‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 215 sur 309 · II · texte numérisé non relu

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iniO LIVRE SECOND.

avec profusion. Par analogie avec d'autres monuments à date certaine, il faut placer la construction de cette église de 1220 à 1230. La nef est la partie la plus ancienne de l'édifice. La chapelle Saint- Matthieu à Kobern, sur la Moselle, est un autre monument de la transition ; son plan forme un hexagone 4e 1 0"" 80 de diamètre dans œuvre; sur la face orientale, les trois quarts d'un cercle (de /i" 30 de diamètre dans œuvre) forment un chœur. Au centre de l'hexagone sont placés six faisceaux de colonnes , chacun desquels est composé d'une plus forte colonne centrale flanquée de quatre plus petites. Ce petit hexagone intérieur, de 3" 53 de diamètre, s'élève à une hauteur de l/t" 60, coupole comprise qui est à six pans. Cinq des bas côtés ont une voûte formée d'un quart de cylindre; le sixième, entre le centre et le chœur, a une petite voûte en berceau. Le chœur a une coupole à sept pans. Les arcades formant le noyau de la chapelle sont à tiers point, les colonnes de cette partie sont annelées, mais sans griffes. Les diverses combinaisons du cercle employées et l'élégante ornementation font de ce petit édifice un sujet curieux pour l'étude de l'antiquaire. On pense que cette chapelle fut élevée peu après ;1218.

L'église Saint-Georges, de Limbourg, sur la Lahn, est un autre édifice où s'est fait sentir l'influence de l'architecture française; l'arc à tiers point y domine. Commencé en 1213, Saint-Georges fut achevé en 12/i2 ; ce monument a , ainsi que nous l'avons dit, la plus grande analogie avec Notre-Uame de iNoyon, qui lui est antérieure. Saint- Georges a 50"' 20 de longueur dans œuvre, 19" 12 de largeur, la nef a 7"" 92 de largeur. La hauteur de la voûte de la nef sous clef est de 21 mètres. Cette église a sept tours, deux à l'ouest, deux à chaque extrémité du transscpt et une octogone sur l'intersection. Comme à Notre-Dame de Noyon, il y a dans cette église une vaste galerie audessus des collatéraux, et au-dessus de cette galerie, une autre plus petite, ce qui donne une grande légèreté et beaucoup d'élégance au monument. Quant au plan , il est encore tout à fait celui de la basilique romane voûtée, avec des murs extérieurs très-épais, il y a un collatéral autour du chœur qui est circulaire ; mais il n'y a point de chapelles rayonnantes.

On trouve la première trace de la connaissance du style à ogive . français , dans les provinces rhénanes , à la partie à dix faces de l'église Saint-Géréon de Cologne, commencée vers 1212 et terminée vers 1227. Son plan est bizarre : cette partie à dix faces touche à un chœur allongé terminé en hémicycle llanqué do deux tours; elle est

SAINïi;-ÉLISAliETlI DE MAIÎBUUKG. 1011

plus longue que large, car elle a 21 mùlrcs de longueur sur l?"" 'JO de largeur. Sur chaque côté de ce décagone obloiig, il y a quatre chapelles circulaires au rez-de-chaussée ; au-dessus est une galerie assez vaste qui donne sur l'intérieur de l'église ; vient ensuite le mur qui contient la claire-voie.

