‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 174 sur 311 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

dix heures du matin à Alexandrie, où je Tavais annoncé , aussitôt il inspecta la triple enceinte de cette place, et, en ce seul et même jour, il en reconnut tous les entours au loin et dans tous leurs détails. Il y fatigua cinq chevaux et y parcourut cinquante milles en quelques heures ! Puis , rentré le soir dans cette forteresse, pendant que ses officiers harassés ne pouvaient se soutenir, nous remarquâmes que seul debout en- . . core, préoccupé de mille améliorations administratives de ces contrées et des soins lointains de la descente , il poussa fort avant dans cette nuit le travail de son esprit infatigable.

Cétait ainsi , et pourtant sans que rien sentit la précipitation, que, grâce à la force de sa volonté, à la vigueur de son tempérament , et à la rapidité de ses conceptions , il s'emparait du temps , le mettait tout entier de son côté , et que les travaux d'un mois se trouvaient accomplis en vingt-quatre heures !

Le lendemain, de grand matin, vingt-cinq mille hommes, commandés par Lannes, le revirent à cheval sur le champ de Marengo , revêtu de son uniforme de général républicain et du même chapeau qui y avait été percé de balles. Dans cette solennité militaire , bien loin d'une vanité puérile que des critiques, puérilesellesmémes, lui ont reprochée, il essaya de commander à l'avenir par le souvenir, montrant dans l'Empereur le général ; enflammant Tardeur des siens par lés honneurs rendus aux morts , par les récompenses données aux vivants; et s'efforçant, par une attitude menaçante, de contenir l'Autriche peut-être incertaine encore.

Ce fut au milieu de ce travail continuel de corps

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et d'esprit qu'il arriva à Milan, oà rentourèrent les pompes multipliées delà réœption la plus triomphale. Là commencèrent avec les G)urs alliées les édianges de leurs Ordres contre le grand cordon de TOrdre d'Honneur ; mais aussi les mécontentements du fîsipe et les refus de sièges épiscopaux, en Italie, parles cardinaux. La Cour de Rome fut déçue dans soa espoir . de voir céder l'Empereur à ses protestations ooatie le Concordat italien , qui resta assimilé à celui de la France.

Le 26 mai une même solennité , un même enthousiasme qu'à Paris, signalèrent le second couronnement, retardé par trois jours d'un temps contraire. Après quoi iious vîmes le développement de la nouveUe Constitution accepté par le Corps Législatif de ce Royaume, et l'élévation du Prince Eugène de Beauharnais à la Vice-Royauté , ce qui dut consoler Joséphine de n'avoir point été couronnée Reine ^ comme elle avait été couronnée Impératrice.

Ici même ordre dans les finances et même habileté qu'en France. En effet, malgré ces solennités dispendieuses, et des améliorations, des créations de toute nature; nonobstant l'achèvement ordonné de plusieurs grands édifices et l'augmentation de rarmée, le trésor public fut maintenu, sans chai^[es nouveUes, au niveau de toutes ses dépenses.

Pendant ces travaux , chargé de la garde de I*Impératrice, dans un voyage tout de plaisir, je vis avec elle , avec mon père et une partie de la Cour française, les merveilles du Lac-Majeur. A notre retoiu*, les affaires de Napoléon à Milan étant

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