‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 272 sur 311 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le a avril j veille du départ du frère aîné de TEmpereur, envoyé de Napies, au travers des monts, vers l'autre mer, pour flanquer cette marche à son début , j'avais été chargé d'aller, par Canosa, prendre à Matera le i4"* régiment léger, et de le conduire, par Torre-di- Mare , Policoro , et Cassano, jusques à Castro-Villari, où je devais retrouver le Prince. Dans ce parcours, malheureusement trop rapide , je suis forcé de convenir, en rendant à ces lieux leurs noms antiques , qu'il me fut à peine possible de jeter un coup d'œil sur les débris de Cannes, fondée par Diomède, et, à deux lieues de cette ville , sur le célèbre champ de bataille d'Annibal encore nommé Champ du sang! coinine les champs de Canosa sont encore appelés par leurs habitants Cliamps de Diomède.

De même, après Matera, je ne cherchais dans Torre-

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di-Mare que cette Métaponte fondée, dit-on , par Epeus, inventeur du bélier, transformé en oe (ameux Cheiol de Troie par Timagination d'Homère ; Métaponte, où Pythagore , le législateur, le maître de la Graade4îrèoe par son génie, mourut à quatre-vingt-dix ans, et dont la destruction date d'Annibal. Je ne pus retrouver, et toucher au milieu d'un champ de Ué, que trois colonnes d'ordre dorique , seuls restes encore debout de cette cité , et du temple bâti par le oélèfare philosophe. C'était là pourtant, peut-être, ce même temple construit avec l'or des ornements dont les dames grecques d'alors s'étaient dépouillées , entrainées au mépris des richesses par les discours de Vimniorlel auteur de la niétempsychose.

Un peu plus loin , à Policoro , nous foulâmes, d'un pied toujours trop prompt, les ruines d'Héradée, patrie de Zeuxis ; ruines dont les restes cmt presque disparu sous le^ fouilles des Jésuites. Quand nous eûmes dépassé Rocca Impériale , ville du moyen âge bâtie en gradins , puis Rosette et le Calandro, nous tournâmes à droite, laissant derrière nous kmer, la Basilicate ou l'antique Lucanie , {>oiur entrer dans b Calabre.

Là , malgré la vue d'une vallée large , de la plus somptueuse fertilité, et ondulée de coteaux voluptueusement arrondis; malgré son encadrement de montagnes majestueuses, cultivées ou couronnées d*ar bres magnifiques jusqu*à leurs crêtes; enfin, quelque délicieux que pût être Tair suave et parfumé de cette vaste plaine sillonnée de fleuves coulant à pleins Ixxds, arrosée de ruisseaux limpides et ombragée de vignes,

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