‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 236 sur 309 · I.A THANSITION · texte numérisé non relu

I.A THANSITION

tinghamshiro). La nef, formée de colonnes ramassées, a 9"" 75 de largeur d'axe en axe des colonnes; elle a un toit plat en bois; les bas côtés ont des voûtes d'arête. Son beau porche septentrional est très-élésrant.

467. — Porche du nord de l'église collégiale de Soutliwell, dans le Nottingliamshire.

La transition ou le mélange du plein cintre et de l'arc à tiers-point a eu lieu en Angleterre comme en France, mais là, un peu plus tard. Elle ne se manifeste qu'après que Suger eut restauré l'abbaye de Saint-Denis. En Angleterre la transition commence vers le milieu du règne de Henri II (115/i à 1189). Les lignes verticales s'élancent, les proportions sont plus légères et plus élégantes, les colonnes et les piliers sont plus sveltes et prennent une forme moins massive; les chapiteaux sont circulaires, la forme cubique de la période précédente est abandonnée; ils sont composés de feuillages en touffes, l'abaque est plus riche et reçoit un plus grand nombre de moulures horizontales, les fûts sont ornés d'annelures, les bases des colonnes ont des griffes aux angles; les fenêtres sont encore étroites, couronnées d'une

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Ogive à lancette ((ui |ihis linnlc que large, c'est-à-dire nigu'é); elles sont ensuite subdivisées par des meneaux et orncies de trilobés, de qiiatre-feuiiles, etc., les voûtes sont à ogive. Dans le style de la transition, beaucoup d'arcades sont à tiers-point: mais, en général, le style antérieur se fait encore sentir. Çnelquefois, comme en France et en Allemagne, l'ogive est dessous et le plein cintre la surmonte. Les colonnes sont fréquemment octogonales. Dans l'église abbatiale de Malmesbury (Wilts), les arcades de la nef sont aiguës, et celles de la galerie an-dessus des collatéraux sont plein-cintre. A l'église abbatiale deBuildwas (Salop), les arcades sont à tiers point, et les fenêtres de la claire-voie sont semi-circulaires. On rencontre aussi souvent des rangées d'arcs formés par l'intersection de cercles, comme à la façade ouest de l'église de l'abbaye de Croyiand (Lincolnshire), aux églises de Castle-Acre, de Saint-Jacques de Bristol, dans la salle câpitulaire de la cathédrale de la même ville, à l'église Saint-Sauveur (Christ- Cburch) d'Oxford. L'église de Sainte-Croix, près Winchester, commencée en 1126, offre dans son triforium des intersections d'arcs à plein cintre, sur lesquelles M. Milner avait basé son fameux système de l'origine de l'ogive. Mais les bases des colonnes de la nef ont des griffes, ce qui est mie preuve que ce monument appartient à la fin du xii^ siècle. Au style de transition appartiennent encore les églises de Malmesbury (Wiltsbire), de Walsoken (.Norfolk)', de Bloxam (Oxfordshire), de Little Snoring (Norfolk), de Kelton (Rutland), le transsept nord de Saint-Pierre (Northampton) avec des griffes et des annelures. L'intérieur de l'église de Rothwell ( .Northamptonshire) offre des colonnes cantonnées de quatre colonnettes , alternant avec des piliers carrés ornés sur leurs faces également de colonnettes ; dans le milieu de la hauteur, ces piles ont une annelure ; les arcs qui les relient sont à. tiers-point et ornés de retraites d'équerre. Dans la porte d'entrée de l'ouest de cette église les colonnes sont annelées, et plusieurs ornements normands ornent encore son archivolte ogivale. L'église des Templiers à Londres, consacrée en 1165, est un des curieux édifices de la transition anglaise'. Il en est de même de l'église abbatiale de Croyiand, aujourd'hui en ruine. Un bel exemple de ce style est encore la partie orientale de la cathédrale de Canterbury, comprenant la chapelle de la Trinité et l'addition circulaire appelée couronne de Becket et la crypte qui en dépend. Leur con-

1. Voy. Arcliilectural Illustrations aiid accoimt ofihc Tftnple Church, by R. AV. Billings, l.onJon, 1838. 1 vol. in-4, avec 31 planches.

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stniction eut lieu après l'incendie de 11 T^i. L'arciiitecte de cette partie de la cathédrale fut un Français, Guillaume de Sens'. Le porche ouest, appelée Galilée en anglais, de la cathédrale de Durhani, est aussi un monument de la fin du xii'= siècle.

Le système romain de la voûte d'arête fut longtemps suivi en Angleterre. 11 arriva un moment où l'innovation, tentée et exécutée par Suger à Saint-Denis, s'introduisit aussi au delà de la Manche. Alors on ne s'astreignit plus à la voûte carrée dans son plan , les nervures diagonales aaa, figur-e hd^, ne formèrent plus une ellipse, mais un arc à tierspuint, et afin que les formerets bbhbbb eussent la même élévation avec l'intersection des diagonales, on les construisit également en arc aigu.

On ne s'en tint pas là : on orna les quatre triangles que formaient les côtés avec les diagonales de nervures intermédiaires, nommées tierceroiis. Ce système commença dans la dernière moitié du xn* siècle. Les tiercerons étaient réunis par des nervures horizontales et formant croix. Cette sorte de voûte se vit à l'église abbatiale de Westminster, et 1)1 us tard aux cathédrales de Exeter, de Lincoln et de Lichlleld ; en France, ce système ne fut en usage que pendant la décadence du gothique, au xv" siècle.

