‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 132 sur 296 · LIVRE Y. — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE Y. — CHAPITRE IX

dernier, l’ordre entier se divise en sept modules : la partie carrée de l’ordre a toujours deux modules, mais la partie circulaire en a cinq.

C’est ce mode qui a été adopté par l’architecte du temple de Thésée. Pour éviter des questions de chiffres qui, à la long’ue, deviennent fastidieuses, nous renvoyons simplement à notre tableau comparatif N“ 2, pag*e 250.

L’érection du temple de Thésée est une des époques les plus mémorables de l’histoire de l’art. Sous tous les rapports, ce monument est très-supérieur au temple d’Ég*ine; l’école attique y prend victorieusement le dessus, en manifestant déjà cette supériorité éclatante qui g’randira encore et excitera l’admiration des contemporains et des siècles futurs.

L’architecture se montre à la hauteur de la sculpture dans la science des proportions et fait un pas décisif en avant par l’adoption d’un nouveau mode. Au point de vue relig-ieux, ce prog’rès fut contesté, comme nous le verrons bientôt; mais, au point de vue artistique, au point de vue de l’ag'randissement du domaine de l’art, si étroitement limité dans les premiers âg-es, c’est un avantagée incontestable. Cette innovation, qui peut-être alors passa pour une témérité, est un fait d’une g’rande importance : ce fait ne consiste pas seulement dans l’adoption d’un nouveau mode ég'yptien ; il prouve l’application à plusieurs modes du principe de corrélation des divisions verticales et des divisions horizontales, principe que nous retrouverons, sinon partout, du moins à la plupart des époques postérieures. Le temple de Thésée est la première manifeslation de la facilité merveilleuse avec laquelle l’ordre dorique se prête à toutes les transformations, à toutes les nuances de style. Nous le verrons bientôt parcourir à lui seul l’échelle entière des proportions, puis, se transformant, rivaliser d’élég’ance et de richesse avec l’ionique et le corinthien.

§ 2. — Le temple de Délos

On a trouvé, parmi les ruines de Délos, des frag’ments qu’on attribue au temple d'Apollon. Il ne reste presque rien du plan; mais ces

fragriients, assez nombreux, ont permis de reconstituer l’ensemble d’une partie du portique. Ce petit édifice, dont il est difficile de préciser le g’enre, était d’ordre dorique, et on y a rig'oureusement suivi le mode lieptamétrique (1). Pour le détail des proportions, voyez notre tableau N” 2.

Les colonnes n’ont que 5“,20 de hauteur et ne sont cannelées qu’audessous du cliapiteau et à leur base. L’espace intermédiaire est resté brut, comme à l’ancien Parthénon et au temple de Ség'este, restés inachevés.

Les inscriptions relatives au temple d’Érechtbée prouvent que c’était le procédé constant de l’architecture g*rccque de ne sculpter les colonnes que sur place. On craig’nait d’exposer leurs arêtes fines et délicates aux accidents irréparables de la construction.

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