Plan de l:i c:ilhédi"ale de Strasbourg
lileut sans interruption , de])uis ieui' base, du sol jusçju'à la naissance des voûtes. Cette nef n'a point de triforiiim, mais seulement une galerie composée de quatre arcades à ogive, couronnée par une clairevoie large et d'une trop petite élévation. Une petite galerie aveugle règne au pourtour intérieur des collatéraux, qui sont ornés de magnifiques fenêtres. Toute la richesse arcliitectuiale de la cathédrale de Strasbourg a été réservée pour sa façade occidentale. Les deux tiers inférieurs de cette façade, le rez-de-chaussée et le premier étage sont un des ouvrages les plus accoxnplis de l'archilccture à ogive. Là l'architecture n'a admis qu'un emploi subalterne de la sculpture, qui n'est visible que dans les trois grandes portes d'entrée, aux chapiteaux des colonnes et aux pyramides des clochetons. La grande rose centrale est d'un goût parfait dans son ordonnance générale et dans ses détails. Nous ne décrirons pas ce superbe portail, ce chef-d'œuvre d'Erwin de Steinbach ; nous renvoyons, pour son étude, aux ouvrages spéciaux '.
Les portails des transsepts du nord et du midi sont à plein cintre et (lu xii"" siècle. Celui du nord a une belle porte, dont le style prouve c|u'elle approche du si\|le de transition. Le portail occidental a kk mètres de longueur, du nord au sud. Le point de centre de la grande rose centrale est à environ 26" 80 au-dessus du sol. Depuis le .sol jusqu'au-dessus de la première balustrade, il y a 23"" /)9. De ce point jusqu'au-dessus de la seconde balustrade, il y a 18"'2/i. De là jusqu'au-dessus de la balustrade de la plate-forme de la tour, il y a 25"" 12. De la balustrade de la plate-forme au-dessus de celle qui couronne les escaliers angulaires, il y a 36"" 81. De là à la base de la pyramide, l^ô/i. De là jusqu'à la naissance de la lanterne, .26"' 69. De là au sommet de la croix, ll'"2(). Hauteurtotale de la tour, l/tS^Og, Elle contient six cent trente-cinq marches.
Notre-Dame de Strasbourg a 105™ 43 de longueur dans œuvre , de la paroi. orientale du mur du portail jusqu'à la terminaison circulaire du chœur. 11 y a Kj^O.'i de cenire en centre des piliers (pii sé|)arent la nef des collatéraux; la largeur totale de l'église, dans œuvre, est do27"'6,î. La cha|)elle Saint-. \n(lré, an sud du chd'Mi-, est la plus
1. l'as ÏÏiûnfict ju StiaSdurg. ïoii .Çtinvid) Sducibci-. Jî.iiUtubc iinï èuii'iitii. 1829. In-8, avec atlas in-folio île 12 planches. — Cathédrale de Strasbourg et ses détails, par A. Kricdciich et \. Sandmann. In-folio. Strasbourg, 1839. -r- J/oi/«i ùge pittoresque, pi. 55, Vue sud-ouest. — Moyen âge Afoiunttental et Arrhéolottique^ pt. 28. I*ortt' centrale et rose occidentale ; pi. 31, l'ortnil occidental vu sud-ouest.
CAïlIKDIi ALi: l)K STIiASIiOlRG. 923
curipiisp, elle csl du xii" sirclc. Ln clKipi'lle Saiiil-Ji'an-Bapliste, de l'aulre côté du cliœur-, est de la même époque. La chapelle Sainte- Cailieiine, placée au sud du collatéral du midi, a été commencée en 1331. La chapelle Saint-Laurent, située au nord du collatéral septentrional, a été commencée en l/t9Zi, et achevée en 1505. Le porche septentrional du transsept nord est de la même époque, et fut bâti par Jacques de Landshut, qui fut aussi l'architecte de la chapelle Saint- Laurent'.
