CHAPITRE VII
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Une médaille de Vespasien représente au revers la façade du temple de Jupiter Capitolin; cette façade est hexasfyle et d’ordre corinthien. « Les pontifes ne voulaient pas, dit Tacite, que l’ancienne forme fût « chang’ée. » L’ancienne forme, pour les prêtres contemporains de Vespasien, c’était celle du temple construit par Sylla. Donc ce dernier, qu’on imitait, était hexastyle, et ce n’est pas incompatible avec la
Fig. 108. — Médaille de Vespasien.
manière toscane : Sylla avait simplement ajouté « deux ailes » au temple primitif.
Sauf les dimensions, la description de Denys d’Halicarnasse n’est point non plus contraire aux principes des temples toscans. Voulant donner, par comparaison , une idée du temple primitif, cet historien décrit ainsi celui qui a été reconstruit par Sylla ; « Il était presque « aussi largue que long*. La partie de sa façade qui reg’arde le midi « présente (rois rangs de colonnes; aux côtés il y en a deux. Le dedans « comprend trois sanctuaires parallèles qui ont des côtés communs : « celui de Jupiter est au milieu, celui de Junon d’un côté, celui de
« Minerve de l’autre , tous les trois sous le même toit et sous le même « faîte (1). »
Les colonnes corinthiennes du temple de Jupiter Olympien à Athènes, que Sylla fît transporter à Rome pour les employer à la construction du temple de Jupiter Capitolin, durent contribuer puissamment à la mag'nificence de ce vaste péristyle. Cette disposition j^randiose était sans doute, comme dit Tacite, « destinée à contenir une très-g'rande « multitude». On sait que les prêtres seuls entraient dans les sanctuaires.
Les temples à la manière toscane, ayant nécessairement des entrecolonnements fort larg-es, exig-ent des architraves de bois ; ils devaient être ainsi au premier temple et même au second. C’est du moins, quant à ce dernier, ce qu’on pourrait peut-être conclure de ce passag'e de Tacite : « Les aigles en vieux bois , et servant d’apjmi au faîte , attirèrent les flammes, etc. »
La médaille de Vespasien prouve que l’on a respecté la déclaration des aruspices, en ne chang'eant pas « l’ancienne forme ». Cependant « la hauteur du monument fut augmientée, seule addition permise par « les pontifes. » Nous ferons observer que le nouveau temple étant élevé sur le même plan que l’ancien et d’ordre corinthien comme lui , il ne peut être question d’allong’er seulement les colonnes qui devaient avoir, de part et d’autre, à peu près la même proportion. Il est donc très-probable que l’aug'mentation permise aura été demandée et obtenue afin de pouvoir employer des colonnes d’un plus g-rand diamètre, et par conséquent plus hautes, mais dans le seul but d’obtenir des entre-colonnements moins Iarg*es, et se donner ainsi la possibilité d’employer des architraves de marbre. C’est là, croyons-nous, « cegiii « sembla avoir manqué à la magnificence du premier temple [t) », d’autant plus qu’alors tous les temples se construisaient en marbre, à Rome, depuis long'temps.
Canina a publié , dans son ouvrag’e intitulé : Il Foro romano, une restauration du temple de Jupiter Capitolin, d’après la médaille de
(1) Liv. III, cliap. XXI. Voyez notre plan lig. lOG.
(2) C’t'sL-à-dire celui qui fut reconstruit par Sylla.