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le comte de Soissons, néantmoings comme il ne peult pas être informé de nos volontés, estant hors de notre royaume, nous vous faisons cette lettre
par laquelle nous vous deffendons très expressément de prendre ses ordres et de les recognoistre pour quelque occasion que ce puisse être, voulant qu’en cas qu'il vous en ayt adressé ou adresse ci après ou vous ayt escript, vous ayez à nous envoyer ses letfres incontinent et sans délay. Sy ny faictes faute, car tel est notre plaisir.
Donné à Noisy, le 20° jour de décembre 1636.
Signé : LOUIS. Contresigné : SUBLET.
Chers et bien amez, Ayans receu en l’honneur de nos bonnes grâces nostre très cher et très amé cousin le comte de Soissons, et nous promettans de Iuy désormais autant d’affection et de service que nous avions eu de sujet depuis quelque temps de n’estre pas satisfaicts de sa conduitte, nous vous faisons celte lettre pour vous en donner advis et vous dire que nous voulons que vous luy rendiez les respects deuz à une personne qui a l'honneur de nous appartenir de si près et qui nous est si chère comme est nostre dit cousin. Si n’y faictes faulte, car tel est notre plaisir.
De nostre chasteau de Madrid, le 31° jour de juillet 1637.
Signé : LOUIS. Contresigné : BOUTHILLIER.
Chers et bien amez, La crainte que nous avons que certains bruits qui s’espandent depuis quelque temps des nouvelles factions que quelques-uns de nos sujects taschent de faire pour troubler le repos de nostre estat vous donnent de laprehension pour n’en sçavoir pas les particularités nous a fait résoudre de vous en donner avis, et vous faire cognoistre au mesme temps que la descouverte estant un des principaux remèdes de tels maux, vous n’avez grâces à Dieu rien à craindre des mauvais desseins qui se descouvrent maintenant.
Dieu qui a fait paroïistre en diverses occasions la singulière protection qu'il prend de ce royaume a permis que depuis un an quelques uns de ceux qui ont esté envoyés par les sieurs de Soubize et de la Valette pour corrompre la fidélité de diverses personnes de nos sujects soient tombez
entre nos mains et que par leur moyen nous ayons apris que lesdits de Soubize et de la Valette, faisant croire au roi d'Espagne qu'ilz pouvoient faire souslever quelques unes de nos provinces, quoy que leur fidélité soit
entièrement asseurée, fraitaient avec lui pour faire avec ses armes une s À descente en Bretagne, en Aunis ou en la rivière de Bordeaux; qu’au 1 mesme temps que ce project ourdi dès le temps que la dame de Chevreuse }} estoit en Espagne auroit son effet, on leur faisoit espérer que du costé de Sedan une armée conduite par d’autres de nos sujects entreroit + dans la Champagne en suite des négociations faites à cette fin par l’abbé ‘f
de Mercy qui sous différents prétextes a fait diverses allées et venues en Allemagne, à Sedan et à Bruxelles.
Nous aurions mesprisé et teu ces desseins comme impuissans, ainsy que nous avons fait depuis deux ans des sollicitations faites à des maistres de camp tant de pied que de cheval de nos armées pour les faire manquer à la fidélité qu’ilz nous doivent, les offres de brusler nos vaisseaux, l’envoy faict à Brest pour en recongnoistre les moyens et une entreprise sur Metz, que le ducde la Valette vouloit faire tomber entre les mains des Espagnols au préjudice de son propre sang nostre cousin le cardinal son frère, dont la fidélité estoit telle que beaucoup attribuent sa mort au desplaisir qu'il conceut d’une telle trahison, si leur continuation ne nous faisoit cognoistre que ce que nous attribuyons au commencement à la légèreté, est une ‘suite de malice noire et enracinée, à laquelle nous sommes d’autant plus obligez de remédier que ceux qui en sont les autheurs ont tousjours abuzé de nostre indulgence.