470-471. — Vofltcs îles caUiédrales de Lincoln, 472-473. — Voûte de la cathédrale Liclifleld et Exetev. de Winchester.

1. The Archilectural Hislortj of Canlerbiiry Calhedral. t>y tlie Rov. U. \Villis. I.ondon, 1845. 1 vol in-8, .ivcc ]ilniu'lu>s.

Il y eut en Angleterre encore un antre système de voûtes en usage, (■.ehii dans le(|iiel les arcs priiiciiiaux sont d'inégale iiauteur, et dont les surfaces inférieures ou intrados étaient ornées d'une nndtiplicité de nervures droites d'iui ])lan formant, pour ainsi dire, un filet. Telle est la voûte de la nef de la calliédrale de Wincliesler, de la fin du XIV* siècle, et dont Guillaume de Wykcham est l'auteur.

Au xv° siècle, plusieurs voûtes de monuments sont construites encore d'une autre manière, simple, mais qui, à première vue, paraît trèscompliquée. On sentit que pour voûter un grand et large espace, il fallait se rapprocher du dôme, et c'est effectivement ce qui eut lieu à à la chapelle de King's Collège, à Cambridge ; on construisit les nervures d'un même rayon pour former deux arêtes comme dans la voûte d'arête, mais avec cette différence qu'ici, comme toutes les nervures ont un môme rayon et des longueurs diverses, elles doivent nécessairement s'élever à différentes hauteurs, avant de se joindre. Il en résulte que les nervures ne sont pas, à leur sommet, sur un même niveau, comme il est indiqué dans la figure Zi7/i, mais s'abaissent graduellement en quittant le point central, qui est le plus élevé de l'ensemble de la voûte. Dans l'exemple de Cambridge , ce système n'est pas entièrement suivi, car aucun tierceron ne dépasse celui élevé sur le long côté du comparliment ou plan, c'est-à-dire bd,hd, en sorte qu'il existe un losange curviligne avec une clef dans son centre. Il est aisé de comprendre que si tous les tiercerons étaient continués jusqu'à se joindre, la jonction au point a serait plus élevée que celles en dd; de manière que les quatre diagonales principales s'élevaient non -seulement de c et c à «, mais également de d et d à a. Nous donnons ici le squelette de cette voûte, et plus loin son aspect réel.

11 y a une catégorie de monuments, simples dépendances des cathédrales à la vérité, qui ne se trouvent, avec le luxe qu'on y a déployé, qu'en Angleterre : il s'agit des salles capitulaires. Celle qui est située auprès de la cathédrale de Gloucester est rectangulaire, et date, dans ses parties lès plus anciennes, de la première moitié du xii'^ siècle.

La salle du chapitre de In calluMliMle de P.i'isiol est aussi rectangu-

Voûte de la chapelle de King's Collège, à Cambridge.

laire, elle date du milieu du xn"^ siècle. Celle de Chester est de la fin du XM' ou du commencement du xhii" siècle. Elle est également rectangulaire. Celle de la catlK'dralc deCanterbury date, pense-t-on, de 1250 ou environ. La salle du chapitre d'Exeter, quoique rectangulaire, c'està-dire dans la forme normande, a cependant, de chaque côté du nord et du midi, des fenêtres à meneaux; elle est située auprès du transsept sud et date aussi du milieu du xiii" siècle. Celle de Worcester, représente la première déviation de l'ancienne forme rectangulaire ; elle est circulaire à l'intérieur, de 18" 50 de diamètre et à dix pans à l'extérieur : elle a une seule colonne au centre et date de la fin du xu" siècle. La salle capitulaire de Lincoln, du commencement du XIII'' siècle, est à dix pans et a 18 mètres de diamètre; elle a des arcsboutants qui s'étendent des angles du décagone aux contre-forts, qui sont placés à plus de 9 mètres de distance du mur. Au centre est un pilier circulaire formé de dix demi-colonnes. De ce point se dirigent vingt nervures vers le mur d'enceinte. La salle de Lichtield, du premier quart du xur' siècle, forme un carré terminé à l'est et à l'ouest à trois pans; elle a 13"' 70 de longueur sur 8"' 55 de largeur; elle a également un pilier au centre, d'où naissent vingt nervures qui, avec d'autres, forment une étoile allongée. La salle du chapitre de Salisbury, antérieure à l'année 1262, est octogone et de 16°" 15 de diamètre d'une face à l'autre; elle a un pilier circulaire au centre, autour duquel s'élèvent huit colonnettes, d'où naissent seize nervures qui forment dans la voûte une fort élégante étoile à huit branches. La salle capitulaire de la cathédrale de York, érigée vers 1280, est octogone, de 17™ /jO de diamètre et sans pilier ni colonne au centre. La voûte forme une niagnificiue étoile, est hardie et élégante; huit gros contre-forts en soutiennent la poussée. Mais la plus riche de toutes les salles capitulaires d'Angleterre est celle de Wells, bâtie vers 1300. Elle est octogone, de 16™ 75 de diamètre d'une face à l'autre, avec une colonne centrale, cantonnée de seize colonnettes engagées, d'où partent seize nervures qui, avec une foule d'autres, foiinoni une étoile encore plus riche (juo celle de la voûte de la salle de Salisbury.

11 y a encore d'autres salles capitulaires en Angleterre; quelquesunes .sont en ruine. La salle de Durham, qui datait île 1133, a été démolie. Celles de LlandalT, de Buildwas-Abbey, du prieuré de Wenlock, de Hereford, etc.. sont des ruines.

STYLE OGIVAL. Iû(i0

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