1. La poi'te centrale du portait de l'occident mérite sui'tont l'attention de l'antiquaire. Là, comme à Keims, cinq rangées de figures ornent la voussure à ogive qui couronne la porte. La dernière liji'ne extérieure contient l'histoire de la création. L'histoire des patriarches e^t rapportée dans la seconde. La troisième rangée contient le crucifiement de saint André, la décapitation de saint Paul, et le supplice d'autres martyrs chrétiens. Dans la quatrième rangée , on voit les quatre éTangélistes et les huit premiers pères de l'Église. La cinquième enfin reproduit les principaux miracles de Jésus, dont les sujets se lient à ceux du tympan où nous voyons sa Passion et sou Ascension : 1" son entrée à Jérusalem , la cène, sa conduite devant Caïphe, sa flagellation ; 2" son exposition devant le peuple, ensuite il est représenté portant sa croix; au centre est figuré son crucifiement, ensuite la descente de croix, le sépulcre. Le troisième bas-relief supérieur représente Ife suicide de Judas , l'apparition de Jésus après sa résurrection, la scène de saint Thomas; le quatrième bas-relief reproduit l'Ascension, Le fronton triangulaire, qui surmonte la voussure à ogive de cette porte, contient la iigure de Satomon, celle de la vierge Marie, tenant dans son t)ras gauche l'enfaut Jésus. Dans l'angle supérieur du tympan , il y a une grande face de Dieu le père. La porte du collatéral du midi représente Jésus juge et assis sur un arc-en-ciel; plus bas est la résurrection des morts. Au milieu, les damnés de toutes conditions entrent dans la gueule du dragon infernal. ."Viennent ensuite quatre divers rangs formant 34 figures d'anges et de saints qui doivent participer dans le ciel à la gloire de Dieu. Aux deux côtés de cette poi'te est représentée la parabole du royaume des cieux, figurée par les dix vierges invitées à la noce; à droite, l'époux avec les cinq sages, à gauche, l'épouse avec les cinq folles, les premières ayant leurs lampes droites et pleines, et les secondes les tenant renversées. X la porte du collatéral de gauche ou du nord , on a représenté la purification de la Vierge, la présentation de Jésus au temple, l'adoration des trois Mages, le massacre des Innocents et la fuite en p'gypte. Au bas, sont sept statues représentant les sept péchés mortels, dont chacune tient une tête sous ses pieds. Aux deux côtés de ces statues , dans des rangs séparés , sont quatre autres figures qui désignent les quatre vertus cardinales.
La cathédrale de Strasbourg, sa magnifique tour surtout, a été célébrée par des hommes qui chérissaient l'art; .Eneas Sylvius, pape sous le nom de Fie II, parte déjà de la tour miraculeuse qui porte son chef dans les nues*. J. Wimpfeling , auteur du xv" siècle, lui a prodigué des éloges en prose latine". Xicodéme Frischliu, qui vivait au xv!*" siècle, lui a consacré des vers latins"'.
Nous ne nous éloignerons pas de la cathédrale de Strasbourg , sans nous occuper d'Erwiu de Steinbach, l'architecte qui a conçu et élevé une partie de son portail
* De V'tUf situ, monhxis et cnnflilione Teutoniœ, descriptio, c. ix.
*• Epitome Heriim Germanicfn itm ^ dans Schardii , Script, fter. Gerni., t. I , p. 397, et conclusio, p. 400.
'•* Carmen de A.ttronomieo horûlogin Ari^entorfitenni. StiasbouiK, 1Û75. Tn-4.
On descend par deux escaliers de vingt-cinq marches, pratiquées dans les transsepis, à la crypte souterraine placée sous le chœur et l'intersection. Dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste, au nord du chœur, il existe un tombeau de la fin du xiii« siècle. C'est celui de Conrad II de Lichtenbers, mort en 1290. La chaire de la cathédrale, située dans la nef, ouvrage de Jean llanimorcr, fut exécuuk; en 1/486'.
Si la nef et le portail de la cathédrale de Saint-Pierre de Beauvaisétaient exécutés, celte église serait certainement la plus grande de la chrétienté. Mais il n'existe que.son chœur et ses transsepts. La terminaison du chœur est à sept pans, autour de laquelle rayonnent sept
occidental et de la loge qu'il y établit. Cet ai'tiste était né à Steinbach , petite ville dans le margraviat de Bade. On ne connaît pas l'année de sa naissance. Il mourut le 17 janvier 1318. Il est probable qu'il commença sa carrière comme simple tailleur de pierre. Erwin fut le premier au xiii« siècle qui constitua une loge à Strasbourg , à l'instar de celles établies en Angleterre. L'empereur Rodolphe lui accorda des franchises en 1375. La fraternité des maçons-libres reconnaissait pour patrons les quatre tailleurs de pierre couronnés : il en est fait mention dans les constitutions de l'année 1459. La légende de ces saints, dont la fête se célèbre le 8 de novembre, se trouve dans Jacques de Voragine et Kiliadeneira. On les nomme ordinairement les quatre couronnés , parce qu'on ne connaissait pas leurs noms primitivement, qui ne furent découverts que plus tard. Ils se nommaient Sévère , Sévérien, Carpophore et Victoriu. L'enqjcreiir Dioclétien , ayant appris qu'ils' étaient chrétiens , voulut les forcer à sacrifier aux dieux païens. Comme ils s'y refusèrent, il les fit mettre à mort. Selon une autre légende , ils furent jetés dans le Tibre ; on vit apparaître au-dessus d'eux, dans les n\uigcs, quatre couronnes. Deux années plus tard, continue la légende, il existait cinq autres sculpteurs, Claude, Castor, Xicostrate, Simplice et Sjmphorien. l.'emperenr les fit également jeter à l'eau. Ces martyrs furent canonisés par le pape. Il existait à Kome une église de Quatro Santi CoronnW. 11 se trouve une représentation des quatre couronnés il la cathédrale *dc Pavie , sur la face principale du monument de Saint-Augnstin. Ils sont taillés dans la pierre et chaque figure a son nom : Claude, Kicostrate, Symphorien, Simplice. Us tiennent un marteau, un compas, un ciseau et autres outils. Le troisième tient une légende sur laquelle on lit : Marluor. Coronalarum" . .Maître Erwin avait une fille nommée Sabine; elle exerçait l'art de la sculpture, et plusieurs auteurs pensent que la porte du sud du portail occidental est due à son talent. Iji 1782 on voyait encore l'épitaphe d'Ernin, de sa femme et de son fils Jean, qu'on a retrouvée aujourd'hui "*.
