé la liauleur escarpée d'Elchingen j voyant la victoire décidée et la rive gauche enfin ressaisie , il envoie le général

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