‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 217 sur 309 · CATHEDRALE DE COLOGNE · texte numérisé non relu

CATHEDRALE DE COLOGNE

le nouveau chœur actuel fut consacré. Or, il y a dans ce chœur deux époques distinctes; jusqu'à 30 mètres environ d'élévation on remarque une simplicité qui contraste avec la partie qui s'élève au-dessus : la première seule peut être du xni'^ siècle. La seconde appartient à la fin de ce siècle et aux vingt-deux premières années du xiv"", c'est-à-dire le chœur proprement dit , avec les arcs-boutants et les contre-forts , car ceux-ci sont tout différents de l'architecture des chapelles. 11 y a aussi une différence très-visible entre le caractère des contre-forts du sud avec ceux du nord, qui sont bien plus simples. Quant aux arcs-boutants, leurs têtes viennent s'appuyer contre des piles portées par des colonnes, comme à Saint-Remi de Reims et à la cathédrale de Soissons dont la première remonte à la dernière moitié du xn" et la seconde aux premières années du xni« siècle. La colonne en question se retrouve encore à l'église de Saint-Denis, près Paris, au chœur ainsi qu'à la nef qui sont de 1240, au chœur et à la nef de la cathédrale d'Amiens, le premier de l'année' 1260 environ et la seconde de 1223 à 12/tO.

Gérard de Riel fut l'architecte qui conçut le plan du chœur du dôme de Cologne; on pense qu'il en dirigea la construction jusqu'en 1295-. Arnold lui succéda jusqu'en 1301; Jean, fils d'Arnold, continua les travaux jusqu'en 1330. Ensuite on cite encore Riitger de 1330 à 1332, plus tard, vers 1368, Michel; avant l/il2, André d'Everdinge; en 1433, Claiws de Buere; Conrad Kœne (Kuyn), de 1452 à 1464.

L'architecture des nefs occidentales ainsi que des tours appartient au style du xiv^ siècle, et a sans doute eu pour auteur Jean, qui fut depuis 1319 maître en chef des œuvres de la cathédrale.

Si nous comparons l'extérieur du chœur de Cologne à celui de Beauvais , nous trouverons une bien plus grande élégance , une proportion plus harmonieuse dans ce dernier. Ses chapelles rayonnantes ne s'élèvent qu'à 12"" 50 (c'est le dessus de la corniche). Là il y a retraite au fond de laqu'elle on aperçoit une autre partie de façade, celle qu'occupent les fenêtres qui éclairent le collatéral du chœur. Vient ensuite l'abside dont la balustrade supérieure est à 48" 40 au-dessus du niveau du sol du monument. Au chœur de Cologne les chapelles s'élèvent à plus de 21 mètres; elles ont la même élévation que le collatéral, l'effet solide du système pyramidal y manque, et l'abside n'est pas sans offrir quelque maigreur, le dessus des deux balustrades supérieures ayant la même élévation, ce qui allonge la hauteur de

l'abside qui est polygonale à Cologne, tandis qu'elle est circulaire à Beauvais. La légèreté des contre-forts extrêmes est grande à Beauvais. A Cologne, ces contre-forts sont massifs et lourds. A Beauvais, ils pyramident; leurs étages sont accusés sans confusion, ce qui est le contraire à Cologne. A Beauvais, il y a deux contre-forts, le premier rectangulaire, le second à six pans. A Cologne, il n'y en a qu'un cruciforme, ce qui le rend plus étendu en perspective. Les fenêtres des chapelles du chœur de Beauvais sont proportionnées: elles ont 2"" 30 de largeur sur 10 d'élévation ; celles de Cologne ont 2" 80 de largeur sur 15" /lO d'élévation. A Beauvais, ces fenêtres sont riches, elles contiennent un cercle avec huit lobes ; à Cologne elles n'ont point de cercle, et le tiers-point offre trois petits trèfles copiés à la Sainte-Chapelle de Paris.

Si nous pénétrons maintenant dans l'intérieur, nous trouverons dans les six piles du cercle de l'abside une maigreur qui leur ôte de la solidité. Ces piles sont formées de deux cylindres, l'un plus petit que l'autre et qui se coupent; ils constituent le corps des piles. Ils sont ensuite cantonnés de trois fortes colonnettes, d'une moyenne et de six petites. A Beauvais, ces piles se composent d'un gros cylindre cantonné sur sa face principale (donnant dans le chœur) d'une forte colonnelte et seulement de trois autres petites dans le collatéral et non visibles dans le chœur. A Beauvais, l'effet de ces piles est puissant, ce sont vraiment des supports qui offrent à l'esprit toute la solidité nécessaire pour porter ce qui s'élève au-dessus; cet effet est estropié à Cologne, oi^i ces petits cylindres agglomérés font naître une certaine crainte qui détruit la saine impression d'une œuvre architecturale accomplie. Ajoutons encore que ces piliers ont deux mètres de moins de hauteur à Cologne qu'à Beauvais. Les meneaux curvilignes, les fenêtres de la claire-voie du chœur de Beauvais sont ensuite infiniment plus élégants que ceux de Cologne. Les piliers de la partie droite du chœur à Beauvais sont robustes, tandis que ceux de la cathédrale de Cologne sont maigres et fluets, comme ceux de la portion circulaire.

Au nombre des monuments élevés en même temps que la cathédrale de Cologne et sous son influence, il faut nommer l'église abbatiale d'Altenberg', de l'ordre de Cîteaux, commencée en 1255. Dans l'ensemble et dans les détails, on retrouve une grande ressemblance

1 . I.e [ilaii de l'cglise d'Altenberg ressemble i celui de réalise de Pontlgny, aussi dn l'ordre de Citeaux. l'ontij^nj est d'un sièile aiitiTieur <^ Alteuberg,

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