1. Moyen âge pitlovesqiie, pi. 28. — Moyen âge Monumeitlat et Arrhe'oloyiqiie^ pi. 322.
2. Description de la cathédrale de Beauvais^ accompagnée du plan, des vues et des détails remaryuables du vionnment , et précédée d'un résumé des principaux événements (jui s'y rattachenl, par Emmanuel Woillcz. Paris et Beauvais, 1838. Petit in-fol. 22 pages de texte et 13 planches lithographiées. — b'rench Cathedrals, by H. Winkles and U. Garland. — Arcliilerlural Notes on German CUurchei , 1835. 2= édit., p. 148. — .1. Woods, I.etters of un Architerl, etc., vol. I, p. 14 à 17.
' Itoma anticu r niodcrnnf etc. ItomA, 1G77. P. 398. " l.'arca di Santi-Ayoslino, etc., piu- C. Fenarl et D. Satclii. lîonie, 1R12. •'• Celle d'Krwin est ainsi conçue: Anno. Do. J!CCC\\'lll. W'I l:;il. Fct.ninvii, otiiit ni:it;istcr Ki-wiuus, giibcrnator f;ibrica> ccclcsire Argentiucnsis.
CATIIKDi; \LK Itl': ISKMIVAIS.
cliapclles. Du l'oiid df lii chapelh' de la Vierge jusqu'au mur occidental des iraiisscpls il y a 72'" 50. La largeur totale du chœur, des bas côtés et des chapelles est de 58™ 15. J^a largeur du chœur de centre en centre des piliers est de 15"' 35. La longueur des transsepts du nord au sud, dans œuvre, est de 57'" 80. La largeur de la nef ciMitralc des transsepts est de 15"' 73 de centre en centre des piliers.
La partie polygonale date du milieu du \ni'= siècle. Le chœur jusqu'aux piliers orientaux des transsepts est du commencement du Mv''. Le transsept septentrional avec son portail est du règne de Louis XII ; celui du sud , du règne de François l". Les portes du midi sont peut-être dues au talent du Primatice. Sur des colonnes massives flanquées de quatre fines' colonnettes engagées, dont les premières spnt couronnées à une hauteur de 1 5"' 17 d'un joli chapiteau , s'élèvent lès arcades à ogive du chœur. A 22" 67 du sol règne une galerie à' jour faisant le tour du chœur. Haute de 6 mètres, elle est
divisée en deux compartiments, conroimés d'une ogive dans laquelle on voit une rose à cinq lobes ' qui surmonte les deux arcades géminées des compartiments. Au-dessus est la claire-voie, composée d'une immense fenêtre divisée en deux par un meneau dont chaque partie est couronnée d'une ogive à crochets inlérieurs, au-dessus desquels il y a deux roses à quatre feuilles, et le tout est surmonté d'une autre graride ogive contenant une rose à six lobes. La hauteur de Suint- Pierre, sous clef de voûte, au centre des transsepts, est de /(S^IH.
Au premier abord, le chœur de Beauvais semble avoir une grande ressemblance avec celui d'Amiens. Ce sont les mêmes dimensions colossales, la môme ordonnance horizontale, arcades et piliers gigantesques en bas, galerie supérieure en dessus, et claire-voie supérieure. Mais, après un examen plus détaille, on s'aperçoit que les longues lignes perpendiculaires n'étajent point dans, le projet, qu'elles sont l'effet d'une reprise forcée de l'anivre, reprise sans laquelle ces hautes
1. Dans la galerie du sanctuaire il y a cinq lobes. Daus celle du chœur ou partie droite il n'y a (jne quatre lobes.
Plan (le l-i t;ini .thak Saint-Pierre (le Be.iuvaîs,
LIVIIE SECOND.
et délicates masses ne se seraient point tenues debout. Ainsi les piliers intermédiaires du clicpur donnr nt naissance à des arcades à ogive trop étroites et trop aiguës. Les piliers sont hors de proportion