‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 61 sur 257 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qui devaieht m'y servir de points d'appui. C'étaient les Caulaincourt , d'IIautpoul , Grouchy , Pully , Rocharabeau, d'Hilliers, Macdonald, etc., etc. ; je n'en oubliais qu'un seul , celui qui venait de m'y appeler, et qui bientôt devait être notre protecteur le, plus puissant, c'était le Premier Consul ! Mais, par une in^ conséquence, par un entraînement naturels à mon âge, subissant aveuglément l'influence de l'atmosphère qui m'entourait, je ne voyais en lui qu'un usurpateur passager^ l'ennemi de mon général , celui de Moreau , et qui devait incessamment succomber sous le poids de la haine universelle.

A cela près, la pensée qui me dominait paraîtra peut-être bien tenace et bien profonde pour la jeune télé d'un sous-lieutenant de vingt ans. Mais qu'on se le rappelle, je me sentais isolé et presque suspect; j'étais pau^Te, pensif et passionné; susceptible avec les autres et avec moi-même ; les observant, m' observant sans cesse ; les jugeant d'après moi, et me croyant encore plus observé que je ne l'étais. On a vu que . c'était là ma première nature; c'était aussi la seconde, celle que j'avais reçue d'une éducation trop isolée, du malheur, et de la nécessité de tout regagner par moimême.

Ma vie à Trente y tut conforme : elle fut économe , prudente et studieuse. Ce caractère qui prenait tout au sérieux , ces fortes impressions , et les précautions qu'elles me dictèrent , sans me brouiller avec mes camarades , m'en tinrent à part. Dans cet isolement occupé, que l'un d'eux me rappelait encore hier, ils ne virent qu'un goût prononcé, qu'une passion bizarre et

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prémalurée pour le tra^vai), dont ils me plaignirent; ils les respectèrent , en sorte que, au milieu des mille plaisirs et des folies du dësœuvi^einefit ©il Farmistiee iivraijt une jeunesse ardente., joyeuse et pelat-^lre un •peu t*op joueuse, le jour mon «eul délasBemeiit fut rétude y et le ^oir.moïiaeul jeu , celtii des écheos avec «m vieux f^liimais de la première îforce , un colonel Bimbowski, qui mit toute sa patience à me rendre capable de 'lui 'lenir tête. Pour mes études , elles reciu^nt «me heureusfî direction , soit qu'elle m'eût çté donnée par 4e|[énéralDumas, par quelques lettres de iTK>n père, ou par la lionte de Mion ignorance sur Tesprit, le but, 4e théâtre /et les divers événements de notre^campagne. Nous étions alors tous établis dsins le vaste et gotiûque palais de TÉvéque de Tretrte. J obtins de Macdonald sa >CïM*re^pondance qu'il me confia, et ses instructions k ses génàr^ux ; je les'/eimpoJrtai à mon troisième étage. Là , «ressaisi de ma première |)Q6sion , icelle du «travail , mais l'appliquant à un sujet :plus;})osîlîf >et pkiis utile , je commençai sérieusement «na ^otïble carrière de mUita«re et d'historien. Je jfîs l'extrait de tous ces matériaux ; je me pénétrai de leur esprit, que>m'aidaientà oomprendre et mesquestk»ns à nos chefs , et une étude approfondie de la carte. Celii riait , et notif^ départ s'approchant , j'emppaqnetai soi- •giieusei»ent mon Iresor et'le «nonserjuai précieiisenient; je «e me doutais pourtant pas alors que ije devais kîenlèt fkire usage dé ce travail à Copenhague ; qti'^a*- .suite il «verrait le jour à Paris , et qu'il oontrywesait a ne faire appeler à l'étart-iitaj or iiàtéiûeur et paru- /Oitliar de ^Bonaparte.

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