LES POSTULATS
La Critir/ue de la Raison pare nous conduit à regarder le monde empirique comme un système de représenta-
lermmée, (f/iiibus eu delcnnlnalur), reçoivent à volonté, en allemand, le sens exactement contradictoire : qu'elle détermine, et ce dernier sens a été préféré en effet par M. Picavet, le plus récent traducteur Irançais de Ja Critique de la raison pratique (p. J77j. Nous faisons cette remarque pour relever l'étonnante singularité d'une théorie qui permet véritablement iun des deux sens, ou l'autre, à volonté, des trois mots, quelle quait pu être la direction de la pensée propre de Kant, en les écrivant. Nous croyons sans peine que le point de vue des phénomènes est le i)lus naturel. Cost l'acte désigné comme l'aboutissement de tout le passé, par lequel cet acte est déterminé; mais le point de vue du noumène n'est pas moins celui que Kant nous impose également : l'acte, cause unique de tous ces phénomènes du passé qu'il détermine tout en les paraissant suivre temporellement. Le mot de l'énigme, c'est que la loi de succession n'est qu'une apparence, et, pour aller plus au fond, c'est que le noumène lui-même est un pour tous les hommes. Il ne se pourrait pas autrement que leurs actes temporels fussent impli- •lués les uns par les autres, comme l'exige le déterminisme qui les fait tous solidaires. On peut donc ainsi remonter de la théorie de la liberté de Kant au panthéisme théologique, à moins qu'on ne préfère la doctrine de la chute universelle de la Volonté, de Schopenhauer.
Renouvieu. — Problèmes métaphys.
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lions dans Fespace et dans le temps, qui, cux-mômes, sont en nous, et à nous compter nous-mêmes, avec tout ce qui informe notre conscience, au nombre de ces phénomènes entraînés par la nécessité. L'acte de reconnaître en même temps cette conscience comme un noumène, cet acte lui-même est un de ces pliénomones, selon la propre déclaration de Kant. Enfin, les démonstrations de Dieu et de l'immortalité données par les métaphysiciens, ne sont que nos propres idées, auxquelles nous prétons la vertu, que logiquement elles n'ont pas, de prouver la réalité externe de leurs objets.
D'une autre part, la Cntupte de la Raison pratique, la notion du devoir, la reconnaissance de lu liberté, que la loi morale implique, nous conduisent à rapporter notre conscience à un sujet en soi, hors des phénomènes. Cette idée, d'origine et d'usage tout pratiques, ne répond pas pour nous à une connaissance tliéorique réelle, en sorte que nous ne saurions la dire plus démontrée que l'ancienne notion de ràme-substance. Toutefois (( le concept de la liberté est le seul qui nous dispense de sortir de nous-méme pour trouver l'absolu et rintelligible en correspondance avec le conditionné et le sensible. C'est notre propre raison qui, grâce à la loi suprême absolument pratique, et à la nature de cette loi consciente, se connaît comme appartenant au monde purement intelligible, et détermine en même temps ce qu'il lui appartient de faire en cette qualité. On peut ainsi comprendre que, de toute la faculté rationnelle, il n'y ait que la rationnelle pratique qui puisse nous transporter au delà du monde sensible et nous fournir des connaissances d'un ordre et d'une connexion suprasensibles». Kant ajoute, et cela s'accorde mal avec la nature des connaissances, — il leur donne cette fois ce nom, - qu' « elles ne peuvent, pour cette raison même, être étendues qu'autant qu'on le trouve néces-