‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 23 sur 327 · THERE · texte numérisé non relu

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de Notre-Dame, «et est demeuré ladite image ès mains de nous, « baiïlly »!.

Ïl n’était pas rare qu’en des circonstances pressantes les cloches des églises fussent converties en canons ; nous avons vu plus haut, sous l’année 1495, le parti auquel s'était arrêtée la ville de Reims en un cas d'alarme. Il semblait dès lors assez naturel que, la guerre terminée, les canons reprissent leur première forme: c’est ce que pensa sans doute Charles VIE, quand, au retour d'Italie, il donna six canons à la ville de Lyon pour en faire des cloches. Ce prince avait hérité de son père « un gros et merveilleux nombre d'artillerie, et « l'équipage qu'il y fallait *», lequel n’était pas inférieur à trente mille chevaux.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons eu occasion de dire de cette artillerie, non plus que sur la composition de nos armées. On sait qu’en ce qui touche l'infanterie, Louis XI, sans dédaigner complètement les francs-archers, avait cru devoir s'appuyer sur les bandes étrangères, et particulièrement sur les Suisses, dont il avait apprécié la valeur. Charles VIIT, tout en adoptant ce système, crut devoir, en 1485, faire, à raison d’un homme sur 55 feux, une nouvelle levée de francs-archers, par cette considération que « gens de cheval ne peuvent aisément faire grand exploit sans « gens de pied». C'était toute une révolution dans l’art de la guerre que marquaient ces simples mots ; aussi peut-il être intéressant de connaître la composition de l’armée avec laquelle Charles

envahit l'ftalie. Elle comprenait dix mille Suisses, armés, 6,000 de ces longues piques particulières à leur nation, 2,000 de hallebardes et 2,000 de bombardes à main ; 24,000 fantassins français portant des ares et appelés Zarrons ou archers ; 12,000 arbalétriers bretons et gascons ; en tout 46,000 hommes de pied, sous les ordres d’Engelbert, due de Clèves, et sous la protection de mille cavaliers. — Le duc d'Orléans commandait toute la cavalerie partagée en trois corps, dont l’un comptait 4,000 lances de trois

1 Arch. dép. de la Marne, G 158, f 61, ve.

? Boutaric, Inst. milit., p. 368.

3 1d., ibid., p. 362; sous Charles VIE, il n’en fallait que douze mille.

4 Ordonnance du 8 septembre 1485. Boutaric, p. 329.

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