MONUMENTS ANGLO-SAXONS
fort bien être une réminiscence de la charpenterie. Les impostes sont ou bien simples, c'est-à-dire composés d'une large bande avec un chanfrein au bas ou un listel comme à Brixworth, ou à moulures circulaires, comme à Corhampton (Hants), à Saint-Benoît de Cambridge et à Barnack. Quant à l'ornementation des églises saxonnes, qui est assez rare, elle n'olïre que des figures iunnaines ou d'animaux assez grossières et des enroulements de lianes et de plantes, peu habilement combinés. Cette ornementation a de la ressemblance avec celle qu'on trouve dans les églises de la Norvège, et, ce qui est curieux, avec les ornements des téocalli mexicains.
11 est à remarquer que le mot timbrian est employé par les anglosaxons pour indiquer «bâtir ». Timber est encore aujourd'hui le mot anglais pum- toute espèce de bois, mais plus particulièrement pour le bois de charpente :-on dit en anglais limber icork, en parlant de constructions, et enlin en allemand l'art du charpentier est exprimé par le mot Zimmermannskunst ou Zimnierkunst. L'analogie avec le mot anglo-saxon timbrian est claire.
Les églises anglo-saxonnes avaient conservé le plan de la basilique romaine : mais elles étaient petites et obscures, et n'ayant qu'une tour au portail occidental. L'ancienne église conventuelle d'Ély, fondée en 673, avait une abside circulaire' ; l'intérieur était orné de colonnes massives ou de piliers carrés surmontés en général d'arcs à plein cintre. Nous y voyons clairement l'ancienne tradition latine, et Bède lui-même en appelle le style architecture romaine-.
Il semblerait que vers le vu' siècle il n'y eût plus d'architectes bâtissant selon le sUjlc romain. En l'année 675, l'évêque Benoît, de Wermoulh, fut obligé d'aller en France pour y chercher des constructeurs capables de bâtir selon la manière romaine ^ On allait dans les pays étrangers, à Rome et dans le reste de l'Italie, en France, chercher des maçons et des artisans habiles dans l'art de construire '. Le ix" siècle fut une époque de désolation pour l'Angleterre; car elle fut enveloppée dans des guerres continuelles avec les Danois, qui y abordèrent fréquenniient pour y établir leur domination. On croit que la crypte de l'église de Saint-Pierre d'Oxford est celle que Grymbald y lit établir en 886. Il existe des restes saxons dans l'église de Saint-
1. Vo\ez tlist. rie la œlh. ri Élij, par J. Eeutliani, 1771, \' scct., p. 29.
2. Bède, Hist. ecviés.j 1. V, c. sxi ; et Hist. ahb. Wiremnth^ p. 295.
3. Bède, Hist. abb. Wiremulh, p. 29.5. — Id., Hùl. ecclés. 1. IV, c. il.