CHAPITRE VII
leur prouvèrent refîusion de sa reconnaissance. L'un de ces décrets les gratifia de toutes les contributions levées sur l'ennemi , et des produits de la vente des magasins tombés en notre pouvoir. Un autre, plus magnifique encore , détachant les quinze jours précédents du reste de Tannée , déclara que, dans leurs états de s^^ce, ce mois d'octobre , à lui seul, serait compté comme une campagne !
Au milieu de ces soins reconnaissants, et de ses travaux habituels , ce qui restait à faire n'avait point été négligé. I>éjà notre armée d'Ulm , Ney excepté , marchait pour rejoindre celle de Bavière. Et comme, dans sa proclamation , en annonçant l'armée russe à ses soldats , il leur avait dit fièrement : a Que pour lui il a n'y avait point là de général avec lequel il pût « trouver de la gloire à acquérir, mais qu'eux allaient « avoir à prouver, une seconde fois , s'ils étaient la « première ou la seconde infanterie du monde ! » On vit bien qu'il n'avait tant remercié que pour exciter ; ou du moins , qu'il y avait eu autant de pensée d'avenir que de souvenir dans ce remarquable épanchement de sa gratitude.
Ainsi finit, devant Ulm et dans Elchingen, la première partie de la campagne.
Rien alors , dans cette abbaye , ne troublait la joie de Napoléon. Et pourtant, dans ces mêmes jours si heureux et si glorieux, des 19 , 20 et 21 octobre i8o5, pendant qu'il triomphait ainsi sur terre , et qu'il s'en applaudissait, sur merune catastrophe effroyable s'était accomplie ! Il allait bientôt apprendre que l'amiral Villeneuve, désespéré d'une disgrâce qu'il prévoyait, et
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décidé à tout risquer pour la prévenir, était sorti de Cadix le premier de ces trois jours ; que, le second jour, il avait rencontré Nelson; et que, le troisième (ai octobre), acceptant le combat, sur un seul rang mal en ordre et d'une étendue démesurée, cette ligne avait été coupée en trois tronçons par la flotte anj^kise, qui l'avait attaquée sur deux colonnes 1 Qu'à la vérité, Lucas, l'un de nos capitaines , avait tué le héros de TAdj^ terre, mais que Villeneuve^ cet amiral deux fois si fiital à la France , en perdant dans cette bataille de Tïraialgar, suivie du combat d'Qrtegal , vingt-six vaisBeaui, avait causé la destruction des marines française et espagnole !
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