CHAPITRE
elles s’échaufferaient faute d’avoir de l’air, et se pourriraient bientôt.
« Sur ces pièces de bois et les mvrs qui sont dessus les mutules se prolong-eront en avant, et auront une saillie ég-ale au quart de la hauteur des colonnes (1). »
Perrault fait observer que ce texte est fort obscur pour être trop concis; « il serait nécessaire, dit-il, qu’il eût expliqué si la g'randeur que doivent avoir les pièces de bois étant jointes ensemble ne doit être entendue que de leur largeur, ou si elle se doit aussi entendre de leur hauteur, ainsi que Palladio l’a interprété (2) ».
Le portique du Camp des Soldats tranche nettement cette question. La pièce de bois formant les architraves de ce portique n’est qu’une plate-forme d’un seul morceau, éijalant la largeur du haut des colonnes, mais n’ayant d’épaisseur que le tiers de cette même largeur. Un fait très-remarquable, c’est que l’architrave de pierre du temple de Gora n’a aussi, en hauteur, que le tiers du diamètre supérieur des colonnes (3). Il est évident, d’après ces exemples, que Vitruve a entendu deux pièces de bois carrées. Leur hauteur serait donc d’un peu moins d’un demi-diamètre supérieur, à cause de l’intervalle de deux doigds qui les sépare. Cette dimension est supérieure à celle du portique pompéien, et eela devait être, puisque les architraves du temple toscan de Vitruve sont posées sur des colonnes très-écartées et supportent un fronton. C’est là sans doute ce qu’il faut entendre par une architrave « de la hauteur que demande le module (ou plutôt le mode) de l’ouvrage ». Cette hauteur, étant variable selon les cas, ne devait pas être déterminée.
(1) Liv. IV, diap. vu, § 4, o.
(2) Trad. de Vitr., note 3 du cliap. vu.
(3) Cette hauteur est de 0'",208, laquelle X 3 = 0“,624; le diamètre supérieur est de 0“,r)25.