‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiquesChapitre 77 sur 182 · PENSÉES DE BERKELEY SUR LA MÉTHODE, L'ESPRIT. ETC · texte numérisé non relu

PENSÉES DE BERKELEY SUR LA MÉTHODE, L'ESPRIT. ETC

notions fondamentales, la méthode pliénoménisteet relativiste, s'il n'avait subi à la fois rinfluence de FEglise et, on philosophie, celle d'un extrême empirisme qui, ne permettant pas à la notion de loi de se formuler, ne laissait que le recours à Dieu direct pour toute explication de l'unité et de l'hartnonie des phénomènes. On lit, en effet, dans un recueil de notes do Borkoley : ad seipsiDu, écrites a l'époque où il était encore étudiant au Collège de la Trinité, à Dublin, des sentences qui semblent d'un phénoménisme dissolvant, et d'autres qui les démentent en délinissant la réalité par des opérations synthétiques de l'entendement. Il n'eût fallu que chercher le principe qui concilie ces deux opérations effectuées sur les idées.

Sentences dissolvantes : « Vous dites : il doit y avoir une substance pensante, quelque chose d'inconnu qui perçoit, qui supporte et relie les idées. Je dis, moi : faites voir qu'il est besoin d'une semblable chose...

« La substance d'un esprit, c'est agir, causer, vouloir, opérer...

« L'existence même des idées constitue l'àme. Conscience, perception, existence des idées sont la môme chose, semble- t-il...

« Il n'y a pas deux idées dont la connexion soit nécessaire...

« Tout n'est que résultat de la liberté. Tout est volontaire...

« Demander si l'on peut vouloir en deux sens opposés, c'est une question absurde, car le mot pouvoir présuppose volition.

« Point d'idées générales; le contraire, source de confusion ou d'erreur en mathématiques...

« Si les hommes n'avaient pris les mots pour des choses, ils n'auraient jamais pensé à des idées abstraites...

2of. LA PHILOSOPHIE CRITIQUE

« Qu'avons-nousaiï'aire des idées générales? Nous ne les connaissons pas, nous ne les percevons pas...

« Question : que deviennent les ;i'lernœ veritates? Elles disparaissent...

« Je ne sais pas ce que les philosophes entendent par les choses considérées en elles-mêmes; non sens, jargon. »

On remarquera, car c'est le point où la dissociation des idées est la plus étonnante, que celle des sentences qui louche In question du libre arbitre, fait heaucouj) plus que la trancher, car elle passe par-dessus le lait de la présence des motifs et de la délibération, inhérente à l'exercice de la libellé, liei'keley imagine la volonté individuelle pure et la liberté absolue. C'est aussi là le sens de son obsei'vation qui met le vouloii' avant le ponvoir. Voici maintenant la contrepartie de la négation de l'universel et de l'abstrait :

« Je ne dois pas nommer l'enlendenient une faculté ou une partie de l'inlelligcnce [of the niind). Je dois enfermer renlendement et la volonté dans le mot esprit {spirit), par lequel j'entends tout ce <[ui est actif. Je ne dois pas dire que l'entcudenient ne dilfère pas des idées particulières, ou la volonté des volitions particulières. L'esprit, rintelligence n'est ni une volition ni une idée. Je dis (ju'il n'y a de causes, à proprement parler, que spirituelles; rien d'actif que l'espi'it...

« La volonté est ac/i/s p///'(/s, ou plutôt esprit j>ur, non imaginable, non intelligible, nullement objet tle renlendement, nullement percevable...

« Il me semble que la volonté et l'entendement, les volitions et les idées ne sauraient être séparées; (jHil ne se peut pas que l'un soit sans l'autre...

« Je pense que le jugement implique volition...

« C'est folie de chercher ce qui détermine la volonté...

Page 1