‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 177 sur 311 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

« thousiasme avec lequel nous les avons vaincus et « dispersés ? Ils vous accableraient ; et alors sonnerait a l'heure fatale de la France ! Eh bien ! puisqu'il est a impossible de lui donner une force intrinsèque, suf- <c fisante^ et indépendante de toutes ces haines, il faut a chercher cette force ailleurs. Elle est dans TafTaia blissement de ces grandes masses qui nous environce nent, debout, et attentives à épier le premier moff ment favorable, et à en profiter. Brisons-les donc ! «c Et puisque je ne peux donner, contre elles, à la (c France, une force qui lui soit propre , rendons-la « forte de leur faiblesse ! »

Telle était la véritable pensée de Napoléon, quelque part qu'on en puisse faire soit aux nécessités réelles d'alorS; soit à ses penchants. Dans ce moment même, à Gènes où nous sommes arrivés , au milieu des agrandissements conséquence de cette pensée, sa plus hardie y sa plus vaste conception allait éclater. Le 3o juin i8o5 il partit sans précipitation de cette ville, chemina lentement, et s'arrêta dans Turin quelques jours encore. Il y parut exclusivement occupé du choix des hommes, des lois qu'il donnait à ces provinces; et pourtant une autre préoccupation occulte, sur un projet lointain et déjà mûr, allait mettre en jeu sa fortune et celle delà France. Le 8 juillet, tout à coup , seul , et sous le nom de son ministre de l'intérieur, il nous quitta tous; et le ii, sans qu'il se fût arrêté pendant quatre-vingts heures, Fontainebleau le revit subitement, après cent jours d'absence 1

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