CHAPITRE III
cette rivalité jalouse , soit séduction personnelle de Moreau^ tous ceux qu'il avait commandés devenaient ses partisans. Dans notre nouveau système de guerre à grandes manœuvres, sur de larges bases, dans de vastes espaces parcourus sur plusieurs colonnes, à grandes distances, avec un but lointain de concentration et d'action, ils citaient avec complaisance l'habile et sage organisation de son armée ; ils en aimaient la répartition en divisions de huit à dix mille hommes, composées, chacune, de toutes les armes, et pouvant se suffire à elles-mêmes, dans l'occasion.
Le commandement de ces divisions flattait l'amourpropre des généraux. Ils en comparaient la solidité et Tagilité à celles des Légions Romaines. Ils applaudissaient à la classification de l'armée en quatre corps, sous quatre chefs principaux, Tun commandant l'aile droite, l'autre le centre, un troisième l'aile gauche, et Moreau le corps de réserve. Ses compagnons lui trouvaient, dans le commandement, un degré d'autorité tempérée qui leur convenait. Ils aimaient, disaient-ils, en lui, un patriotisme sans arrière-pensée, une ambition peut-être un peu paresseuse et de courte haleine, mais sans personnalité exclusive ; du reste, un abord calme et doux, un esprit simple et causeur qui n'imposaient pas; une bonhomie sans prétentions, poussée même jusqu'à la négligence, et quelque peu bourgeoise et commune. Cela plaisait à leurs mœurs républicaines, à leur habitude d'égalité. Tous enfin lui étaient étroitement unis par la gloire loyalement partagée, qu'ils avaient acquise sous ses ordres.
Ceci pouvait commencer à inquiéter le Premier
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GiinsuJ. Néanmoîiis Q fat alors prodigoe, pour oe rhd de gloire, des témoignaçes publics de sa reconiuissàuce. On le Tic bondir de j<Me à lai noarrile cle la tk^ toire de HobenlindeD. Il en fit bauteoieiità Movean k plus grand honneur. Mais, irrité contre les intrigua hostiles de la femme et de b belle-mère de ce générali son mécontentement l'emporta sur sa politique, et 3 se refusa obstinément à les recevoir. De là un surcroit de haine que bientôt ces fenmies ambitieuses allèrent porter au camp de Moreau^et qu'elles lui firent partager.
Cependant, au milieu de ces succès de guerre , h politique alors pacifique de Napoléon persévérait : il déclara que la rive gauche du Rhin serait la limite de la République, qu'elle ne la dépasserait pas; que Tindépendance helvétique et batave serait reconnue; que TAdige resterait frontière autrichienne ; que les victoires de la France n'ajouteraient rien à ses prétentions ; mais que l'Autriche ne devait pas attendre de ses défaites ce qu'elle n'aurait pas même obtenu victorieuse.