Straboii, 1. xin, p
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toutes tournées du côté du sud '. La plupart des monuments ont disparu du sol de l'Asie Mineure, soit par l'eflet du temps, soit par la destruction de la main des hommes pendant les éternelles guerres que cette contrée eut à souffrir. Les tombeaux seuls ont résisté. A Jassos-, ou a retrouvé des tombeaux de différentes époques : ils se composent de salles formées de grosses pierres recouvertes de dalles brutes; La Lydie se distingue surtout par le caractère et le nombre de ses tombeaux. On en a découvert une quantité sur le revers du mont Sipylos, au nord du golfe de Smyrne. Ils sont circulaires avec des murs en rayon, ont peu d'élévation, et leur couverture est en forme conique. La construction en pierres irrégulières est très-solide. Parmi ces tombeaux, on en a remarqué un surtout, dit tombeau de Tantale. Au centre est une chambre rectangulaire de 3°' 55 de longueur. 2™ 17 de largeur sur 2" 85 de hauteur sous voûte. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que cette chambre est voûtée en ogive; l'ogive se retrouve à une porte de ville d'Assos. Le tombeau de Tantale a 33™ 60 de diamètre'. Non loin de Sardes, auprès du lac Gygaï, on a découvert d'autres tumuli ou tombeaux, également de dimension colossale. Il en existe un à l'orient qu'Hérodote à vu et décrit *. 11 dit qu'à l'exception des monuments de l'Egypte et de Babylone, cet ouvrage est bien supérieur à ceux que l'on admire ailleurs : c'est le tombeau d'Alyattes (il régnait de 620 à 563 avant l'ère vulgaire), père de Krœsos. « Le pourtour est composé de grandes pierres, et le reste, de terre amoncelée. Ce monument a six stades deux plèthres (1,171 mètres) de tour, et treize plèthres (400 ou, ]ilus justement, 390 mètres) de diamètre. »
La Phrygie est riche aussi en tombeaux creusés dans le roc avec une façade plus ou moiiis architecturale'. 11 y a dans leur style un mélange de grec et de perse qui offre en général une origine de la construction en bois perpétuée dans celle en pierre. Un des plus grands tombeaux de la Phrygie est situé dans une des vallées qui avoisinent l'ancienne Nakoleia : il est connu sous le nom de tombeau de Midas
1. Texicr, Dsscriplion de l'Asie Mineure, t. III, pi. 147 à H9. — Vovcz sur les ruines (le 15o!;haz-KeMi (l'ancienne Tavi.i ou l'terium) le même ouvrage, t. I, p. 20!) et suivantes, et pi. 72 et suivantes. — llamilton, Researches in Asia Minor, etc., t. 1, p. 382.
2. Texicr, t. III, p. 141, pi. 146. — 3. Texier. t. II, p. 249, pi. 130, 131.
4. Hérodote, 1. i, ch. xciu. — Voyez llamilton, Asia Minor, t. I, p. 14 1. — .\énol)lion, Cyropédie, 1. vil, ch. m.
5. ïcxier, Asie Mineure, t. I, p. 133, pi. 56 el suivantes. — .1. K. Steuart, Monuments in Lyilia and Phryrii'i.
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(du xiii'' sii'cle avant I'itc vulgaire). Mais il osl dillicilc (\c pi-ouvor qu(! ce toniboaii ost aussi ancion. Sa l'arade ost (.■(luxci'lc d'nrnemcnis qui ressemblent à ceux d'un lajMS et qui lui donnent l'aspect d'une grande draperie étendue sur sa face ; le sommet est couronné d'iui fronton autour duquel sont des inscriptions formées de caractères et dans une langue qui ressemblent au grec et qui nomment « le roi Midas. » Ce tombeau est le monument le plus important des anciens rois indigènes de Plirygie, ri'lèhres parleurs t''ésors, par l'élève des chevaux, leur adoration de la (Iraiide Mère el par la célébration des fêtes de Dionysos pratiquées au moyen du son retentissant des flûtes.
Les villes et les acropoles de la Lycie étaient entourées de murailles en matériaux polygonaux ou réguliers; mais les tombeaux en montrent les vestiges les plus remarquables. Ils sont creu.sés dans le roc ou consistent en monolithes taillés dans des roches isolées; il existe aussi des sarcophages au-dessus du sol, qui se rencontrent fréquemment auprès des murs de villes et au milieu de débris d'autres monuments. Les tombes creusées dans le roc sont ornées de façades de diflerents styles ; on les compte par milliers. Gracieux et élégants, ils offrent l'imitation du bois, dont l'usage dut être très-ancien pour la construction en Lycie, et s'est perpétué jusqu'à- nos jours dans les maisons des paysans de la Lycie. Ces façades sont plus ou moins élégantes, tantôt un peu brutes, tantôt d'un goût parfait qui se manifeste surtout dans l'ornementation. Les unes se terminent horizontalement, d'autres ont un fronton. Les tombeaux isolés ont la même disposition. Il paraît qu'ils étaient généralement destinés à renfermer trois corps. Dans la règle, l'intérieur est carré, avec des bosses en pierre à droite et à gauche , et au fond .se trouve une sorte de niche pour recevoir les corps. Les sarcophages isolés se trouvent en plus grand nombre. Sur un soubassement est posé un long cercueil de pierre, surmonté d'une couverture ou couvercle élevé dont la coupe forme une ogive, ce qui est à remarquer. Tombeaux et sarcophages se trouvent dans tous les lieux considérables de la Lycie, tels qu'à Telmessos', l'inara, .Myra-, Kyaneaï'', Antiphellos^ sur la côte, et Xanthos, Phellos, dans l'intérieur, à
1. Texier, DescrijUinu de TAsic Mineure, t. III, pi. 167 à 176.