‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiquesChapitre 58 sur 182 · L'UNIQUE DISTINCTION DU DÉTERMINISME UNIVERSEL · texte numérisé non relu

L'UNIQUE DISTINCTION DU DÉTERMINISME UNIVERSEL

quCnt, et sur lequel s'exercent, dans une éternelle actualité, la puissance et Tintelligence divines; et ils adriiettent en Dieu, d'une autre part, une conscience et une connaissance qui supposent relation, détermination et limitation du sujet et de l'objet : conditions inséparables de tout ce qu'on peut entendre par la fonction de la personne.

Toutefois ce panthéisme théologique s'éloigne, par son abstraction, de celui qui s'applique au monde dans le système néoplatonicien, parce que la création substituée à l'émanation, l'unité divine sérieusement maintenue en dépit des hypostases et à raison du double caractère, divin et humain, de la seconde, ont exigé une vue de la divinité plus anthropomorphique. Le monothéisme s'est affirmé dans le langage commun et dans l'exégèse philosophique de l'École avec autant de force que si le dogme judaïque eût régné dans sa pureté : au lieu que l'émanatisme néoplatonicien avait à traverser, pour s'élever à FUn, divinité vide d'ailleurs, la suite des hypostases et celle des dieux et des esprits qui n'étaientautres que les objets de l'ancien culte polythéiste. La supériorité de la doctrine chrétienne, à cet égard, tient donc au monothéisme, en dépit de ce que la dégradation du culte et les superstitions ont pu pour en affaiblir le sentiment. Elle tient, sous un autre rapport, à la dilTérence des idées sur la chute et le péché, et sur la valeur de la nature et de la vie.

Le christianisme n'a point fait, et surtout la tradition hébraïque ne faisait pas de la vie la suite d'une chute de l'àme dans la nature, dans la matière ^ suivant les termes de la descente platonicienne des âmes. Elle ne séparait point l'âme du corps pour l'idéal de la vie. Les chrétiens, tout en adoptant le langage spiritualiste de l'hellénisme, ont cru, avec la Bible, à la nécessité de l'organisme et à l'excellence de la nature créée pour

l'homme, altérée seulement par les suites du péché de l'homme. Le monde créé bon^ l'homme heureux et libre, placé, au commencement, dans ses conditions normales propres, dans un milieu adapté à sa constitution et à ses besoins, et maître d'y accomplir sa destinée ; puis, l'homme pécheur et corrompu par son œuvre, entraînant la nature dans sa chute; la douleur et la mort entrées dans le monde, mais la destinée des mortels régie par une loi céleste de réparation finale : telle est certainement, dépouillée de ses traits poétiques et légendaires, et réduite à sa plus simple expression, la théorie chrétienne de l'homme. Elle ouvre, entre une origine positive, la création, et une fin dernière, le bien par prédestination, des vues plus satisfaisantes pour le cœur que les perspectives infinies en arrière et en avant du monde de l'émanation spiritualiste, ou du monde de l'évolution matérialiste de l'univers.

La question souveraine do la théologie, au-dessous des points primordiaux ainsi établis, est de définir un rapport du Créateur à la créature, qui s'adapte à cette doctrine et en dissipe les obscurités. Le panthéisme théologique, ainsi que nous le nommons, s'est donné pour une solution de cette difficulté. Il a eu, comme cela devait être, le prédéterminisme absolu pour fondement. L'esprit simpliste et absolutiste, uni à l'ardeur de la foi religieuse, est porté à amplifier l'idée de la cause première et suprême jusqu'à en faire l'idée de la cause unique, sans songer, que s'il s'agit du Créateur, la confusion n'est logiquement possible qu'en refusant à la créature la qualité et le pouvoir d'une cause actuelle réelle. Mais alors le Créateur n'a pas vraiment créé, il n'est pas sorti de lui-môme, et le monde n'est que ses modifications.

Le déterminisme et le prédéterminisme répondent à une seule et même conception, quand la loi de l'en-

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