Nous n’eussions jamais creu qu'après avoir pardonné au comte de Soissons, nostre cousin, la mauvaise trame qu’il fit contre nostre service, en
mil six cents frente-six, lorsque nous confiions nos armes entre ses mains,
il se fust embarqué de nouveau dans des desseins pareïls à ceux qui sont venus depuis quelque temps à nostre cognoissance. Mais la capture de divers esprits factieux envoyés dans nos provinces pour y lever des gens de guerre contre nostre service, desbaucher ceux qui sont enrollez dans nos {rouppes, et ébranler la fidélité de nos sujects;
Les levées publicques qui se font au Liège sous le nom et sous les commissions de nostre dif cousin ;
Les hostillitez commises contre les corps de gardes establis par nos gouverneurs dans nos frontières, jusques à tuer des soldats qui n’aaient autre ordre que d’empescher la sortye des bledz de nostre royaume ;
L'entreprise ouverte sur le Montolimpe, dont le complot a esté non seulement fait dans Sedan, maïs qu’on a tasché par deux fois d'exécuter ji avec les trouppes qui sonten cette place jointes à celles du Roi d’Espagne, ceque la notoriété a fait cognoistre à toute nostre frontière de Champagne,
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et qui est authentiquement vériffié par lettres originales, par la capture de quelques prisonniers employez à cette affaire, et par la déposition de ceux qu'on a voulu corrompre à cette fin ;
L'envoi d’un nommé Vaucelle à nostre très cher et très amé frère le duc d'Orléans qui semble n'avoir esté permis que pour nous donner lieu de recevoir de nouveaux tesmoignages de la fidélité de nostre dit frère, et des preuves d'autant plus notoires de la malice de ceux qui le vouloient perdre, que ledit Vaucelles estant tombé entre nos mains, lorsque s’en retournant à Sedan, il pensait avoir évité tout péril, recognoist avoir esté envoyé pour faire sçavoir à nostre dit frère que le comte de Soissons, le duc de Guise et le duc de Bouillon ont traité avecq le cardinal infant pour le Roi d'Espagne, que ledit cardinal leur promet de notables sommes de deniers dont ils ont desja tousché partye pour faire des levées de gens de guerre qui, jointes à d’autres troupes, doivent agir contre la France, et qu’au cas que nosire dit frère refuse le commandement de cette armée, ledit sieur comte de Soi chef ;
ns en doit estre le
Le voyage public du duc de Guise à Bruxelles pour plus grande seureté de ce traitté, nous ont donné une si claire cognoi
ance de ce dont nous estions bien aise de douter, que nous n’avons pu sans manquer à ce que nous devons à nostre Estat et à nous-mesme différer davantage de vous faire sçavoir que ledit comte de Soissons, les ducs de Guise et de Bouillon s’estant déclarez nos ennemis par les actions ci dessus spécifiées, actions d'autant plus infâmes qu’elles les unissent à ceux qui n’ont autre fin que la ruine de cet estat, nous voulons qu’ils soient recogneus de tous nos subjectz pour en estre ennemis déclarez si dans un mois ilz ne recognoissent leurs fautes et n’ont recours à nostre clémence.
Comme le soin que nous devons avoir de ce royaume nous oblige à n’oublier aucune précaution nécessaire à la conservation de son repos, l’asseurance que nous avons de vostre fidélité fait que nous ne doutons point que vous ne faciès ce que nous pouvons désirer de votre vigilence à ce que s’il se découvre quelque suite de ces malheureuses trames aux provinces où vous estes, ceux quiy tremperont soient si promptement saisis que leursmauvais desseins ne soient pas plus tôt esclos que chastiez ; moyennant cette conduite de vostre part, et la bénédiction de Dieu, à qui nous recognoissons devoir tous les bons succez qui nous arrivent, nous ne craignons point de vous asseurer que la malice de ces mauvais esprits ne fera tort qu'à eux-mesmes, et que vous en retirerez un grand avantage, en ce que les ennemis de cet estat se destrompans à leurs despens des espérances qu’ils ont peu concevoir jusques à présent des vaines propositions qui leur ont esté faictes par les susnommés, se rendront aussy disposez à une bonne paix qu'ils s’en sont esloignez jus-
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ques à cette heure. Nous demandons à Dieu ce bonheur de tout nostre cœur .
Donné à Abbeville, ce douzième jour de juin 1641. Signé : LOUIS. Contresigné : BOUTHILLIER.