‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiques [microform];Chapitre 57 sur 148 · LE SYSTÈMI-: DES OYPOSTASES DANS LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LE SYSTÈMI-: DES OYPOSTASES DANS LE CHRISTIANISME

que les religions avaient toutes et toujours assez défini en regardant les dieux comme doués de connaissance et de volonté. D'une autre part, Fincarnation du Logos était le recul de la foi judaïque à une mythologie de bas ordre.

S'il se fût agi d'une franche mythologie, telle que le vichnouisme avec ses avatars, ou le vieux polythéisme hellénique avec ses métamorphoses, l'idée de l'incarnation n'aurait point créé d'embarras. Mais, pour le christianisme, issu Ihéologiquement du judaïsme, il était également difficile de comprendre l'union de l'être de Dieu avec un corps borné et misérable, le passage de l'un dans l'autre, ou d'avouer qu'il ne fallait •entendre la chose qu'au sens ligure. On crut, dans une certaine secte, que l'auteur de l'Évangile selon Jean n'avait voulu attribuer au Lor/os, venu parmi les siens, les/Us de Dieu, les amis de la Lumière, que l'apparence d'un corps humain. Et après qu'il eut été convenu que le Logos était venu au monde en une vraie chair d'homme [caro facium est), la question logique demeura sourdement insoluble. Un docteur scolastique célèbre, le Maîlrede 'sentences, au cœur du moven àere, demandait, naïvement peut-être, comment on devait entendre ces expressions orthodoxes : Dieu a été fait homme, le fils de Dieu a été fait fils de V homme ? Est-ce qu'il se peut que Dieu ait été fait quelque chose ?

Le moil'àivnpersona s'était étendu peu à peu de l'idée de masque à l'idée de rôle, ou de personnage tenant un rôle, et, de celle-ci, à l'acception devenue commune de personne. Ce dernier sens existait déjà au ii*' siècle et lut employé par les jurisconsultes, dans la suite, pour désigner l'agent, par opposition à l'action ou à la chose laite. Il n'y eût eu rien de plus simple, puisqu'on professait le monothéisme, que de regarder les hypostases définies par les philosophes émanatistes comme les

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noms des attributs principaux du dieu unique cl créateur; mais il fallait en ce cas définir la divinité du Christ, non comme l'identité avec Dieu par consulistantiation, mais comme la participation aux attributs, ou sous quelque mode du genre de ceux dont le prophétisme juif s'était servi pour se représenter la personne du Messie dans le plan du monde, dès son origine (ci la droite de Dieu, en termes symboliques usités). Cette doctrine, logiquement défendable, ne put prévaloir sur le fanatisme. D'un autre côté, l'attribut de la personnalité ne pouvait pas, pour les chrétiens, se détacher de la notion d'hypostase, parce que le Fils, unissant la nalwe humaine à la na^/n-e divine, devait nécessairemeni posséder, à titre d'homme, la conscience personnelle. En outre, l'idée du Père s'éloignait trop peu de celle de Dieu absolument parlant, et elle était trop personnalisée par la forme consacrée du dogme de la rédemption, suivant laquelle le Père commandait au Fils (ou acceptait du Fils) le sacrificti requis pour le salut des hommes, pour qu'il lut possible de réduire la première hypostase, plus que la seconde, à l'impersonnalité. Ne pouvant donc ni renier le monothéisme, ni éviter de personnifier les hypostases, les évéques fondateurs du dogme décrétèrent une théorie d'après laquelle Dieu, l'Eternel, qui était une personne, devait être uni substantiellement à une autre personne, éternellement engendrée par elle, et ne formant qu'un seul et même dieu avec «lie, et si différente d'elle, cependant, qu'elle devait se faire homme, et subir le dernier supplice en qualité d'homme, sans que la première personne, sa consubstantielle, reçut aucune atteinte en son immutabilité. Cette étrange conception, imaginée tout exprès pour être un mystère, comme "ces docteurs la nommèrent, humainement irrévélable, dut à son tour donner l'entrée, par voie de procession, fut-il dit cette fois, et non plus

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