SIXIÈME SÉQUENCE (HYMNE
Gaude visceribus mater in intimis, Félix ecclesia, quae sacra replicas Sanctai festa Mariœ :
Plaudànt astra,solum, mare.
Cujus magnifica est generalio Cujus vila sacris claruit aclibus, Cujus finis honorem Summum sine tenet fine ;
Quœ virgo peperit virgoquc permanel, Lactavit propriis uberibus Deum, Portantemque gerebat Ulnis prona trcmcnlibus.
Félix multiplici laude puerpera, Régis porta sui clausa perenniter, Mundi Stella fluentis, Floris virgula regia.
Te nunc suppliciter, sancta Theotocos Régis perpetui sponsaque poscimus,
Ut nos semper, ubique
Miti munere protegas.
Sanctis obtineas virgo precatibus Pacis pnesidium dulce diutinœ
Nobis atque beati
Regni doua perennia.
Prscsta summe patcr, Patris et Unice, Amborumque simul Spiritus, annue, Qui régnas Deus unus Omni tempore sœculi.
DRAMES LITI'RGIQVKIS DANS LES KfiMSI-.S. 285
Cette pièce n'est pas une Séquence, mais h'ien une Hymne rég-ulière, composée d'après l'ancien système prosodique, sauf l'allongement de la césure en doux endroits (Ecclesia, magnifica) et de la seconde syllabe de « Theotocos. » La première de ces licences se rencontre fréquemment dans les po(iies les plus estimés. Les deux premiers vers de chaque strophe sont asclépiades, le troisième est phérécratien et le quatrième glyconique. Le choix des Hymnes n'est pas tellement varié qu'on ne puisse regretter celle-ci.
Les recueils d'Hymnes et de Séquences imprimés pendant les xv" et wi" siècles ne font aucune mention de la fête de la Présentation de la sainte Vierge. Cette omission est d'autant plus singulière que cette fête a été célébrée pendant le moyen âge, et qu'on y chantait deux Séquences, ainsi qu'on peut en acquérir la preuve dans le manuscrit 90i de la Bibliothèque Impériale. La première est l'imitation qu'Adam de Saint-Victor a faite du « Victimae paschali laudes » et la seconde est une paraphrase de « l'Ave, Maria. » Toutes deux existent dans les recueils cités plus haut ; mais elles sont attribuées à d'autres fêtes.
PREMIÈRE SÉQUENCE
Quiim tu sis plasma de te nascentis ?
— Angélus est testis, Ad me missus cœlestis :
Processit ex me spes mea ; Sed incredula manet Judaea.
— Credendum est magis soli Gabrieli forli
Quam Judœorum pravse cohorli.
Scimus Christum processisse De virgine verè, Tu nobis Nate Rex , miserere.
Adam de Saint-Victor a conservé dans cette Séquence , composée dans le goût ancien inauguré par Notker, la forme dramatique. Le peuple fidèle s'adresse à la sainte Vierge et lui demande
Viclima; pascliali laudes Intonent cbristiani :
Eva trislis abslulit,
Sed Maria protulit
Natum qui redemit peccatores.
Mors et vita modulo Convenere mirando ; Mari;e filius régnât vivus.
— Die uobis Maria, Virgo clemens et pia :
Quomodo facta es genitrix,
286 iiisTiMRr; (JKNKiiAi.H \m la mt siqi k relioikisk.
comment elle a pu devenir mère de Dieu. Marie répond en invoquant le témoignage de l'ange Gabriel, envoyé du ciel pour lui annoncer le mystère de l'Incarnation. Le peuple répond qu'il doit ajouter foi aux paroles de l'ange et proclame l'Incarnation de Jésus dans le sein de la Vierge en implorant l'assistance du Roi des rois. Il est inutile d'ajouter que la musique de cette Séquence est la même que celle de la pièce primitive.