Mais il arriva une époque où les essais et les tâtonnements cessèrent et où le style français fut employé dans son esprit comme dans tous ses détails. En 1227, au moment où l'on terminait Saint-Géréon, on commença Notre-Dame de Trêves, qui est un édifice entièrement gothique, comme on dit vulgairement. Le plan en est très -extraordinaire : il forme une croix grecque dont la tige, du nord au sud, a 37" 86 de longueur, tandis que celle de l'ouest à l'est a 48" 60. Dans les quatre angles extérieurs formés par la croix, on a pratiqué deux chapelles à quatre pans dont les axes sont placés à /i5 degrés par rapport à celui de la nef. C'était une copie parfaite du chœur de l'église Saint- Yved de Braisne, bâtie de 1180 à 1216. L'église Notre-Dame de Trêves a été terminée en 1243. L'église Sainte-Elisabeth de Marbourg a été commencée en 1235 et achevée en 1283 ; elle est à trois nefs, à transsept terminé des deux côtés nord et sud par une forme polygonale, à cinq pans composés du décagone; le chœur a la même terminaison. La longueur totale de l'église, contre-forts compris, est de 70"° 60; sa largeur, contre-forts inclus, est de 26 mètres. Toutes les voûtes sont d'égale hauteur, de 20" 70 sous clef; la largeur de la grande nef est de 10" 82 d'axe en axe des colonnes, qui sont cantonnées ^e quatre colonnettes. Tout est très-simple et encore primitif dans ce monument, première église à ogive où toutes les voûtes sont d'égale élévation. Marbourg devint le centre d'une école qui étendit son action sur les contrées voisines. L'église Sainte-Marie de Marbourg, les églises de Frankenberg, d'Alsfeld, de Friedberg et de Grijnberg, comme celle de Wetter, ont un grand air de famille avec Sainte-Elisabeth. L'église collégiale de Wetzlar, dont le bas de la tour et la façade occidentale sont encore élevés dans le style roman primitif, a un chœur gothique. La petite église de Geissnidda, quoique à tiers-point, a encore une disposition fort primitive, qui consiste en ce qu'il y a au-dessus des arcades du rez-de-chaussée un haut espace de muraille nu, percé au sommet d'une seule petite fenêtre. En général, le caractère de cette église est roman quoique à ogive.

La Westphalie a également subi l'influence de l'école de Marbourg. Le plus ancien exemple est la chapelle Saint-Nicolas à Ober-Marsberg,

dans la partie la plus méridionale de cette province. Le chœur terminé carrément offre des piliers avec retraite d'équerre aux angles , cantonnés de colonneltes avec bases à griffes ; à l'extérieur, des pilastres sans bases et sans tailloirs supportent de petites arcades à tierspoint. L'église Saint-Jacques de Lippstadt est du même genre.

Le transsept nord du dôme de Paderborn est à cinq pans pris du dodécagone : il appartient à la première moitié du xnr siècle ; comme ce dôme , l'église paroissiale de Hamm est une inspiration de Sainte- Élisabeth de Marbourg. En Saxe, l'église abbatiale de Nienbourg sur la Saale, est un édifice du milieu du xui'' siècle. Le chœur est terminé à cinq pans formés du décagone, les fenêtres ont la forme de la lancette avec des détails romans, la nef et les collatéraux ont des voûtes d'égale élévation et des colonnes cantonnées de colonnettes.

En fait de nionuments du style gothique primitif, dans le bassin du Rhin, il faut citer la salle capitulaire de la cathédrale de Mayence, terminée en 12^3. Le chœur de l'église de Remagen, achevé en 12^6, a des fenêtres couronnées de l'arc à tiers point, mais, du reste, ses formes sont encore romanes. L'église de Saint-Cunibert de Cologne, commencée vers 1237 et consacrée en 12^8 (écroulée le 29 avril 1830), avait un chœur circulaire : elle offrait tous les détails caractéristiques du dernier style roman, et ce n'est que dans le transsept occidental que l'arc à tiers-point apparaissait comme forme prédominante. Vers l'année 1236 fut probablement commencée la nef actuelle de la cathédrale de Fribourg en Breisgau. Cette nef a environ k- mètres de longueur sur 11™ 92 de largeur d'axe en axe des piliers et 32°' 70 d'élévation. Les piliers sont carrés, formés de quatre colonnes principales et de douze intermédiaires; la diagonale de ces piliers est parallèle à l'axe de la nef. 11 n'y a point de galeries ni de triforium ; au-dessus des arcades existe une partie de mur lisse, couronnée d'un cordon; vient ensuite une balustrade en retraite et les fenêtres de la claire-voie. En même temps que la nef, on commença la merveilleuse tour qui s'élève sur la façade occidentale, et dont la base carrée a 1G'"30 de face. Jusqu'à une élévation de 37 mètres, elle est carrée, fort simple et dans le caractère de la nef; à cette hauteur, sa forme change pour devenir octogone. La flèche pyramidale à jour, également octogone, a /i7'»/i0 d'élévation et 37"» 65 de pourtour à sa base. L'élévation totale de la tour, le fleuron compris, est de lliT^IS d'après Moller'. Aucun document historique ne donne l'époque du commen-

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