‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 250 sur 296 · LIVRE VIII. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE VIII

ment appelé temple des Castors, s’élevait près du lac de Julurne, et son portique dominait le forum romain. Voué très-anciennement par le dictateur Postumius, il fut reconstruit par Tibère, « au nom de son frère et au sien », et aussi « du prix des dépouilles de l’ennemi (1) ».

Il ne reste aucun vestig*e de ce monument qu’il ne faut pas confondre avec un autre temple de Castor et Pollux fondé par Tibère, à Naples, et publié par Palladio. Les historiens ne font aucune mention de ce dernier, mais il a conservé son inscription en lettres g*recques :

TIBEPIOZ lOYAIOZ TAPZOZ AlOZ KOYPOIZ KAI THI nOAEI TON NAON KAI TA EN THI NAHI

nEAArnN zebaztoy aheaeyoepoz kai EniTPonoz

ZYNTEAEZAZ EK TON lAlHN KAOIEPOZEN.

Laquelle sig'nifie, dit Palladio, que : « Tibère a dédié aux fils de Jupiter (c’est-à-dire à Castor et à Pollux) et à la cité ce temple et ce qu’il contient, et que Pélag'on , procurateur d’Augmste, le termina de ses propres deniers et le consacra (2) » .

Ce temple était prostyle, hexastyle et d’ordre corinthien.

Palladio loue l’ajustement origûnal des caulicoles. Cependant il n’a pas mesuré, mais simplement dessiné ces remarquables chapiteaux, car celui qu’il donne a été évidemment tracé d’après la méthode systématique de Vitruve. Les proportions que nous donnons de ce même chapiteau, dans notre tableau n" 3, sont empruntées à une étude mesurée, et dessinée d’après l’antique au quart de l’exécution.

Les colonnes sont sveltes et [l’ensemble bien proportionné. Nous y reviendrons dans un autre chapitre.

Un monument de la même époque et du même style a été publié successivement par Palladio, par Casas, par Stuart et Revett. C’est le

(1) Suét., t. I, Tibère, cliap. xx.

(2) Liv. IV, chap. xxiv.

temple de Rome et d’Aug’uste à Pola, en Istrie. Voici l’inscription gravée sur la frise :

ROMÂEET-AVGVSTO-CAESARI-INVF-PATRIPATRIAE-

Cette inscription prouve l’exactitude de Suétone lorsqu’il nous apprend que k les provinces dédiaient des temples à Aug*uste , et qu’il n’en accepta aucun , à moins que ce ne fût à la fois au nom de Rome et au sien (1) ». Les auteurs anciens, les inscriptions et les médailles mentionnent un g'rand nombre de temples dont il ne reste plus de trace et qui furent érig’és « à la déesse Rome et au dieu Aug’uste » .

Parmi les temples d’Aug’uste qui ont laissé des vestig’es, celui de Pola est le mieux conservé. Il est prostyle, tétrastyle et d’ordre corinthien. Ses proportions sont très-élég’antes et fort analog’ues à cellesdu temple de Castor et Pollux. Stuart fait observer que Desg’odets, qui a découvert quelques erreurs dans les dessins que Palladio a donnés de plusieurs autres monuments, aurait trouvé, dans ceux dont il est ici question , une plus ample matière à critique (2). Les dessins de Stuart et Revett sont en effet les plus soig’nés, les plus exacts, et ce sont eux que nous avons suivis. « Les fûts des colonnes, disent-ils, sont d’un très-beau marbre, leurs bases (qui sont attiques) n’ont point de plinthes, ce qui mérite d’être observé (3). » Nous ajouterons que la corniche du stylobate est au-dessous de la dernière marche du perron , ce qui, en pareil cas, est indispensable.

Un monument sur lequel les antiquaires n’ont jamais pu s’accorder pour lui assig’ner une destination et une date, en un mot l’édifice connu sous le nom de temple de Jupiter Stator, si remarquable par son style, surtout par son admirable corniche fort semblable, mais supérieure à celle du temple de la Concorde, nous semble, à plus d’un titre, devoir prendre place parmi les trois temples de l’école romanog’recque que nous venons de sig’naler.

(I) ^uét. , Ocl . Avr/., ux et lu. *

{‘j) Stuart et Revett, d’Ath., t. TV, cliap. ii.

(3) Td.

Page 1