‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 82 sur 311 · CHAPITRE VII. laS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. laS

Bien loin alors de songer à m*attacher à ce grand homme , je ne le désirais même pas. Et pom*tant déjà ses actes eussent dû me montrer en lui ce protecteur, ce réconciliateur 9 dont la main puissante et réparatrice pouvait , seule , rapprocher et fondre ensemble les anciens et les nouveaux éléments de ]a société française. Mais à l'âge que j^avais, comment , sans lumières et sans guides , ne point s^égarer? Quel est le sous-lieutenant de vingt ans qui sait lire ou qui même lit les publications quotidiennes? Et pourtant y à cet âge 9 comme on commence à écrire une œuvre littéraire avant d'en avoir fait le plan , de même on se fait une opinion y on prend un parti dans la politique du ' joiur, surouî-dirc; et sans en calculer les conséquences. A l'armée , cette étude était moins facile qu'ailleurs. Or, quand, après la paix de Lunéville , laissé en arrière comme le plus jeune , je fus chargé de conduire à Lyon la garde et les bagages du quartier général de Macdonald , au travers de la haute Italie , je ne savais pas un mot de ce qui venait de se passer en France et dans l'Italie méridionale.

Oùaurais-jelu, et qui m'aurait raconté que, avant, pendant et après notre campagne, l'active et passionnée Reine de Naples , à la fois inexorable chez elle et suppliante à la cour du Czar, avait elle-même , au milieu des glaces de l'hiver, couru implorer, dans Pétersbourg , la protection de Paul I*' près de Bonaparte? que, en même temps, elle avait continué à déporter, à enchaîner et à supplicier ses sujets favorables à notre cause; qu'enfin , poussant vingt mille liommes vers la Toscane , aidée des Anglais et de l'Autriche , elle avait

tu LIVBE QCATORZIÊXC.

ToiiirTité sur nos derrièresi , à Florence, el jusque dans Turin , une insurrection générale. Soull , dans le Piémorit j f:i Miollis en Toscane , tous deux presque setik, nvaiffut réprimé vigoureusement ces révoltes. J*ai cfit que Ut Premier G)nsul les avait prévues, et que Munt| avec dix mille hommes d*élile, s'était avancé, parle mont Onis, {K)ur en étoufTer le germe dans Rome et Naples.

Ici Ton reconnail riiabilclc de la politique alors pacifique de iionapartc aux honneurs souverains dont il fait enivrer le ministre de Paul V^^ à son arrivée en France. 11 accepte la médiation du Czar en faveur de Napics. I^e ministre russe passc-t-il en Italie, il veut qu'il y soit reçu dans Florence illuminée; que Murât? déploie le drapeau russe à côté du drapeau tricolore, et (|u*il proclame le concert des deux puissances pour le réiahlissemcnt de la paix continentide. En même temps , fidèle à ses instructions , Murât charme Fltalie par sa déférence respectueuse pour le Saint-Père.

r>i(Mitol la Heine de Napics, d'abord exclue de Farmistlic do Tréviso et de la paix de Ijiméville, cédera enfin; cl, par le traité du 28 mars, elle se soumettra à Tahandon de Sii politique s;uiguinaire ; elle consentira à la ot^sion de Tilc d'KIbe, entrepôt de TAngletenv; à Texclusion des Anglais de tous ses ports, et à riHHMipation tie 'Parente par douze mille Français <|u\»Ile soldera. On voit que plusieurs de ces oouilitii^ns iuiposées tendent déjà à Fisolement de r.\ui;ltMorrt\ Il en t*st de même des efforts heureux de IU)na parle |H>ur ivnou>eler ci^ntre elle, dans le Nord, la neulralilé armée. IV même encore , jxir la prise de

Page 1