‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 229 sur 296 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

l’ordre corinthien, école grecque

Le Monument chovégique de Lysicrate.

Ce charmant petit monoptère est d’autant plus précieux qu’il nous offre le seul exemple complet d’un ordre corinthien purement g-rec. Il est entièrement construit en marhre, et les fûts des six colonnes qui occupent sa circonférence sont monolithes ainsi que sa coupole.

Suivant l’inscription g'ravée sur l’architrave circulaire, ce monument honorifique a été érig'é sous l’archontat d’Evaénète, la deuxième année de la cii" olympiade , c’est-à-dire 334 ans avant notre ère, à l’époque où florissaient Apelles et Scopas.

Vitruve est dans le vrai lorsqu’il dit que « l’ordre corinthien n’a point « d’ordonnance propre et particulière pour sa corniche ni pour ses « autres ornements ; que la frise est souvent ornée de sculptures , de « même que la frise ionique; que sa corniche est presque toujours « avec des denticules; enfin, qu’il n’a rien de particulier que le cha- « piteau (1) r>. Tout ceci s’applique en effet au monument de Lysicrate.

Mais, lorsque Vitruve ajoute que « quelquefois l’ordre corinthien a « une corniche dorique avec des mutules telles que celles qui conviencf nent aux trig-lyphes, et des g’outtes dans son architrave (2) il a en vue des édifices d’un autre âg’e, très-postérieurs au monument qui nous occupe.

Cet autre passag’e du môme auteur peut aussi, jusqu’à un certain point, trouver ici son application : « Les colonnes corinthiennes, dit-

il) Liv. IV, ch. T.

(2) Id.

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Fig’. 101. — Monument chorégique fie Lysicrate.

« il , ont les mêmes proportions que les colonnes ioniques , à la réserve U du chapiteau, dont la hauteur fait qu’elles sont à proportion plus « hautes et plus g’rêles (1). »

Les colonnes du monument chorég“ique de Lysicrate ont 10 diamètres de hauteur, dont un et un tiers est donné au chapiteau. La colonne, moins le chapiteau, aurait par conséquent 8 diamètres et deux tiers, et, avec un chapiteau ionique, 9 diamètres de hauteur. Or cette proportion, ainsi que nous l’avons vu plus haut, est, en moyenne, celle des colonnes ioniques. Toutefois Vitruve donne au passag’e que nous venons de rapporter une autre interprétation , et cite des proportions fort différentes que nous croyons empruntées à l’école étrusque. Nous y reviendrons en temps opportun.

Déjà, vers la fin du v° siècle, l’architecte de l’Erechthéion , en donnant à la tribune des Cariatides une corniche ionique, avait judicieusement diminué la saillie exag*érée des denticules; ce perfectionnement se reproduit dans la corniche de notre monoptère. On y remarque aussi que la g’rande cymaise est remplacée par une rang-ée de palmettes.

L’entablement tout entier est composé des mêmes éléments que l’entablement ionique , et ses trois parties constitutives sont entre elles à peu près dans les mêmes rapports. Quant à sa proportion relativement à la colonne, celle-ci ayant g’randi de 1 diamètre, il a dû g’randir en conséquence. Un parallèle fera mieux sentir la différence qui en résulte.

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